Rosalia LAMBRECHT

Rosalia Lambrecht [photo Henri Manuel]
Marie Rosalie LAMBRECHT dite Rosalia LAMBRECHT
soprano français
(Gouécourt [auj. dans Moncel-sur-Vair], Vosges, 01 novembre 1870* – Paris 16e, 10 novembre 1962*)
Fille de François (Franciscus) LAMBRECHT (Ertvelde, Flandre-Orientale, Belgique, 19 février 1836* – Auboué, Meurthe-et-Moselle, 14 juillet 1882*), terrassier, et d’Anne Marie WALEMS (Longuich, Rhénanie-Palatinat, Allemagne, 16 avril 1839 – Paris 1er, 14 décembre 1916*), mariés à Welferding, Moselle, le 29 juillet 1863*.
Sœur de Marie (Maria Louise Elisabeth) dite Maria LAMBRECHT (Bruyères, Vosges, 22 mai 1869* – 40 rue de la Source, Paris 16e, 24 mars 1952*), artiste lyrique [épouse 1. à Paris 9e le 25 mai 1899* (divorce le 25 avril 1904) Jules Louis FAUCHERRE (Montreux, Suisse, 07 avril 1875 –) ; 2. à Paris 1er le 04 juillet 1911* Charles Ferdinand BESCHE (Rueil [auj. Rueil-Malmaison], Seine-et-Oise [auj. Hauts-de-Seine], 18 novembre 1875 – av. 1952), propriétaire].
Elève de M. et Mme Tisserand. Elle débuta à l’Eden-Théâtre à l’âge de 9 ans, comme danseuse, puis à la Gaîté, comme chanteuse. Elle chanta à l’Opéra-Comique en 1891 dans un rôle parlé de Manon, et aurait dû débuter dans la Fille du régiment (Marie). Mais, engagée aux Menus-Plaisirs, elle y créa le 11 juin 1892 l’opérette Toto (Toto et Tata) d’Antoine Banès, qui mit en relief son joli talent et sa verve endiablée ; le 22 octobre 1892 Bacchanale (Aiglonnette) d’Hervé ; le 03 décembre 1892 Mariage galant d’Edmond Missa et Pietrapertosa ; le 05 mai 1893 Mademoiselle ma femme (Rosette) de Frédéric Toulmouche. Puis elle voyagea à l’étranger : Saint-Pétersbourg, Berlin, Barcelone. Rentrée à Paris, elle reprit, aux Folies-Dramatiques, les 28 jours de Clairette et Cliquette. Elle créa le 27 juin 1894 à la Comédie-Parisienne, l’opéra Dinah (Flora) d’Edmond Missa. Repartie à nouveau à l’étranger, elle revint en France et joua tout le répertoire d’opérettes à Nice, Monte-Carlo, Marseille, Lyon, Bordeaux, Nantes, Tours, etc. Au Grand Théâtre de Bordeaux, elle a chanté Mam’zelle Nitouche (Denise, 01 au 18 septembre 1896), ainsi que la première de Toto (Toto et Tata, 19 et 20 septembre 1896). De retour à Paris, elle créa le 16 avril 1896 le Petit Moujik (Vania) de Georges Haakman et reprit le Petit Duc, aux Bouffes-Parisiens. A Aix-les-Bains, elle créa le 12 septembre 1897 la Gaudriole d’Albert Vizentini. A la Renaissance, elle créa le 17 août 1900 Mariage princier (Estrella) d’Ernest Gillet ; le 29 novembre 1900 Sous le voile (Juanita) d’Alfred Kaiser ; et reprit Mam’zelle Carabin, Une demoiselle en loterie. Elle fut enfin engagée à la Gaîté, où elle débuta le 24 avril 1901 dans la Mascotte, où elle créa le 23 février 1902 le Billet de Joséphine (Lodoïska) d’Alfred Kaiser, que le compositeur lui a dédié, et où elle reprit le Grand Mogol, l’Auberge du Tohu-Bohu. Elle créa encore, le 26 septembre 1911 au Théâtre du Casino d’Enghien-les-Bains la Marquise de Chicago (la Marquise) de Maurice Ordonneau et Edy Toulmouche, que les auteurs lui dont dédié ; le 01 avril 1924 au Théâtre de Belleville la Jolie Sablaise (Mme Grospoix) d’Henri Panella, et le 28 avril 1925 au Nouvel-Ambigu, Nuit d’amour (Marie) de M. Valentinoff.
En 1903, elle habitait 1 rue Rougemont à Paris 9e ; en 1911, 43 rue de Valois à Paris 1er ; en 1914, 5 rue de Beaujolais à Paris 1er, et au château de Coubron, à Coubron près de Montfermeil, Seine-et-Oise [auj. Seine-Saint-Denis]. Elle est décédée, célibataire, en 1962 à quatre-vingt-douze ans, en son domicile, 40 rue de la Source à Paris 16e.
Elle ne semble pas avoir de lien de parenté avec Émile LAMBRECHT, ténor au Théâtre royal de Gand en 1910.
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Sa carrière à l'Opéra-Comique
Elle y débuta le 15 octobre 1891 dans Manon (la Servante ; 100e le 07 novembre 1891), qu’elle joua pour la dernière fois le 08 juin 1892. |

Rosalia Lambrecht [à g. photo Paul Boyer]

Rosalia Lambrecht [à g. photo Desgranges, Aix-les-Bains et Nice]
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Artiste exquise, d’une beauté prenante, d’un entrain irrésistible, originale et piquante, vrai enfant de la « Balle », a débuté à douze ans dans le corps de ballet de l’Eden-Théâtre. Jeanne Granier qui jouait, à cette époque au même théâtre avec Anna Judic, la Fille de Madame Angot, remarqua la joliesse, le charme et surtout l’intelligence répandue sur toute la physionomie, et on pourrait dire sur toute la personne de la jeune ballerine. Elle avait tout : jeunesse, beauté, charme, diction parfaite, et, d’une voix enfantine, chantait déjà très spirituellement. Jeanne Granier, si merveilleusement douce, eut encore le don de deviner la nature si artiste de Lambrecht, elle la présenta à Massenet, qui, lui aussi, fut enthousiasmé et décida qu’elle serait cantatrice. C’est ainsi qu’à dix-sept ans on la retrouve sur la scène de l’Opéra-Comique, où elle joue un rôle dans Manon. Prêtée par Carvalho, elle passe aux Menus-Plaisirs, pour créer le double-rôle de Toto-Tata, et finalement résilie avec son directeur, ayant rencontré sa vraie voie, une voie semée de fleurs et de succès, l’opérette, légère, gracieuse, mutine et parisienne ainsi que cette gracieuse artiste, que le boulevard adopte d’emblée, et fête à l’envie dans ses multiples créations, toutes très brillantes : Toto, Bacchanale, la dernière partition d’Hervé ; Mariage galant, Mademoiselle ma Femme, dans Tararaboum-Revue aux Menus-Plaisirs ; ensuite aux Folies-Dramatiques, avec la reprise des 28 jours de Clairette et de Cliquette. Puis, son talent consacré par la grande ville qui donne la réputation, la gloire, elle s’en va chercher de nouveaux triomphes un peu partout, en province, à l’étranger, tour à tour à Marseille, Nantes, Tours, Saint-Pétersbourg, Monte-Carlo. Entre temps, elle crée, à la Comédie-Parisienne, Dinah, opéra de Missa et Choudens. De retour de Russie, elle crée aux Bouffes, avec le brio que l’on sait, le Petit Moujik et reprend le Petit Duc. A Aix-les-Bains, son succès a pris les proportions d’un véritable triomphe dans la Vie parisienne, la Mascotte, Madame Favart, Mon prince ; elle y a créé la Gaudriole, musique d’Albert Vizentini. En 1900, elle rentre à Paris, au théâtre de la Renaissance, et y crée Mariage princier, Sous le voile, un pur bijou d’Alfred Kaiser, et reprend au même théâtre Mam’zelle Carabin et Une Demoiselle en loterie. Engagée enfin au théâtre de la Gaîté, elle y a débuté le 24 avril 1901 dans une reprise de la Mascotte, suivie du Grand Mogol, remonté spécialement pour elle, devant son succès dans le rôle d’Irma. M. Debruyère a renouvelé l’engagement de la brillante divette et il a eu cent fois raison.
(Annuaire des Artistes, 1902)
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Rosalia Lambrecht

Rosalia Lambrecht
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Mlle Rosalia Lambrecht débuta à l'Opéra-Comique et abandonna bientôt l'opéra-comique pour se vouer exclusivement à l'opérette. Nous la voyons tour à tour à la Gaîté-Lyrique, dans la Mascotte, la Fille du tambour-major, le Billet de Joséphine, qu'elle crée ; puis elle passe aux Bouffes-Parisiens, où elle incarne le Petit duc ; à la Renaissance, pour interpréter Mam’zelle Carabin et créer Sous le voile et Mariage princier. Plus tard, nous la retrouvons aux Folies-Dramatiques, dans les 28 jours de Clairette et Cliquette. Entre temps, elle va à Moscou, Saint-Pétersbourg, Berlin et Barcelone, où elle chante en représentations les rôles de Schneider, Judic et Granier. Mlle Lambrecht entre ensuite au Trianon-Lyrique. Citons, parmi ses dernières créations : la Marquise de Chicago au Casino d'Enghien, — la reprise de la Fille de Madame Angot, à la Gaîté-Lyrique, cette dernière saison, et ses représentations (quatrième année) au Trianon-Lyrique.
(Henri Focké, Célébrités de l’art lyrique, 1914)
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Rosalia Lambrecht en 1914 [photo Maly-Noël]
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Discographie
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Duo des dindons extrait de l'acte I de la Mascotte d'Audran Rosalia Lambrecht (Bettina), Jean Delvoye (Pippo) et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 733, enr. en 1910
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Duo "Sais-tu que ces beaux habits-là" extrait de l'acte II de la Mascotte d'Audran Rosalia Lambrecht (Bettina), Jean Delvoye (Pippo) et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 738, enr. en 1910
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Duetto "Dans ce beau palais" extrait de l'acte II du Grand Mogol d'Audran Rosalia Lambrecht (Irma), Jean Delvoye (Joquelet) et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 735, enr. en 1910
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Duo de l'escarpolette extrait de l'acte II de Véronique de Messager Rosalia Lambrecht (Hélène), Jean Delvoye (Florestan) et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 734, enr. en 1910
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Duo politique extrait de l'acte II de la Fille de Madame Angot de Lecocq Rosalia Lambrecht (Mlle Lange), Ernest Clergue (Ange Pitou) et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 826, réédité sur 80 tours n° 2544, enr. en 1910
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Laissez-moi rire chanson (par. Gaston Habrekorn / mus. Célestin Controne) Rosalia Lambrecht et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 742, enr. en 1910
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Ninon la gaîté chanson (par. Jean Daris / mus. Gaston Maquis) Rosalia Lambrecht et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 745, réédité sur 80 tours n° 3120, enr. en 1910
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