Éric AUDOUIN

Eric Audouin en 1914 [photo J. Bioletta, Lyon]
Marius Joseph AUDOUIN dit Éric AUDOUIN
ténor français
(22 rue Montgrand, Marseille [9e registre], 23 décembre 1881* – Paris 16e, 15 janvier 1970*)
Fils de Joseph AUDOUIN (1850 – av. 1906), sapeur-pompier, et de Catherine DUPUY (1858 – ap. 1906), professeur de musique.
Epouse 1. à Toulouse le 25 juin 1906* Marie Hélène LASSARA (Bordeaux, 2e section, Gironde, 23 janvier 1881* – Villejuif, Seine [auj. Val-de-Marne], 09 octobre 1961), soprano, fille d’Alphonse Adryen LASSARA (Chatte, Isère, 13 février 1848 – Paris 10e, 15 avril 1905*), négociant, et de Jeanne GRANGÉ (1857-ap. 1906).
Epouse 2. à Paris 16e le 02 décembre 1961 Madeleine Huguette HUGOUNENC (Paris 9e, 16 juin 1913* – Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine, 16 septembre 1997), haute couture pour femmes.
Ténor d'opéra-comique et de grand opéra (demi-caractère), il travailla avec Montfort, basse du Théâtre de la Monnaie. Il débuta à Besançon, en novembre 1904, dans le rôle de Manrique du Trouvère. Il fit les saisons suivantes : 1905-1906, Nice ; 1906-1907, Opéra-Comique ; 1907-1908, Théâtre des Arts de Rouen [où il chante la première de la Damnation de Faust (Faust) de Berlioz le 14 février 1908] ; 1908-1909, Bordeaux ; 1909-1910, Lyon ; 1910-1911, Oran. A partir de 1911, Théâtre Royal de la Monnaie, à Bruxelles, où il a participé notamment à la création de Rhéna (Falco Meleghari) de Van den Eeden le 15 février 1912 ; à la première des Joyaux de la Madone (Gennaro) de Wolf-Ferrari le 17 octobre 1913 ; à la création de l’Invasion (Jean) de Brumagne le 20 octobre 1919 ; à la première d’Aphrodite (Démétrius) de Camille Erlanger le 04 décembre 1919. A partir de 1908, il chantait chaque saison d'été à Vittel. Il a fait, tant en France qu'à l'étranger, d'importantes créations. Son nom a souvent été orthographié AUDOIN.
En 1914, il habitait 7 rue d’Assaut à Bruxelles ; en 1939, 5 rue Edouard-Fournier à Paris 16e. Il est décédé en 1970, à quatre-vingt-huit ans, en son domicile, 24 ter rue Singher à Paris 16e.
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Sa carrière à l'Opéra-Comique
Il y débuta le 14 septembre 1906 dans Carmen (Don José).
Il y chanta Louise (Julien) ; Cavalleria rusticana (Torrido, 28 octobre 1906) ; Werther (Werther) ; le Jongleur de Notre-Dame (Jean, 14 décembre 1906). |
Sa carrière à l'Opéra de Paris
Il y débuta le 11 août 1923 dans Faust (Faust).
Il y chanta Lohengrin (Lohengrin, 1923) ; Aïda (Radamès, 1923) ; la Walkyrie (Siegmund, 1923) ; la Damnation de Faust (Faust, 1923) ; Rigoletto (le Duc, 1924) ; Samson et Dalila (Samson, 1925) ; Tannhäuser (Tannhäuser, 1925) ; les Maîtres chanteurs de Nuremberg (Walther, 1927) ; Hérodiade (Jean, 1927). |
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L'inlassable triomphateur Albert Carré a eu, encore une fois, « la main heureuse », en engageant à son théâtre de l'Opéra-Comique Eric Audouin. Ce jeune ténor, très joli garçon, est d'une taille au-dessus de la moyenne, il est élégant, distingué, élancé, sympathique et d'excellente tenue. Eric Audouin possède une voix fraîche, naturelle, sonore, bien timbrée, étendue et d'un grand charme ; c'est enfin un comédien intelligent et consciencieux. Son début sur notre seconde scène lyrique fut des plus heureux et il obtint, du premier coup, les suffrages de la Presse et du public qui augurèrent pour lui le plus brillant avenir. Eric Audouin est né à Marseille, où il fit les plus sérieuses études littéraires, car son père, fonctionnaire distingué, le destinait à la carrière administrative. A sa sortie du Lycée, le jeune Audouin travailla jusqu'à l'âge de 21 ans pour devenir ingénieur de la marine, mais entre-temps, il chantait, et ses succès dans les salons, les cercles, les concerts, attirèrent l'attention ; un mécène, l'ayant entendu, frappé de la puissance, de l'étendue et du timbre de sa voix, le présenta à M. Montfort, ancien artiste et professeur de Marseille, qui se chargea de lui apprendre le solfège, le chant et la déclamation lyrique. Après trois années d'études seulement, sans passer par aucun Conservatoire, Eric Audouin savait une douzaine d'opéras, s'était constitué une garde-robe superbe et était en état d'affronter, comme premier ténor, le grand public. Engagé, pour la saison 1904-1905, au théâtre de Besançon, il y débutait en décembre 1904 dans le rôle de Manrique du Trouvère avec un succès éclatant, puis successivement il remporta de nouveaux triomphes dans Vasco de l'Africaine, Hérodiade, Faust, Sigurd, la Favorite. De Besançon, il passa immédiatement à Nice, où M. Teissier l'engagea, pendant trois mois, pour les Grands Concerts Symphoniques du Palais de la Jetée-Promenade ; c'est là que M. Saugey entendit Eric Audouin et l'engagea pour la saison 1905-1906 au Grand-Théâtre de l'Opéra de Nice. Eric Audouin y chanta successivement et avec un succès toujours de plus en plus grand : Aïda, l'Africaine, les Huguenots, Faust, Samson et Dalila, Siberia, la Favorite, la Bohème de Leoncavallo, les Contes d'Hoffmann, Carmen, Rigoletto, Salammbô ; c'était le ténor idéal pour les spectateurs du théâtre de la Côte d'Azur !! Le vigilant et actif directeur de notre Opéra-Comique fit le voyage pour entendre le phénomène et, après la représentation, engagea le jeune ténor pour deux ans à l'Opéra-Comique à partir de la saison 1906-1907. Après Nice, il fut engagé du 1er au 31 mai 1906 au théâtre de Grenoble, où il interpréta avec un succès incessant : Samson et Dalila, Faust, Tannhäuser, puis il donna au Kursaal d'Ostende, où il est engagé pour plusieurs années, un grand Concert et remporta un nouveau succès. Le 25 juin 1906, il épousait la jeune, charmante et talentueuse Hélène Lassara, forte chanteuse des théâtres d'Anvers, Toulouse, Nice, Gand et Lyon. Enfin, le 14 septembre 1906, Eric Audouin débute à l'Opéra-Comique dans le rôle de Don José, de Carmen, avec un succès incontesté, puis il a chanté Julien, de Louise ; Torrido de Cavalleria rusticana ; Des Grieux, de Manon ; Jean, du Jongleur de Notre-Dame ; la Navarraise, etc. Telle est la rapide et mouvementée carrière de ce jeune et vaillant artiste qui sera, avant peu, une des plus brillantes étoiles de l'excellente troupe de l'Opéra-Comique. (Annuaire des Artistes, 1907)
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Eric Audouin dans Carmen (Don José) en 1907 [photo Pierre Petit]
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D'une excellente famille qui le destinait à la carrière administrative il reçut une éducation soignée et une solide instruction. Puis il prépara l'examen d'ingénieur maritime, mais la vocation qui l'attirait irrésistiblement vers l'art dramatique le poussait, aux loisirs de ses études, dans les salons, cercles et concerts où sa jolie voix, et son goût exquis le désignaient déjà à tous comme un véritable artiste d'avenir. Sans avoir passé par aucun conservatoire, le jeune artiste connaissait déjà par cœur une douzaine d'opéras et muni d'une garde-robe ad hoc, il était à même d'affronter les feux de la rampe. En 1904 il débute au théâtre de Besançon dans le rôle de Manrique du Trouvère et le succès qu’il obtient se traduit en triomphe dans l'Africaine, Hérodiade, Faust, Sigurd, la Favorite. A Nice, où il chanta ensuite pendant trois mois aux Grands Concerts Symphoniques du Palais de la Jetée-Promenade, M. Saugey l'entendit et, charmé, l'engagea à l'Opéra de Nice pour la saison 1905-1906. Aïda, l'Africaine, les Huguenots, Samson, la Favorite, la Bohème, Carmen, Rigoletto, Salammbô, lui valent les mêmes succès. C'est encore là que M. Albert Carré l'entendit et l'engagea pour deux ans à l'Opéra-Comique, où il débuta dans don José, de Carmen, avec un succès magnifique. Puis il chante Julien de Louise, Torrido de Cavalleria rusticana, Des Grieux de Manon, Jean du Jongleur de Notre-Dame, etc. Le 25 juin 1906 il épousait la jeune et charmante Hélène Lassara, forte chanteuse et artiste de talent, des théâtres d'Anvers, Gand, Lyon et Nice ; puis il crée, toujours avec le même succès, la Damnation de Faust, au théâtre municipal de Rouen. C'est une bonne fortune pour nous de le compter au nombre des pensionnaires de notre première scène où il a su pareillement faire apprécier par tous son talent délicat d'artiste consciencieux et ses réelles qualités de chanteur adroit et bien doué. (le Méphisto, Bordeaux, 07 janvier 1909)
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Eric Audouin en 1927 [photo Roques]
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Hélène LASSARA-AUDOUIN
Forte chanteuse des théâtres d'Anvers, Toulouse, Nice, Gand et Lyon. Mme Hélène Lassara-Audouin dont la place est incontestablement marquée à l'Opéra de Paris, dès que ses engagements antérieurement signés seront remplis, est une artiste dans toute la force du terme. Douée d'une voix de soprano admirable, elle est de plus tragédienne lyrique de premier ordre. Mme Hélène Lassara fit de brillantes études musicales au Conservatoire de Toulouse où elle remporta en 1898, le premier prix de chant et le premier prix d'opéra ; elle passa ensuite au Conservatoire de Paris où elle obtint en 1902 un premier accessit de chant et un premier accessit d'opéra. Engagée pour la saison 1902-1903 au Grand Théâtre de Lyon, elle y fit les plus heureux débuts et y interpréta notamment Eurydice d'Orphée, de Gluck, Marguerite de Faust, Brunehilde de Sigurd, elle fut très remarquée et couverte d'applaudissements surtout dans sa création de l'Or du Rhin de Richard Wagner. En 1903-1904, engagée au théâtre de Gand, elle remporta des succès incessants pendant toute la saison en interprétant : les Huguenots, l'Africaine, la Juive, Hérodiade, Sigurd, Tannhäuser, Pierre d'Aragon, la Walkyrie (création à Gand), ainsi que dans celle de Henri VIII où l'illustre compositeur lui exprima sa satisfaction en lui donnant sa photographie ornée de la dédicace suivante : « A mademoiselle Lassara, témoignage d'admiration. C. Saint-Saëns (1903) ». En 1904-1905, Mlle Hélène Lassara est engagée comme première chanteuse, aux Grands Concerts symphoniques de la Jetée-Promenade, à Nice, où elle fit applaudir autant sa magnifique voix que sa science musicale. C'est à Nice que M. Justin Boyer l'engagea pour la saison 1905-1906 au théâtre du Capitole de Toulouse où elle eut un succès immense dans la Juive, l'Africaine, les Huguenots, Sigurd, Hérodiade, Faust, le Trouvère, Lohengrin, et dans ses créations de Salammbô, l'Etranger et Amaryllis d'André Gailhard, fils du directeur de l'Opéra de Paris ; Mlle Hélène Lassara fut, à cette occasion, vivement félicitée par l'auteur et son père pour son talent de comédienne, pour sa voix chaude et vibrante. Son engagement terminé à Toulouse, Mlle Hélène Lassara fut engagée, pour « la saison de Pâques » à Carcassonne où elle fit une belle création dans Annibal de Bouichère. Le 25 juin 1906, Mlle Lassara a épousé son camarade Eric Audouin, le jeune et brillant ténor de l'Opéra-Comique. Enfin, cette année, Mme Lassara-Audouin est l'étoile du Théâtre Royal d'Anvers où elle est engagée pour la campagne théâtrale 1906-1907 ; elle a déjà triomphé sur cette scène importante dans les Huguenots, l'Africaine, Faust, la Juive et Hérodiade. Telle est la carrière théâtrale de la charmante et séduisante artiste que nous espérons applaudir bientôt sur une de nos grandes scènes lyriques à Paris. (Annuaire des Artistes, 1907)
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