Monsieur de Pourceaugnac
Opéra bouffe en trois actes, livret d’Albert PAJOL, d’après Monsieur de Pourceaugnac, comédie-ballet (06 octobre 1669) de MOLIÈRE, musique de Paul BASTIDE.
Création au Théâtre municipal de Strasbourg le 05 février 1921.
Personnages : Monsieur de Pourceaugnac, gentilhomme limousin ; Oronte, père de Julie ; Julie, sa fille ; Eraste, amant de Julie ; Nérine, femme d'intrigue, feinte Picarde ; Sbrigani, Napolitain, homme d'intrigue ; deux Suisses ; un exempt.
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Analyse
Bastide a réussi à conserver à l'œuvre le caractère bouffon et les allures de la farce plantureuse que Molière imprima à « Monsieur de Pourceaugnac ». Sa musique suit, avec un rare bonheur d'expression, les inventions drolatiques, les fantaisies échevelées, les hardiesses comiques de la pièce. Des détails exquis d'orchestration en soulignent l'esprit. La gaîté déborde dans cette partition, écrite avec des soins délicats. Signalons aussi l'adresse que Bastide apporte dans l'amalgame savant et ingénieux de ses propres inspirations et des postiches de la musique ancienne (Lulli en particulier).
Résumé L'action se passe à Paris, en 1669.
ACTE PREMIER : Julie aime Eraste. Eraste aime Julie. Mais Oronte, père de celle-ci, reprend à l'amoureux la parole qu'il avait donnée et, simplement pour une question d'écus, décide de donner la main de sa fille à un gentilhomme limousin, de Pourceaugnac, personnage naïf et ridicule, qui vient à Paris dans cette intention. Julie a pour soubrette Nérine qui persuade son amoureux Sbrigani, valet astucieux et rusé, de protéger les amours de sa patronne avec Eraste.
ACTE DEUXIÈME : Sbrigani, Italien de naissance, souple et inventif, entreprend de berner M. de Pourceaugnac et de le bafouer si bien qu'il sera forcé de renoncer à la main de Julie. Avec le concours d'Eraste, de Julie, de Nérine et de deux gardes suisses, Sbrigani qui a plus d'un tour dans son sac réussit à faire passer aux yeux d'Oronte M. de Pourceaugnac pour malade et fou, pour un homme marié deux fois déjà, père de nombreux enfants, et pour un dissipateur endetté.
ACTE TROISIÈME : Enfin, Sbrigani parvient à faire passer M. de Pourceaugnac pour le ravisseur de sa fille qu'Eraste a, censément, arraché de ses mains. M. de Pourceaugnac savamment effrayé par ses persécuteurs, en est réduit à se travestir en femme pour se dérober à la justice. Finalement, il est emmené par un exempt complaisant qui s'est chargé d'en débarrasser ceux dont il est venu contrecarrer les projets. Malgré une feinte résistance de leur part, Julie et Eraste finissent par s'épouser et les réjouissances préparées pour M. de Pourceaugnac servent à célébrer leur propre mariage.
(Louis Oster, les Opérettes du répertoire courant, 1953)
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