Jeanne CAMPREDON

Jeanne Campredon dans Armide (Lucinde) à l'Opéra (photo Bert) [Le Théatre, novembre 1909]
Jeanne HACOUN dite Jeanne CAMPREDON
soprano français
(rue de Picardie, Djidjelli [auj. Jijel], Algérie française, 27 janvier 1884* – Oran, Algérie, 01 octobre 1967)
Fille d’Élie HACOUN (Alger, Algérie française, 07 janvier 1851* – Alger, 15 mars 1923*), huissier [fils de Nissim HACOUN (Alger, 1803 – ap. 1876), courtier de commerce], et d’Émilie Madeleine Zélie CAMPREDON (Orléansville, Algérie française, 23 août 1858 – Paris 17e, 15 août 1933*) [qui épousera en secondes noces Louis Emmanuel BOISSET], mariés à Alger le 07 octobre 1876* (divorcés à Alger le 16 juin 1896).
Epouse 1. à Paris 17e le 02 mai 1912* (divorce le 22 juillet 1919) Henri Paul DARDEL (Lausanne, Suisse, 11 juillet 1869 – Paris 1er, 09 octobre 1924*), docteur en médecine.
Epouse 2. à Paris 17e le 04 août 1920* Maxime Antoine Gabriel ROCHEBLAVE (Lyon 6e, Rhône, 08 décembre 1890 – Paris 17e, 29 juin 1929*), négociant.
Elle étudia le chant avec le baryton Max Bouvet. Elle débuta au Palais Garnier le 13 mars 1908, où elle fit l’essentiel de sa carrière. Elle se produisit également dans les grands théâtres de province (Marseille, Lyon, Bordeaux, Nice, Vichy), aux Arènes d’Orange et de Béziers, et à l’étranger (Afrique du Nord, Monte-Carlo, Genève, Luxembourg, Anvers, Stockholm). Elle donna de nombreux concerts et participa à des œuvres de bienfaisance. Elle se retira de la scène en 1934 après trente-et-une années de carrière artistique. Elle se consacra alors à l'enseignement du chant et compta parmi ses élèves Leïla Ben Sedira. Elle a enregistré la première intégrale française de Faust (Marguerite) de Gounod chez Pathé frères en 1911/1912. Elle a été nommée officier d’académie le 02 octobre 1909 et officier de l’instruction publique le 08 mai 1932. Elle a été nommée chevalier de la Légion d’honneur le 12 janvier 1935 en qualité d’artiste lyrique à l’Opéra, parrainée par son directeur Jacques Rouché.
En 1912, elle habitait 113 rue de Courcelles à Paris 17e ; en 1914, 3 rue Théodore-de-Banville à Paris 17e ; en 1920, 99 rue Jouffroy à Paris 17e. En 1935, elle habitait 44 avenue de Wagram à Paris 8e, et en 1942, elle habitait également « le Mas de Provence » à Nîmes (Gard) et 33 boulevard Hippolyte-Giraud à Oran.

bottin mondain de 1942
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Sa carrière à l'Opéra de Paris
Elle y débuta le 13 mars 1908 dans les Huguenots (la Reine).
Elle y chanta Tannhäuser (Vénus, 1908) ; le Crépuscule des dieux (Woglinde, 28 novembre 1908 ; Gutrune, 1928) ; Armide (Lucinde, 17 février 1909 ; Sidonie, 26 septembre 1910) de Gluck ; la Walkyrie (Ortlinde, 27 mars 1909 ; 200e le 10 décembre 1910 ; qu’elle chanta le 11 juin 1911 dans le cadre de la première Tétralogie à l’Opéra ) ; Thaïs (la Charmeuse, 03 mai 1909 ; 100e le 25 août 1910) ; Hamlet (Ophélie, 14 juillet 1909) ; Guillaume Tell (Mathilde, 01 septembre 1909) ; Roméo et Juliette (Juliette, 12 novembre 1909) ; Rigoletto (Gilda, 27 décembre 1909) ; Faust (Marguerite, 1910) ; Gwendoline (Gwendoline, 11 novembre 1912) ; Patrie ! (Rafaela, 1915) ; Œdipe à Colone (Antigone, 27 février 1916 [2e acte]) de Sacchini ; la Flûte enchantée (la Reine de la nuit, 1923) ; le Triomphe de l'amour (Diane, 06 janvier 1925 ; Vénus, 16 décembre 1932) de Lully ; Castor et Pollux (Phoebé, 15 octobre 1930) de Rameau.
Elle y créa le 16 février 1910 la Forêt (le Tilleul) d’Augustin Savard ; le 19 décembre 1911 Icare (une Nymphe) d’Henry Deutsch de la Meurthe ; le 06 janvier 1916 les Virtuozi di Mazarin.
Elle y participa à la première le 17 novembre 1909 de l’Or du Rhin (Freia) de Richard Wagner [version française d’Alfred Ernst], qu’elle chanta le 10 juin 1911 dans le cadre de la première Tétralogie à l’Opéra ; le 09 juin 1911 de Sibérie (la Petite Fille) d’Umberto Giordano [version française de Paul Milliet] ; le 24 avril 1912 de Roma (Junia) de Jules Massenet ; le 12 septembre 1913 des Joyaux de la Madone (Stella) d’Ermanno Wolf-Ferrari [version française de René Lara] ; le 04 janvier 1914 de Parsifal (une Fille-fleur) de Richard Wagner [version française d’Alfred Ernst] ; le 11 février 1927 du Chevalier à la rose (la Maréchale) de Richard Strauss [version française de Jean Chantavoine]. |

Jeanne Campredon dans Faust (Marguerite) en 1914 [photo Bert]

Jeanne Campredon dans Hamlet (Ophélie) à l'Opéra en 1909 [photo Bert]

Jeanne Campredon dans l'Or du Rhin (Freia) à l'Opéra en 1910

Jeanne Campredon dans le Crépuscule des dieux (Woglinde) à l'Opéra en 1910 [photo Bert]

Jeanne Campredon dans Roma (Junia) lors de la première à l'Opéra en 1912 [photo Bert]
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Mlle Jeanne Campredon, née à Djidjelli (département de Constantine), commença ses études de piano dès l'âge de sept ans, puis plus tard celles du chant, à Alger. Après avoir auditionné chez Mme Rosine Laborde, chez Isnardon et Bouvet, elle devint l'élève de ce dernier. Après huit mois d'études, entra en 1907 à l'Opéra, où elle débuta le 13 mars, dans le rôle de la Reine de Navarre, puis chanta Ophélie et tout le répertoire. Mlle Campredon s'est fait entendre à Nice, Genève, Lyon, Aix-les-Bains, Nantes, Anvers, etc., villes où elle retourne chaque année, a chanté le répertoire classique dans les grands concerts et tout dernièrement interpréta, au Trocadéro, sous la direction de Weingartner, la Messe en ré de Beethoven. Elle joua à Stockholm, devant les souverains suédois : Faust, Roméo et Juliette et la Vie de bohème. Créations : Junia dans Roma à l'Opéra, Freia dans l'Or du Rhin, une Fille du Rhin dans le Crépuscule des Dieux, et la Forêt. A repris Gwendoline après Mlle Kousnezoff, sur la demande de M. André Chabrier. (Henri Focké, Célébrités de l’art lyrique, 1914)
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Jeanne Campredon en 1928 [photo G.-L. Manuel frères]

Jeanne Campredon en 1934 [photo Studio V. Henry]


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Air des Bijoux extrait de l'intégrale de Faust de Gounod de 1912 Jeanne Campredon (Marguerite) et Orchestre de l'Opéra dir François Rühlmann Pathé saphir 90 tours mat. F.23 et F.24, réédités sur 80 tours n° 1633, enr. en 1911/1912
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