Jean BOURBON

 

Jean Bourbon en 1913 [photo Manuel]

 

 

Louis BOURBON dit Jean BOURBON

 

baryton français

(Les Baraques, La Machine, Nièvre, 08 mai 1875* – Paris 9e, 05 mars 1949*)

 

Fils de Léon Nicolas BOURBON (Meillant, Cher, 20 juillet 1848* – Châtillon, Seine [auj. Hauts-de-Seine], 09 mars 1906*), paveur [fils de Pierre BOURBON (La Celle-Bruère, Cher, 1801 – Meillant, 06 juillet 1870*), maçon], et de Marie PETIT (La Machine, 18 juin 1857* – Montrouge, Seine [auj. Hauts-de-Seine], 22 octobre 1937*), mariés à La Machine le 03 février 1874*.

 

 

Elève d’Albert Petit qui le présenta au Conservatoire de Paris, où il entra en 1897, dans les classes d'Edmond Duvernoy (chant), Paul Lhérie (opéra-comique) et Léon Melchissédec (opéra). Il y obtint en 1898 une 3e médaille de solfège, en 1899 un 1er accessit de chant, en 1900 une 2e médaille de solfège, un premier prix d’opéra et un 1er accessit d’opéra-comique. Il chanta à l’Opéra-Comique (1901-1904), à la Monnaie de Bruxelles (1904-1911 ; où il chanta la première du Jongleur de Notre-Dame (Boniface) le 25 novembre 1904, de Résurrection (Simonson) le 18 avril 1906, de Pelléas et Mélisande (Golaud) le 09 janvier 1907, du Chemineau (le Chemineau) le 14 février 1908, de Monna Vanna (Guido Colonna) le 27 janvier 1909, de Fortunio (Clavaroche) le 04 janvier 1908, et de la Habanera (Ramon) le 25 mars 1909), au Covent Garden de Londres (3 saisons), au San Carlos de Lisbonne (2 saisons), à l’Opéra de Monte-Carlo (3 saisons ; où il créa Pénélope (Eumée) de Fauré le 04 mars 1913, et Béatrice (Tibério) de Messager le 21 mars 1914), à la Gaîté-Lyrique (30 représentations), à l’Opéra de Paris (engagement de 1914 interrompu par la guerre), en province et à l’étranger (Amérique du Sud). Le 05 juin 1912, il a créé Madame Pierre (Pierre) d’Edmond Malherbe au Théâtre du Château-d’Eau. Le 22 mars 1919, il a créé Tarass Boulba (Tarass Boulba) de Marcel Samuel-Rousseau au Théâtre Lyrique du Vaudeville. Le 03 mars 1927, il a créé au Grand Théâtre de Lille Madame Récamier (le Prince de Prusse) de Charles Pons. Le 19 juin 1928, il a participé à la première au Théâtre des Champs-Elysées des Noces de Figaro (Bartholo). Il fut professeur de chant au Conservatoire Musica. Il fut nommé officier d’académie en 1905, officier de l’instruction publique en 1910, et chevalier de la Légion d’honneur le 26 juillet 1933, parrainé par André Baugé.

En 1911, il habitait 149 rue Lafayette à Paris 10e ; en 1914, 9 rue Nouvelle [devenue en 1926 rue du Cardinal-Mercier] à Paris 9e, où il est décédé, célibataire, en 1949 à soixante-treize ans.

 

 

 

bottin mondain de 1942

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il y débuta le 29 avril 1901 en créant l'Ouragan (Richard) d’Alfred Bruneau.

 

Il y créa également le 30 mai 1902 la Troupe Jolicœur (Jean Taureau) d’Arthur Coquard ; le 16 décembre 1902 la Carmélite (le Poète) de Reynaldo Hahn.

 

Il y chanta Cavalleria rusticana (Alfio, 02 juillet 1901) ; Carmen (Escamillo, 14 septembre 1901) ; Mireille (Ourrias, février 1902) ; le Roi d’Ys (Karnac, 06 avril 1902) ; Grisélidis (le Marquis de Saluces, 50e le 11 avril 1902) ; la Vivandière (de Rieul, 14 juin 1902) ; Pelléas et Mélisande (Golaud).

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Il y débuta le 13 mai 1914 dans Monna Vanna (Guido Colonna).

 

Il y chanta Lohengrin (Frédéric de Telramund, 1914).

 

Il y participa à la première le 24 février 1927 des Burgraves (Job) de Léo Sachs.

 

 

 

 

Jean Bourbon dans la Habanera (Ramon) lors de la première à la Monnaie de Bruxelles (1909)

 

 

 

Doué d'une voix chaude et vibrante, comédien adroit, d'une élégante prestance, d'une physionomie intelligente et sympathique, M. Jean Bourbon est un des artistes de l'Opéra-Comique sur lesquels la direction doit fonder le plus d'espérances.

Il apprit tout jeune la musique, puis le violon et ensuite le chant avec M. Petit qui le présenta au Conservatoire national où il fut admis en 1896.

Après avoir accompli une année de service militaire, il entra définitivement, en octobre 1897, au Conservatoire où il fit les meilleures études pour le chant, dans la classe d'Ed. Duvernoy ; pour l'opéra, dans celle de Melchissédec, et pour l'opéra-comique, dans celle de M. Lhérie.

Lauréat de chant et d'opéra-comique, il sortit du Conservatoire en 1900, ayant enlevé le premier prix d'opéra à l'unanimité dans la scène de la folie de Charles VI.

Engagé immédiatement au théâtre de l'Opéra-Comique, il y débuta, le 29 avril 1901, par la création du rôle de Richard dans l'Ouragan d'Alfred Bruneau, il y remporta un succès personnel considérable que la Presse fut unanime à constater ; M. Bourbon reçut, à cette occasion, des auteurs des marques de bien vive sympathie.

L'excellent baryton joua ensuite Alfio de Cavalleria rusticana (juillet 1901) ; Escamillo de Carmen (juillet 1901) où il a beaucoup de succès et qu'il a chanté aux côtés d'Alvarez lors de ses représentations ; Ourrias de Mireille (février 1902) ; reprit le Marquis de Grisélidis (février 1902) ; Karnac du Roi d'Ys (avril 1902) ; créa ensuite, le 30 mai 1902, le rôle de Jean Taureau dans la Troupe Jolicœur et s'y « tailla » un succès prodigieux. Le 14 juin, M. Jean Bourbon a repris le rôle du Marquis dans la Vivandière ; puis créa le poète dans la Carmélite (décembre 1902).

Au mois d'octobre 1903, Jean Bourbon a interprété avec un grand succès le rôle de Harold dans Gwendoline au château de Brissac en ayant pour partenaire la vicomtesse de Tredern.

M. Bourbon, qui a toutes les qualités, même celle, bien rare, de la reconnaissance, se complaît à associer à ses succès l'excellent professeur qui l'a formé, M. Petit, avec qui il n'a jamais cessé de travailler et qui l'a aidé à mettre définitivement « au point » tout son répertoire.

Ce très sympathique artiste est actuellement au théâtre de la Monnaie de Bruxelles où il a été engagé pour trois années comme premier baryton d'opéra et d'opéra-comique à partir de la saison 1904-1905.

La presse belge est unanime à constater sa valeur et sa réussite éclatante.

Les débuts de Jean Bourbon à la Monnaie ont eu lieu dans Tonio de Paillasse, puis il a chanté successivement : Escamillo de Carmen, Albert de Werther, Pietro de la Muette de Portici, Valentin de Faust, Boniface du Jongleur de Notre-Dame (création à Bruxelles), le Grand-Prêtre d'Alceste et tous les grands rôles de grand baryton des opéras de Wagner.

(Annuaire des Artistes, 1905)

 

 

 

 

 

M. Jean Bourbon, premier baryton, est né dans la Nièvre ; ses études musicales commencèrent par le violon. Ce ne fut que plus tard qu'il travailla le chant. Entré au Conservatoire en 1897, il suivit les classes de Duvernoy, Melchissédec, Lhérie. Il obtint, en 1900, le premier prix d'opéra, à l'unanimité, dans la scène de la Folie de Charles VI. Engagé aussitôt à l'Opéra-Comique pour trois années, il y débuta, le 29 avril 1901, par la création de Richard dans l'Ouragan. Il y joua tout le répertoire et créa en outre Jean Taureau de la Troupe Jolicœur et le Poète dans la Carmélite.

M. Bourbon passa ensuite à la Monnaie de Bruxelles, où il fut pensionnaire pendant sept saisons consécutives. Il y débuta en septembre 1904 et chanta tout le répertoire de grand opéra et d'opéra-comique ; il y fit les créations suivantes : le Jongleur de Notre-Dame, Armide, Alceste, Résurrection, Pelléas et Mélisande, Fortunio, le Chemineau, Monna Vanna, la Habanera, Ivan le Terrible.

En juin 1908, il alla en représentation pour Pelléas et Mélisande à l'Opéra de Cologne. En décembre 1908 et 1909, il fit au théâtre San-Carlos de Lisbonne les créations du Chemineau et de Fortunio. Il fit trois saisons au Covent Garden de Londres. Lors de la saison russe (Théâtre Sarah-Bernhardt), il chanta le Démon, de Rubinstein, puis à la Gaîté-Lyrique (1911), Ivan le Terrible ; à l'Alhambra (1912), création de Madame Pierre. Il était, cet hiver, à la Scala de Milan, y joua Lohengrin et y créa la Habanera. Va depuis trois ans, chaque hiver, à l'Opéra de Monte-Carlo, où il chante le répertoire français et italien et où il a créé, en mars dernier, Pénélope, de Fauré.

(Henri Focké, Célébrités de l’art lyrique, 1914)

 

 

 

 

 

 

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