Marguerite CHARPANTIER

 

Marguerite Charpantier (le Théatre, septembre 1912) [photo Chéri-Rousseau]

 

 

Marguerite Gabrielle CHARPANTIER dite Marguerite CHARPANTIER

 

soprano français

(6 rue des Lavandières-Sainte-Opportune, Paris 1er, 02 septembre 1874* – hôpital de la Salpêtrière, 83 boulevard de l’Hôpital, Paris 13e, 16 janvier 1957*)

 

Fille de Louis Auguste CHARPANTIER (Lunéville, Meurthe-et-Moselle, 26 décembre 1845* – Le Vésinet, Seine-et-Oise [auj. Yvelines], 15 mai 1903*), employé de commerce, et de Lussaint Jeanne RIMLINGER dite Lucie CHARPANTIER (Commercy, Meuse, 05 mai 1849* – Noisy-le-Sec, Seine [auj. Seine-Saint-Denis], 15 octobre 1918*), couturière, marié à Paris 1er le 14 février 1874*.

Epouse à Paris 17e le 30 juin 1914* (divorce le 21 janvier 1916) Louis Désiré CHARPANTIER (Paris 14e, 21 janvier 1868* – ap. 1916), ingénieur.

Mère naturelle de Germaine Jeanne CHARPANTIER dite Vivette CHAVANNES (Paris 18e, 26 avril 1896* – Paris 10e, 05 juin 1942*), artiste lyrique [épouse à Paris 17e le 16 juillet 1918* (divorce le 09 juillet 1919) Jean Baptiste Amédée COURTIN (Paris 2e, 21 janvier 1866* – ap. 1919), dentiste].

 

 

Elle a débuté salle Favart en 1899. Elle appartint au Théâtre des Arts de Rouen en tant que chanteuse légère d’opéra-comique durant la saison 1902-1903 ; elle y chanta les premières de la Bohème (Mimi) de Leoncavallo le 17 décembre 1902, de la Fiancée de la mer (Kerlin) de Blockx le 14 janvier 1903, du Juif polonais (Suzel) d’Erlanger le 28 janvier 1903. Au Grand-Théâtre de Bordeaux, elle chanta durant la saison 1904-1905 : Manon (Manon), Lakmé (Lakmé), Roméo et Juliette (Juliette), Faust (Marguerite), Mireille (Mireille), Mignon (Philine), le Barbier de Séville (Rosine), la Fille du régiment (Marie), Carmen (Micaëla), Hamlet (Ophélie), Rigoletto (Gilda), le Pré-aux-Clercs (Isabelle), le Voyage en Chine (Marie), Thaïs (Thaïs), la Bohème (Mimi) de Puccini, les Noces de Jeannette (Jeannette), la Traviata (Violetta), Paillasse (Nedda). Elle fut professeur de chant à Paris et fut nommée officier de l'instruction publique le 1er juin 1924.

En 1901, elle habitait 24 boulevard Poissonnière à Paris 9e ; en 1912, 73 boulevard Pereire à Paris 17e. Lors de son décès en 1957, elle avait quatre-vingt-deux ans et était domiciliée à la Maison de retraite des Artistes de Couilly-Pont-aux-Dames. Elle est enterrée au cimetière de Couilly-Pont-aux-Dames (Seine-et-Marne).

 

 

 

annonce de 1897 sur laquelle figure la mère de la cantatrice

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Elle y débuta le 29 novembre 1899 dans Proserpine (une jeune fille).

 

Elle y chanta Carmen (Frasquita) ; Louise (Blanche, Irma) ; les Visitandines (Sœur Agnès, 15 mai 1900) ; le Roi l'a dit (Philomèle, 25 juin 1900).

 

 

 

 

Marguerite Charpantier dans Lakmé (Lakmé) (le Théatre, septembre 1912) [photo Reutlinger]

 

 

 

La jeune et vaillante cantatrice, dont nous esquissons aujourd'hui la fine et suggestive silhouette, est de celles qui n'ont qu'à paraître pour ravir tous les suffrages et soulever cette frénésie d'applaudissements qui est aux étoiles lyriques ce que l'atmosphère ambiante est à leurs sœurs célestes.

Parisienne de naissance, Mlle Charpantier fit ses premières études dans sa famille sous la direction des distingués professeurs, Rolla, pour le chant, et Grivot (de l'Opéra-Comique) pour la diction. Son éducation artistique terminée, M. Carré l'engagea en 1900, à l'Opéra-Comique, mais, avant d'y débuter, elle fut chargée d'une œuvre de décentralisation des plus intéressantes, la création à Reims des Pharaons, opéra de Grelinger, où elle ravit également tous les suffrages par sa grande jeunesse et le charme pénétrant de sa voix. La soirée ne fut pour Mlle Charpantier qu'une suite ininterrompue d'applaudissements.

Sa première apparition à l'Opéra-Comique eut lieu dans Proserpine de Saint-Saëns ; elle y chanta ensuite les Visitandines, Carmen, Louise, etc.

Après une année passée sur notre seconde scène lyrique, pendant laquelle elle perfectionna ses études et se fit un répertoire suffisant pour aborder l'emploi de première chanteuse en titre, elle fut engagée, pour la saison 1900-1901, à Angers.

Elle y interpréta 16 opéras, parmi lesquels Sapho et Cendrillon, de Massenet, dont elle fit de brillantes créations, la Flûte enchantée, de Mozart, et la Reine de la Nuit, dont l'étendue exceptionnelle de sa voix lui permit de chanter dans le ton le fameux air à contre fa.

Les succès de Mlle Charpantier à Angers furent, d'ailleurs, tels que M. Gaudrey, administrateur de l'Opéra-Comique l'ayant entendue, l'engagea pour une série de représentations au Grand Cercle d'Aix-les-Bains, où elle chanta, sous son habile direction, Mireille, le Barbier de Séville, la Fille du Régiment, les Noces de Jeannette, Philine de Mignon. Le public dilettante de cette scène haut cotée lui fit un si chaleureux accueil qu'elle y fut réengagée pour la saison suivante.

Pendant la saison 1901-1902, notre chanteuse fut l'étoile incontestée du Grand Théâtre de Genève, où sa belle création de Mimi dans la Vie de Bohème la rendit inoubliable. Son bénéfice dépassa tout ce qu'on avait vu, en ces dernières années, dans cette ville qui, on le sait, a la réputation de gâter particulièrement les artistes lyriques.

La saison de Genève terminée, Mlle Charpantier fut engagée en saison de Pâques à Troyes. Elle créa Salomé d'Hérodiade avec un succès si éclatant que le public, d'ordinaire peu assidu au théâtre, en reprit la route, si bien que, chaque soir, la brillante cantatrice était applaudie par des salles combles.

Enfin, rappelée à Aix, aux termes de son réengagement, Mlle Charpantier y retrouva, en juin dernier, les mêmes sympathies que pendant la saison précédente. Son succès ne fit qu'aller en s'accentuant dans la Vie de Bohème, la Fille du Régiment, etc.

Comme on le voit par ce rapide résumé, deux années de théâtre ont suffi à cette jeune et talentueuse artiste pour en faire une de nos prima donna les plus en vue et les plus justement estimées.

Mlle Charpantier fit ses débuts à Rouen en 1903 dans Lakmé, Manon et le Barbier de Séville, reçue à l'unanimité par acclamations, elle y fit plusieurs créations, entre autres : la Fiancée de la mer, de Blockx, pour la première fois en France, rôle de Kerlin, et le Juif Polonais, Suzel.

La charmante artiste est engagée à Trouville pour l'été 1903, et à Anvers (hiver 1903-1904).

 

(Annuaire des Artistes, 1903)

 

 

 

 

Marguerite Charpantier dans Lakmé (Lakmé) en 1912 [photo Reutlinger]

 

 

 

L’un des derniers concerts de l'Hôtel des Modes, — séance particulièrement musicale, où Madame Louise Marquet, de l'Apollo, a fait apprécier un art bien délicat entre les pages classiques magistralement exécutées par le trio des frères Kellert, — a ramené à nos oreilles charmées une cantatrice trop peu entendue depuis longtemps et dont le talent consommé nous a ravis : Mademoiselle Marguerite Charpantier. Elle a chanté avec un brio étincelant et une grâce naturelle pleine d'esprit, l'air du Cours-la-Reine, de Manon, la valse de Musette, de la Vie de Bohème et l'air de Rosine, du Barbier de Séville.

C'est déjà toute une carrière, bien qu'à peine commencée, en somme, que la belle artiste évoquait ainsi devant nous. Après des études musicales approfondies, mais en dehors du Conservatoire, cette jeune Parisienne, aux lignes pures, à la voix chaude, fit ses premiers pas sur la scène, à l'Opéra-Comique. Je crois que c'était le soir de la dernière reprise de Proserpine, l'œuvre pittoresque de Saint-Saëns, qui fut particulièrement intéressante. Je me souviens d'elle également à propos d'une autre reprise, fort piquante, celle des Visitandines de Devienne. Elle fut encore applaudie dans Carmen et dans Louise, à la même époque.

Mais on sut l'attirer en province, où, d'ailleurs, les jeunes artistes d'avenir et ardentes au travail ont plus de facilités qu'à Paris pour mûrir leur talent et développer leurs dons. C'est à Angers qu'on la rencontra d'abord, et presque aussitôt, honneur peu banal, au Grand Cercle d'Aix-les-Bains pendant la saison d'été. Puis vint un hiver à Genève, qui affirma décidément sa réputation, car elle créa, sur la scène du Grand Théâtre de cette ville, le personnage de Mimi de la Vie de Bohème, et d'une façon qui est demeurée inoubliable. Enfin, des représentations à Troyes et à Boulogne-sur-Mer l'amenèrent au Théâtre des Arts de Rouen, où elle fit une saison brillante.

Les voyages ne l'effrayaient pas, s'ils lui apportaient quelque interprétation nouvelle, quelque occasion de créer à son tour un personnage vibrant et souple. Au cours d'une belle saison à Anvers, elle incarna pour la première fois le rôle d'Adrienne Lecouvreur dans l'œuvre lyrique de Cilea que nous ne connaissons encore, à Paris, que sous sa forme italienne. Elle récolta maints triomphes au Caire. Elle revint à Bordeaux, à Pau... Un de ses rôles préférés, Lakmé, lui valut les suffrages, non seulement du public, mais des musiciens les plus éminents. Enfin, le Casino de Trouville, dont les représentations sont d'un niveau si artistique, lui valut pendant plusieurs années une renommée d'étoile. C'est sur cette scène que Mademoiselle Marguerite Charpantier, après des études spéciales avec le maître Massenet, eut la joie de créer Grisélidis et Sapho, d'incarner Thaïs. Jamais succès ne fut plus complet : l'artiste et la femme, la vérité du jeu, l'émotion de la voix, l'harmonie de la beauté, tout s'unissait dans cette radieuse interprète.

Paris l'a revue il y a peu de mois. C'était au Théâtre lyrique de la Gaîté. La reine des Huguenots, notamment, et le charmant personnage de Nancy dans Martha, lors de la reprise de l'œuvre de Flotow, sont encore présentes à toutes les mémoires.

Mais ce n'est encore qu'en passant, en quelque sorte, que nous avons pu applaudir la souple pureté de sa virtuosité de chanteuse et la verve de sa vive intelligence de comédienne. Déjà un directeur avisé nous l'enlève pour l'Amérique. « De l'autre côté de l'eau » son répertoire italien et français fera merveille, lui vaudra des accueils sans précédents. Nous avons confiance qu'ils ne la séduiront pas assez pour la détourner de cette place qu'elle doit prendre à Paris et qui est la sienne.

 

(H. Decé, le Théatre, septembre 1912)

 

 

 

 

Marguerite Charpantier dans Manon (Manon) (le Théatre, septembre 1912) [photo Gust-Buyle, Bruxelles]

 

 

 

Mlle Marguerite Charpantier est parisienne.

Après ses études, sous la direction de MM. Albert Petit, pour le chant, et Grivot, pour la diction et la comédie, M. Carré l'engagea à l'Opéra-Comique, où sa première apparition eut lieu dans Proserpine de Saint-Saëns ; elle chanta ensuite : les Visitandines, Carmen, Louise, etc.

Elle se fit entendre successivement à Angers, au Grand-Cercle d'Aix-les-Bains, etc., (1901).

L'hiver suivant, elle créa le rôle de Mimi dans la Vie de bohème, au Grand-Théâtre de Genève (1902), — puis le rôle d'Adrienne Lecouvreur, au Théâtre d'Anvers (1903). A Bordeaux (1904-1905), au Caire, à Pau (1906), elle interpréta tout le répertoire et particulièrement Lakmé.

Mlle Charpantier a fait trois saisons à Trouville, où elle créa Grisélidis et Sapho.

Fit la reprise des Huguenots (la Reine) à la Gaîté ; à Marseille, créa en 1911 les Gabelous. A fait (1911) une tournée dans l'Amérique du Sud et chanta Galatée au Grand-Cercle d'Anvers.

Vient de donner une nouvelle série de représentations en Amérique durant ces derniers mois.

 

(Henri Focké, Célébrités de l’art lyrique, 1914)

 

 

 

 

Discographie

 

N° catalogue rééd. 80 tours Date d'enregistr. Compositeur Œuvre  Extrait Interprètes Accompagnement

 PATHÉ saphir 90 tours (Paris)

0490   1911 BIZET (Georges) LES PÊCHEURS DE PERLES Cavatine de Leïla Marguerite CHARPANTIER, soprano de l'Opéra-Comique Orchestre
0525 0132 1911 MASSÉ (Victor) LES NOCES DE JEANNETTE "Parmi tant d'amoureux" (réédité sur Diamond n° 1210) Marguerite CHARPANTIER, soprano de l'Opéra-Comique Orchestre
0526   1911 HÉROLD (Ferdinand) LE PRÉ-AUX-CLERCS "Jours de mon enfance" Marguerite CHARPANTIER, soprano de l'Opéra-Comique Orchestre
0527 0132 1911 MASSÉ (Victor) LES NOCES DE JEANNETTE Air du Rossignol (réédité sur Diamond n° 1207) Marguerite CHARPANTIER, soprano de l'Opéra-Comique Orchestre
0562 0048 1911 THOMAS (Ambroise) MIGNON "Je suis Titania" Marguerite CHARPANTIER, soprano de l'Opéra-Comique Orchestre
0580 0048 1911 ROSSINI (Gioacchino) GUILLAUME TELL "Sombre forêt" Marguerite CHARPANTIER, soprano de l'Opéra-Comique Orchestre
2872 0131 1911 MOZART (Wolfgang Amadeus) LES NOCES DE FIGARO "Je ne sais quelle ardeur" Marguerite CHARPANTIER, soprano de l'Opéra-Comique Orchestre
2878 0131 1911 MEYERBEER (Giacomo) ROBERT LE DIABLE "Robert, toi que j'aime" Marguerite CHARPANTIER, soprano de l'Opéra-Comique Orchestre

 

 

         

 

"Parmi tant d'amoureux"

extrait des Noces de Jeannette de Massé

Marguerite Charpantier (Jeannette) et Orchestre

Pathé saphir 90 tours n° 525, réédité sur 80 tours n° 132, enr. en 1911

 

 

         

 

Air du Rossignol

extrait des Noces de Jeannette de Massé

Marguerite Charpantier (Jeannette) et Orchestre

Pathé saphir 90 tours n° 527, réédité sur 80 tours n° 132, enr. en 1911

 

 

    

 

Récit et Romance "Sombre forêt"

extrait de l'acte II de Guillaume Tell de Rossini

Marguerite Charpantier (Mathilde) et Orchestre

Pathé saphir 90 tours n° 580, réédité sur 80 tours n° 48, enr. en 1911

 

 

 

 

 

 

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