Claire FRICHÉ

Claire Friché dans la Tosca (Floria Tosca) lors de la première à l'Opéra-Comique en 1903 [photo P. Boyer]
Clara Alexandrine FRICHÉ dite Claire FRICHÉ
soprano belge
(24 rue de Soignies, Bruxelles, Belgique, 02 mars 1875* – Chantilly, Oise, 12 novembre 1968)
Fille de Dominique FRICHÉ (Bruxelles, 29 août 1840* – 1912), poêlier, et de Marie Anne DESMED (Bruxelles, 18 février 1847* – 1926).
Epouse à Paris 9e le 09 juillet 1906* Marie Henri Camille CHASSEVENT (Paris ancien 10e, 13 octobre 1856* – Paris 16e, 12 mai 1909*), ingénieur des arts et manufactures, fils de Gustave Adolphe CHASSEVENT (Paris, 03 février 1818 – Paris 7e, 05 février 1901*), artiste peintre.
Elle débuta à la Monnaie de Bruxelles ; elle y participa aux premières de Bastien et Bastienne (Bastienne) de Mozart le 29 décembre 1900, de Louise (Louise) de Charpentier le 08 février 1901, du Crépuscule des Dieux (Gutrune) de Wagner [version française d’Alfred Ernst] le 24 décembre 1901, de Grisélidis (Grisélidis) de Massenet le 18 mars 1902, d’Ariane et Barbe-Bleue (Ariane) de Dukas le 02 janvier 1909 ; d’Elektra (Elektra) de Strauss [version française de Gauthiers-Villars] le 26 mai 1910, de la Glu (Marie-des-Anges) de Gabriel Dupont le 11 janvier 1911, de Déjanire (Déjanire) de Saint-Saëns le 06 décembre 1911, de la Fille du Far West (Minnie) de Puccini [version française de Maurice Vaucaire] le 17 mars 1913, et y créa Jean Michel (Madeleine) d’Albert Dupuis le 04 janvier 1903, l’Etranger (Vita) de Vincent d’Indy le 07 janvier 1903, et la Farce du Cuvier (Jaquette) de Gabriel Dupont le 21 mars 1912. Engagée à l’Opéra-Comique, elle débuta à la Salle Favart le 09 mai 1902. En 1909, elle chanta au Théâtre Graslin de Nantes en représentations. Le 19 mars 1907, elle créa Théodora (Tamyris) de Xavier Leroux à l’Opéra de Monte-Carlo. Elle fut affichée également sous le nom de Friché-Chassevent.
En 1906, elle habitait 51 rue Laffitte à Paris 9e ; en 1914, 31 rue Saint-Alphonse à Bruxelles. Elle est décédé en 1968 à quatre-vingt-treize ans.
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Sa carrière à l'Opéra-Comique
Elle y débuta le 09 mai 1902 dans Louise (Louise).
Elle y participa à la première le 13 octobre 1903 de la Tosca (Floria Tosca) de Giacomo Puccini [version française de Paul Ferrier].
Elle y créa le 03 mars 1905 l'Enfant roi (Madeleine) d’Alfred Bruneau ; le 26 décembre 1905 les Pêcheurs de Saint-Jean (Marie-Anne) de Charles-Marie Widor ; le 27 mars 1906 Aphrodite (Bacchis) de Camille Erlanger ; le 17 avril 1907 la Légende du point d'Argentan (Rose-Marie) de Félix Fourdrain ; le 06 novembre 1907 le Chemineau (Toinette) de Xavier Leroux.
Elle y chanta Carmen (Carmen, 11 septembre 1903) ; Cavalleria rusticana (Santuzza) ; Don Juan (dona Anna) ; Fidelio (Léonore) ; le Roi d’Ys (Margared, 16 janvier 1904) ; le Vaisseau fantôme (Senta, 28 décembre 1904). |
Sa carrière à l'Opéra de Paris
En représentation, elle y débuta le 04 mai 1916 dans la Fille du Far West (Minnie) [2e acte seul, dans la version française de Maurice Vaucaire]. |

Claire Friché dans Louise (Louise) [photo Tinera, Toulouse]

Léon Beyle (Mario Cavaradossi) et Claire Friché (Floria Tosca) dans la Tosca lors de la première à l'Opéra-Comique en 1903

Claire Friché dans les Pêcheurs de Saint-Jean (Marie-Anne) lors de la création en 1905 [photo P. Berger]

Claire Friché dans Aphrodite (Bacchis) lors de la création en 1906 [photo P. Berger]
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Par sa superbe incarnation de la Tosca, Mlle Claire Friché s'est placée en tête des premières tragédiennes lyriques de 1'Opéra-Comique. Née à Bruxelles, elle y fit d'excellentes études au Conservatoire d'où elle sortit en 1897 avec la plus « haute distinction » ; elle travailla d'abord comme contralto jusqu'au jour ou Mme Moriani lui découvrit une voix superbe de soprano. Elle débuta aux Concerts populaires sous la direction du regretté Joseph Dupont dans la Nuit persane de Saint-Saëns, puis elle chanta la Sulamite de Chabrier. Aux concerts du Conservatoire de Bruxelles, la Passion de Bach fut pour elle un véritable triomphe et l'Or du Rhin de Wagner confirma l'heureuse impression qu’elle avait produite d'abord ; puis elle se fit entendre à Spa, Ostende, Blankenberghe et obtint partout d'élogieuses critiques, prédisant toutes à cette remarquable nature artistique un avenir des plus brillants. Engagée en 1901 au théâtre de la Monnaie à Bruxelles, elle y débuta dans le rôle de Taven de Mireille, puis chanta successivement Frasquita de Carmen, Stephano de Roméo et Juliette, Bastienne de Bastien et Bastienne, Marie de la Fille du Régiment, Gutrune du Crépuscule des Dieux, l'Ombre heureuse d'Orphée, Musette de la Bohème, Marguerite de Faust, Desdémone d’Othello, Elsa de Lohengrin, la Carmencita de Carmen où elle se révéla comme une cantatrice de premier rang ; Gustave Charpentier, l'ayant entendue, la choisit pour créer Louise à Bruxelles ; elle parut ensuite, toujours parfaite et acclamée, dans Grisélidis ; vint ensuite jouer Louise à Paris avec tant de succès, que M. Albert Carré voulut l'engager définitivement ; mais un traité la liait avec les directeurs de la Monnaie... on plaida... et Mlle Friché, perdit son procès : elle retourna à Bruxelles et y créa l'Etranger de Vincent d'Indy, Jean Michel d'Albert Dupuy, et chanta aux côtés de Mme Litvinne dans la série de la Tétralogie. Son traité avec la Monnaie terminé, Mlle Friché signa avec M. Albert Carré un brillant engagement ; elle parut à l’Opéra-Comique en septembre, d'abord dans Carmen, créa la Tosca (13 octobre 1903) et chanta Margared du Roi d’Ys, et Santuzza de Cavalleria Rusticana. Mlle Claire Friché est une brune superbe, sa voix est fraîche, limpide, chaude, veloutée et d'une incomparable étendue ; son jeu est sincère et vibrant ; dans la Tosca elle se cabre, elle piaffe..., c'est une artiste de vrai tempérament ! Après la première représentation de la Tosca, l'éminent directeur de la scène de l'Opéra-Comique lui écrivit la charmante lettre suivante : « Ma chère demoiselle Friché, Je considère comme un devoir le plaisir de vous féliciter de votre succès triomphal qui vous pose et vous consacre dès ce jour comme une des premières artistes lyriques de Paris. Puis, je suis tout particulièrement heureux de vous témoigner ma sincère admiration et de vous remercier de l'intense émotion artistique que j'ai due tantôt à votre talent si dramatique et si musical à la fois. La Tosca comptera dans votre carrière que je vois belle et brillante entre toutes. Vous vous êtes révélée et affirmée. Je vous en exprime respectueusement ma joie en vous priant d'agréer mes meilleurs sentiments. Votre dévoué, A. Vizentini. » On ne peut pas mieux dire.
(Annuaire des Artistes, 1905)
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Claire Friché en 1907


Claire Friché dans le Chemineau (Toinette) lors de la création en 1907 [photo Paul Berger]
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Mlle Claire Friché, née à Bruxelles, fit ses études au conservatoire de cette ville ; elle en sortit en 1901 et fut engagée au Théâtre de la Monnaie, où elle débuta par la création de Louise de Charpentier, puis chanta Carmen, Grisélidis. Mlle Claire Friché vint ensuite à Paris jouer Louise. Sans le traité qui la liait avec les directeurs de Bruxelles, M. Albert Carré l'aurait engagée définitivement. Mais ce ne fut que partie remise, car, après avoir créé à Bruxelles l'Étranger de Vincent d'Indy, cette artiste parut à l'Opéra-Comique dans Carmen (1903). Elle créa la Tosca, le Vaisseau Fantôme (1904), l'Enfant Roi (1905), les Pêcheurs de Saint-Jean (1906), Aphrodite (Bacchis), la Légende du point d'Argentan (1907), le Chemineau (1908). Ce furent ensuite les Opéras de Marseille et de Nice qui successivement la présentèrent au public et où elle créa Théodora et la Glu. Mlle Claire Friché retourna à Bruxelles pour la création d'Ariane et Barbe-Bleue, Salomé, Elektra de Strauss, Déjanire. Elle y chanta également tout le répertoire et vient de faire, toujours à ce théâtre, la saison 1912-1913. A repris, en novembre dernier, le rôle de Toinette dans le Chemineau, à la Gaîté-Lyrique.
(Henri Focké, Célébrités de l’art lyrique, 1914)
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Claire Friché en 1914 [photo Boyer]
