Henry DUTILLOY

Henry Dutilloy en 1914 [photo Maly-Noël]
Henri Jean Baptiste DUTILLOY dit Henry DUTILLOY
baryton français
(Saint-Ferdinand [auj. Souidania], Algérie française, 18 juillet 1869* – Paris 9e, 05 juillet 1937*)
Fils de Pierre Onésime DUTILLOY (Chevennes, Aisne, 13 mai 1829* –), officier d’administration militaire [fils de Pierre Louis DUTILLOY (Colonfay, Aisne, 03 mai 1797 – Guise, Aisne, 29 décembre 1871), cordonnier], et de Marie Eulalie Adélaïde SAINT-AUBIN (Dieppe, Seine-Inférieure [auj. Seine-Maritime], 03 août 1834* –), mariés à Dieppe le 24 septembre 1856*.
Epoux d’Élise Octavie JUSTICE (– ap. 1937).
Doté d'une jolie voix de baryton-martin, il a débuté aux Bouffes-Parisiens le 04 novembre 1892 en créant Sainte-Freya (Docteur Graaf) d’Edmond Audran. En 1895, il était au Théâtre lyrique de la Galerie Vivienne. Le 21 novembre, il a chanté au Théâtre royal d’Anvers la première du Portrait de Manon (Des Grieux) de Massenet. Il a chanté au Grand-Théâtre de Bordeaux : Carmen (Escamillo) le 29 octobre et 18 novembre 1901 ; Lakmé (Frédéric) le 31 octobre 1901 ; Faust (Valentin) le 04 et 10 novembre 1901 ; la Favorite (Alphonse) le 10 novembre 1901 ; Mireille (Ourrias) le 14 novembre 1901 ; les Huguenots (Nevers) le 17 novembre 1901 ; les Dragons de Villars (Belamy) le 21 et 26 novembre 1901 ; Manon (Lescaut) le 22 et 24 novembre 1901. Le 01 mars 1902, il a créé aux Bouffes-Parisiens Ordre de l’Empereur (Julien Lambert) de Justin Clérice. Engagé à l’Opéra-Comique, il a débuté salle Favart en 1903. Le 19 mars 1906, il chante la première en français de Manon Lescaut (Lescaut) de Puccini au Casino municipal de Nice. En 1907, il était au Théâtre Graslin à Nantes. Il a chanté au Trianon-Lyrique : en 1908, Zampa, les Mousquetaires au couvent, les Rendez-vous bourgeois, François les bas bleus ; le 20 septembre 1908, première de Gillette de Narbonne (Roger de Lignolles) ; le 06 avril 1909, reprise de Rip (Rip) ; le 02 octobre 1909, reprise des Mousquetaires au couvent (Brissac) ; le 16 février 1911, première de Zaza (Cascart) de Leoncavallo. Il a chanté au Théâtre lyrique municipal de la Gaîté : le 24 décembre 1902, création du Chien du régiment (Capitaine Brétigny) de Louis Varney ; le 12 février 1903, reprise des Cloches de Corneville (le Marquis) ; le 30 octobre 1903, reprise des Saltimbanques (A. de Langeac) ; le 15 novembre 1903, reprise des Mousquetaires au couvent (Brissac) ; le 14 janvier 1914, reprise du Grand Mogol (Joquelet). A la Scala, il a participé le 06 décembre 1911 à la première de Princesses Dollar (Freddy Wehrburg) de Léo Fall. En mai 1925, il fut nommé directeur artistique du Théâtre-Casino de la jetée-promenade de Nice. Il fut nommé officier d’académie en août 1907, et officier de l’Instruction publique en janvier 1912. On trouve également son nom écrit Henry du Tilloy.
En 1911, il habitait 81 rue Blanche à Paris 9e. Il est décédé en 1937 à soixante-sept ans, en son domicile, 2 rue Chauchat à Paris 9e.
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Sa carrière à l'Opéra-Comique
Il y débuta le 11 octobre 1903 dans les Noces de Jeannette (Jean).
Il y créa le 23 décembre 1903 la Reine Fiammette (Pompeo Cortez) de Xavier Leroux.
Il y chanta le Barbier de Séville (Figaro) ; les Dragons de Villars (Bellamy) ; le Jongleur de Notre-Dame (Moine peintre) ; Lakmé (Frédéric) ; Louise (le Chansonnier) ; le Maître de Chapelle (Barnabé) ; Manon (De Brétigny, 02 novembre 1904 ; 500e le 13 janvier 1905) ; le Portrait de Manon (Des Grieux) ; les Rendez-vous bourgeois (César) ; la Traviata (le Baron) ; la Vivandière (Capitaine Bernard). |
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M. Henry du Tilloy, dont les heureux débuts à Paris ont été si remarqués et si unanimement constatés par toute la presse lors de sa création, au théâtre des Bouffes‑Parisiens, du colonel Lambert dans Ordre de l’Empereur, est un jeune baryton élevé dont le timbre de la voix est plein de charme ; excellent comédien, élégant cavalier, il personnifie bien le gracieux baryton d'opéra-comique ; son succès, aux côtés de Mlle Charlotte Mellot el de Léon Melchissédec, fut éclatant et mérité. Aussi, lorsque Ordre de l'Empereur passa des Bouffes-Parisiens au théâtre de la Gaîté, M. Debruyère s'empressa-t-il de s'attacher le délicieux créateur du rôle de Julien Lambert, et son succès sur la scène des Arts et Métiers fut considérable, ce qui lui procura un engagement, dans de brillantes conditions, à ce théâtre où le public l'a accepté et lui fait fête tous les soirs. M. du Tilloy s'est fait vivement applaudir, au même théâtre, dans les Mousquetaires au Couvent et dans sa création du capitaine Brétigny dans le Chien du Régiment (décembre 1902), puis il interpréta avec le plus éclatant succès le rôle du Marquis dans les Cloches de Corneville, à la reprise qui en fut faite le 12 février 1903. Henry du Tilloy est fils d'un officier ; passionné pour le théâtre, dès son plus jeune âge, il travailla avec ardeur la musique ; il se perfectionna au Conservatoire de Paris, où il reçut des leçons de chant de l'excellent professeur Ernest Masson ; Grivot lui enseigna la déclamation lyrique et la mise en scène. Ses débuts eurent lieu au théâtre royal de Liège, où il créa, avec un charme infini, le Portrait de Manon, de Massenet ; engagé ensuite au théâtre du Capitole, à Toulouse, il y créa la Cavalleria rusticana ; puis il passa à Montpellier, à Genève, où il fit encore deux créations : celle de Paillasse et celle de la Princesse d'auberge. Mais c'est surtout au théâtre des Arts, à Rouen, que le talent de Henry du Tilloy fut le plus justement apprécié ; la création qu'il y fit dans Messaline marque une étape glorieuse dans sa carrière théâtrale ; de Rouen, le jeune triomphateur passa au théâtre de Bordeaux. Engagé enfin par M. Albert Carré à l’Opéra-Comique, où il est à sa vraie place, Henry Dutilloy a débuté sur notre second théâtre lyrique le 18 octobre 1903 dans le rôle de Jean des Noces de Jeannette où il s'est montré parfait comédien et délicieux chanteur ; son succès a été des plus vifs. (Annuaire des Artistes, 1905)
M. Henry Dutilloy, baryton, élève du regretté Masson, de Grivot et de Mme E. Ambre. Débute au Théâtre de la Galerie-Vivienne, où il chante l'ancien répertoire d'opéra-comique : Boieldieu, Grétry, etc., passe ensuite au Théâtre-Royal d'Anvers, Toulouse, Rouen, Genève, Bordeaux, Opéra de Nice, où il crée Manon de Puccini (première représentation en France). Rentre à Paris au Théâtre des Bouffes-Parisiens, y crée Ordre de l'Empereur qu'il reprend à la Gaîté, l'année suivante ; engagé à l'Opéra-Comique, il y interprète tout le répertoire, puis au Trianon-Lyrique où il crée Zaza, de Leoncavallo. Part pour l'Amérique, chante au Metropolitan Opera House de New York. Rentré en France, fait la création de la Princesse Dollar à la Scala, chante les Cloches de Corneville à l'Apollo, la Veuve joyeuse (Danilo). Était la saison dernière en représentations au Théâtre Municipal de Rio de Janeiro. (Henri Focké, Célébrités de l’art lyrique, 1914)
Henry Dutilloy, le créateur de tant d’œuvres lyriques à l’Opéra-Comique, à la Gaîté, à Trianon, est mort. Il avait soixante-sept ans. Ses obsèques seront célébrées demain mercredi, à 9 heures, en l’église Notre-Dame-de-Lorette. (le Figaro, 06 juillet 1937)
On annonce la mort de l’excellent baryton M. Henry Dutilloy, qui, au cours d’une longue et brillante carrière, parut avec un grand succès sur les scènes des Bouffes-Parisiens (où il créa Ordre de l’Empereur, de Clérice), à la Gaîté-Lyrique, à l’Opéra-Comique (dans Lakmé, les Noces de Jeannette, les Rendez-vous bourgeois, la Reine Fiammette), au Trianon-Lyrique. Chanteur de style et comédien expérimenté, M. Henry Dutilloy effectua aussi de nombreuses tournées. (le Temps, 07 juillet 1937)
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Discographie
Zonophone, Paris, v. 1902 11756 – les Mousquetaires au Couvent (Varney) : Couplets de Brissac « Pour faire un brave mousquetaire » 11757 – le Roi de Lahore (Massenet) : Arioso « Promesse de mon avenir » 11758 –Pauvres fous (Tagliafico) 11759 – la Mascotte (Audran) : Ariette « Je touche au but » 11760 – la Mascotte (Audran) : « Ces envoyés du paradis »
Odéon, Paris, 1907 60497 – les Cloches de Corneville (Planquette) : « C’est la salle de mes ancêtres » avec Chœurs et Orchestre de la Gaîté
Opéra, Paris 9100 – mat. 01438 – les Mousquetaires au Couvent (Varney) : Couplets de Brissac « Pour faire un brave mousquetaire »
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