Léon MELCHISSÉDEC

 

Léon Melchissédec en 1874 [photo Alphonse Liébert]

 

 

Pierre Léon MELCHISSEDEC dit Léon MELCHISSÉDEC [prononcez Mèlkissédèk']

 

baryton français

(65 rue Fontgiève, Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme, 07 mai 1843* – Neuilly-sur-Seine, Seine [auj. Hauts-de-Seine], 23 mars 1925*)

 

Fils d’André MELCHISSEDEC (Montpellier, Hérault, 21 décembre 1811* – Chatou, Seine-et-Oise [auj. Yvelines], 08 octobre 1895*), commis de bureau puis commissaire de police [fils de Pierre MELCHISSEDEC (Marsillargues, Hérault, 07 août 1784 – Montpellier, 26 mars 1854*), jardinier], et de Ligière [Légère] NIVAT (Saint-Sauves-d’Auvergne, 17 janvier 1817* – ap. 1895), mariés à Clermont-Ferrand le 05 juillet 1842*.

Neveu de Guillaume MELCHISSEDEC (Montpellier, 31 août 1821 – Montpellier, 11 juillet 1870), et de François Léon MELCHISSEDEC (Montpellier, 23 avril 1825 – Montpellier, 31 décembre 1874) [époux de Louise Amélie CHALAIN (Paris ancien 3e, 24 mars 1825* – av. 1878)], qui furent barytons en province.

Epouse à Paris 2e le 18 janvier 1870* Eva Louisiana HECHT (La Nouvelle-Orléans, Louisiane, États-Unis, 25 décembre 1851 – Croissy-sur-Seine, Seine-et-Oise [auj. Yvelines], 14 mai 1936*).

Parents d’André Frédéric MELCHISSÉDEC dit MELCHISSÉDEC fils (Paris 9e, 22 décembre 1870* – Croissy-sur-Seine, 22 janvier 1947), acteur et directeur de théâtre [épouse 1. à Chatou le 30 mars 1898* (divorce le 09 août 1906) Camille Fernande DUVAL (Chatou, 20 avril 1873* – Paris 15e, 21 janvier 1970*), soprano ; épouse 2. à Chatou le 09 janvier 1919* Julia Marie BAUMANN] ; et d’Anna Louise MELCHISSÉDEC (Paris 10e, 05 janvier 1873* – Curis-au-Mont-d’Or, Rhône, 26 juillet 1954) [épouse à Chatou le 09 juillet 1900* Fernand MARQUET, avocat].

 

 

Elève distingué du Conservatoire, il y obtint en 1865 un 2e accessit de chant et les seconds prix d’opéra et d’opéra-comique. Doué d’une belle voix, il débuta à l’Opéra-Comique en 1865, y créa José-Maria, puis chanta dans le Toréador et le Chalet. Il resta onze ans à ce théâtre, tenant une grande place dans le répertoire, où il montrait de belles qualités de chanteur et de comédien, et y créa divers rôles dans : le Premier jour de bonheur, Fantasio, Robinson Crusoé, l’Amour africain. Il va créer au Théâtre National Lyrique de la Gaîté : Paul et Virginie (de Sainte-Croix) de Victor Massé le 15 novembre 1876 ; Dimitri ; le Timbre d’argent (Spiridion) de Camille Saint-Saëns le 23 février 1877 ; à la salle Ventadour le Capitaine Fracasse (Sigognac) d’Emile Pessard le 02 juillet 1878, puis est engagé à l’Opéra, où il débute, en 1879, dans les Huguenots. Il a fait diverses créations dans Tabarin, le Tribut de Zamora, la Dame de Montsoreau, chanta dans Aïda, Rigoletto, Faust, et quitta ce théâtre en 1891. Le 01 octobre 1894, il devint professeur d’une classe de déclamation lyrique (opéra), créée pour lui au Conservatoire de Paris, et prit sa retraite le 01 octobre 1924. A Monte-Carlo, il créa Ghiselle (Teudebert) de César Franck le 06 avril 1896, Moïna (le Schériff) d’Isidore de Lara le 11 mars 1897, et Messaline (Gallus) de Lara le 21 mars 1899. Le 01 mars 1902, il créa aux Bouffes-Parisiens Ordre de l’Empereur (La Galette) de Justin Clérice. Il fut nommé officier d’académie en 1886, officier de l’instruction publique en 1891, et chevalier de la Légion d’honneur le 29 décembre 1910. On lui doit Pour chanter, ce qu'il faut savoir… ma méthode (1913 ; nouvelle édition revue et adaptée par sa fille Mme Marquet-Melchissédec, 1935) ; le Chant, la déclamation lyrique, le mécanisme et l'émission de la voix (1925).

En 1870, il habitait 24 rue La Bruyère à Paris 9e ; en 1895, 2 avenue Gambetta à Chatou ; en 1914, 8 rue de l’Abreuvoir prolongée [auj. rue Simon-Dereure] à Paris 18e. Il est décédé en 1925, à quatre-vingt-un ans, en son domicile, 16 rue de Chézy à Neuilly-sur-Seine. Il est enterré au cimetière des Landes à Chatou.

 

Pour chanter, ce qu'il faut savoir… ma méthode, par Léon Melchissédec (1913)

 

 

 

Sa carrière à l'Opéra-Comique

 

Il débuta à la 2e salle Favart le 12 août 1865 dans le Toréador (Belflor).

 

Il y créa le 16 juillet 1866 José-Maria (Don Fabio) de Jules Cohen ; le 15 février 1868 le Premier jour de bonheur (de Mailly) d’Esprit Auber ; le 18 janvier 1872 Fantasio (Sparck) de Jacques Offenbach ; le 08 mai 1875 l’Amour africain (Raymond-Zeïn) d’Emile Paladilhe.

 

Il y participa aux premières le 24 février 1872 des Noces de Figaro (Almaviva) de Mozart [version française de Barbier et Carré] ; le 20 janvier 1873 de Roméo et Juliette (Capulet) de Charles Gounod ; le 10 novembre 1874 de Mireille (Ourrias) de Gounod.

 

Il y chanta le Caïd ; Zampa ; Mignon (Lothario, 100e le 18 juillet 1867) ; la Servante maîtresse (Pandolfe, 100e le 09 février 1870) ; le Pré-aux-Clercs (Girot, 1000e le 07 décembre 1871) ; Richard Cœur de Lion (Blondel, 1873) ; les Dragons de Villars (le Pasteur, 100e le 17 mai 1874).

Sa carrière à l'Opéra de Paris

 

Il y débuta le 17 novembre 1879 dans les Huguenots (Comte de Nevers).

 

Il y créa le 01 avril 1881 le Tribut de Zamora (Hadjar) de Charles Gounod ; le 12 janvier 1885 Tabarin (Tabarin) d’Emile Pessard ; le 30 novembre 1885 le Cid (le Roi) de Jules Massenet.

 

Il y participa à la première le 28 novembre 1888 de Roméo et Juliette (Mercutio) de Gounod.

 

Il y chanta la Favorite (Alphonse XI, 1880) ; Guillaume Tell (Guillaume Tell, 1880) ; Aïda (Amonasro, 1880 ; 100e le 18 octobre 1884) ; le Comte Ory (Raimbaud, 1880) ; Faust (Valentin, 1881 ; 500e le 04 novembre 1887) ; le Tribut de Zamora (Ben-Saïd, 1881) ; Françoise de Rimini (Malatesta, 17 juin 1882) ; l’Africaine (Nélusko, 1883) ; Sapho (Alcée, 1884) ; Rigoletto (Rigoletto, 1885) ; Sigurd (Gunther, 1885) ; Patrie ! (Comte de Rysoor, 1887) ; Roméo et Juliette (Capulet, 1888) ; le Mage (le Roi de l'Iran, 1891).

 

 

 

Léon Melchissédec dans Guillaume Tell (Guillaume Tell) à l'Opéra de Paris

 

 

 

Fils d'un commissaire de police, il termina ses études au lycée de Nîmes. La famille des Melchissédec appartenait déjà au théâtre. Ses deux oncles, Léon et Guillaume, chantaient avec succès comme barytons, l'un à Lyon, l'autre à Nancy. La femme du premier, Amélie-Louise Chalain, morte depuis, tenait l'emploi de Rose Chéri au Théâtre-Français, à Rouen. Placé dans une maison de commerce, le jeune Melchissédec, entraîné par son penchant pour la musique, entra, en qualité de second violon, au théâtre de Saint-Etienne. Venu à Paris en 1863, il étudia au Conservatoire le solfège et le chant sous la direction d’Alkan et de Laget. Admis au pensionnat, il remporta, dans les classes de Mocker et de Levasseur, les deux seconds prix d'opéra-comique et d'opéra. Il débuta, le 16 juillet 1866, à la salle Favart, y créa le rôle un peu effacé de don Fabio dans José-Maria, de Jules Cohen, et conquit bientôt la faveur du public par la beauté exceptionnelle de son organe. En 1876, il entra à l'Odéon, puis au Théâtre-National-Lyrique, où il reprit, après Lassalle, Lusace de Dimitri. Il créa, le 13 novembre 1876, Sainte-Croix de Paul et Virginie, et, le 23 février 1877, Spiridion du Timbre d'argent. Il a chanté en dernier lieu, au concert Lamoureux, Méphistophélès de la Damnation de Faust, de Berlioz.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 1er supplément, 1878)

 

De 1866 à 1877 il joua tout le répertoire de l'Opéra-Comique, tenant l'emploi des ténors dans Zampa et Richard Cœur de Lion, celui des barytons dans le Maître de chapelle, les Dragons de Villars, Mireille ; celui des basses dans le Chalet, Haydée, Galatée, la Fille du régiment, Roméo et Juliette, les Noces de Figaro, la Servante maîtresse, le Caïd, le Pré-aux-Clercs, le Domino noir. Ses créations dans le Premier Jour de bonheur, avec Capoul et Marie Roze, dans Robinson Crusoë, d'Offenbach, dans l'Amour africain, de M. Paladilhe, furent très remarquées. Après un court passage au Théâtre-Lyrique, sous la direction Vizentini, il entra au Théâtre-Italien où il créa le rôle de Sigognac dans le Capitaine Fracasse. Il fut engagé à l'Opéra en novembre 1879 par la direction Vaucorbeil, où il débuta dans le rôle de Nevers, des

Huguenots, puis joua successivement Alphonse, de la Favorite ; Nelusko, de l'Africaine ; Guillaume Tell, de l'opéra de Rossini ; Raimbaud, du Comte Ory ; Valentin, de Faust ; créa le rôle d'Hadjar, dans le Tribut de Zamora, de Gounod, où il interpréta aussi celui de Ben-Saïd ; il tenait le rôle d'Amonasro à la quatrième représentation d'Aïda, conduite par le maestro Verdi en personne. Il parut ensuite dans Francesca de Rimini (Malatesta), puis dans Tabarin, dans Rigoletto, reprit le rôle de Rysoor dans Patrie !, et créa celui de Henri III dans la Dame de Montsoreau, de M. Salvayre (21 janvier 1888). M. Melchissédec a été nommé professeur de déclamation lyrique au Conservatoire municipal (école Montaudon) et officier d'académie.

(Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, 2e supplément, 1888)

 

 

 

         

 

[à g.] de g. à dr. : Léon Melchissédec (Hadjar), Joséphine Daram (Xaïma) et Henri Sellier (Manoël Diaz) dans l'acte II lors de la création du Tribut de Zamora en 1881 - [à dr.] Léon Melchissédec (Hadjar) lors de la création du Tribut de Zamora en 1881 [photo Benque]

 

 

 

Après avoir étudié le violon il aborda le chant, vint à Paris et entra au Conservatoire, où il fut l'élève de Laget, de Levasseur et de Mocker. Dès 1862, il chantait à Saint-Etienne au profit des mineurs sinistrés, et obtenait un vif succès.

En 1865, il obtenait un accessit de chant, un deuxième prix d'opéra et un deuxième prix d'opéra-comique. Il fut engagé immédiatement au théâtre de l'Opéra-Comique et, tout de suite, sa sympathique voix de baryton lui valut les plus grands succès.

Il y créa le 10 juillet 1866 José-Maria (de Jules Cohen). Il tint d'abord l'emploi de basse chantante, incarnant Backir dans Lalla-Roukh, Lothario dans Mignon, et des personnages moins importants dans le Chalet, la Servante maîtresse, Haydée, la Fille du régiment, le Pré-aux-Clercs, le Domino noir.

Ensuite, il interpréta des rôles de baryton dans les Dragons de Villars, le Maître de chapelle, le Rendez-vous bourgeois, Mireille, Roméo et Juliette ; on le vit même tenir des emplois de ténor : dans Zampa et Richard Coeur de Lion. Il brilla également dans deux créations : le Premier Jour de bonheur et l'Amour africain.

Au cours de la guerre de 1870, il fit volontai­rement du service, fut incorporé dans la 1re compagnie du 7e bataillon de la garde nationale. Il fit déjà, en quelque sorte, du théâtre aux armées, allant, en chantant des chansons patriotiques : le Rhin allemand, Serrons les rangs, dans tous les arrondissements de Paris, enflammant l'ardeur belliqueuse de la capitale.

Aussitôt la guerre terminée, il revint à l'Opéra-Comique ; il y créa le Fantasio d'Offenbach. Bientôt (en 1877), il passait à la Gaîté-Lyrique ; il y parut dans Dimitri, de Joncières, et joua, à côté de Capoul, Paul et Virginie et le Timbre d'argent.

Après un court passage à la salle Ventadour, où il jouait dans le Capitaine Fracasse (1878), il fut engagé à l'Opéra ; il y débuta avec éclat, dans les Huguenots, où il tenait le rôle du Duc de Nevers.

Au cours des quinze années qu'il resta à l’Académie nationale de musique, il créa presque tous les rôles du répertoire : Guillaume Tell, la Favorite, Faust, Aïda, Rigoletto, Patrie ! où il campa magnifiquement la silhouette de Rysoor, et obtint un très grand succès. Parmi ses meilleures créa­tions figurent Tabarin, et le Tribut de Zamora.

Jeune encore (il avait à peine quarante-huit ans), il abandonna (1891) la première scène française pour des tournées théâtrales dans les grandes villes de province. Il se fixa momentanément à Monte-Carlo et, au théâtre de cette ville joua Amy Robsart, Moïna, Messaline, et créa la Damnation de Faust, mise pour la première fois à la scène par le directeur du théâtre de Monte-Carlo.

Mais l’enseignement l’avait toujours attiré. A partir de 1894, il s'y donna presque entièrement. Il fut nommé professeur de déclamation lyrique au Conservatoire, et occupa ce poste pendant près de trente ans. Il le fit avec maîtrise et succès. Les résultats de son enseignement se jugent aux noms de ses élèves dont quelques-uns ont figuré, et figurent encore, parmi les grandes vedettes de l’art lyrique : parmi ses élèves masculins, il faut citer Azéma, Bourbon, Gresse, Laffitte, Jean Perier ; parmi les femmes, Mmes Emma Calvé, Mancini, Marignan, Marthe Chenal. Il a eu ainsi la gloire d’être l'éducateur de deux générations de grands artistes lyriques.

Son enseignement ne reposait pas seulement sur la connaissance parfaite du « métier », mais sur une solide base scientifique qu'il trouvait dans l'étude anatomique et physiologique du mécanisme de la voix, et dans celle de l’acoustique.

Sur ces divers sujets, qui le passionnaient, il fit à Paris, à Nantes, à Liège, à Namur, à Gand, de multiples conférences. Il fit également plusieurs communications à l'Académie des sciences. De ces travaux sortirent un grand nombre d’ouvrages. Ce qu'il faut savoir pour chanter, Ma méthode, Méthode de voix, Petite Encyclopédie de la Voix, du Chant et du Théâtre, le Chant, la Déclamation lyrique, le Mécanisme et l'Emission de la voix, le Bréviaire du Chanteur, sont les principaux de ces ouvrages. Quelques-uns, en particulier Ce qu'il faut savoir pour chanter, eurent un grand succès.

Tout en prodiguant oralement et par écrit son enseignement, Melchissédec reparaissait parfois sur la scène. En 1902, il crée même, aux Bouffes-Parisiens, Ordre de l’Empereur, de Ferrier et Clérice. On le vit aussi souvent chanter en province. Après la Guerre, toujours alerte en dépit de ses soixante-quinze ans qu'il portait fort gaillardement, il fit une grande tournée en Alsace ; par la suite, il paraissait encore volontiers dans les concerts.

Il continua fort tard son enseignement. C’est seulement, en effet, à la fin de 1923 que, pressenti à ce sujet depuis quelque temps déjà, il dut se décider à prendre sa retraite. Il en manifesta d'ailleurs un très vif mécontentement. Il avait été fait chevalier de la Légion d'honneur en 1910.

Comme chanteur et comme professeur, Léon Melchissédec a tenu une grande place dans l’art lyrique de la fin du dix-neuvième et du début du vingtième siècle.

(O. Solal, Larousse mensuel illustré, février 1927)

 

 

 

         

 

Léon Melchissédec dans le Cid (le Roi) lors de la création en 1885

 

 

 

Fils d'un commissaire de police de Marseille, il est exact et consciencieux. Neveu des Melchissédec barytonnants du Midi et deuxième prix du Conservatoire, il a une belle et bonne voix qu'il ménage trop volontiers. Mais il lui reste à apprendre dans l’art du comédien.

Le chanteur a conquis la sympathie de son public dans le Maître de chapelle, les Noces de Jeannette et le Pré-aux-Clercs. Il se tire à merveille du morceau classique : Les rendez-vous de noble compagnie…

Sait-il que ce joli duo, créé jadis par Fargueil père et « la petite Massy », ne fut composé qu'à l'avant-dernière répétition de l’œuvre d’Herold et appris en moins de deux jours ?

M. Melchissédec a pris femme : il a épousé Mlle Michaëlis, fille de l’agent international qui achète nos pièces et les revend en Amérique.

Il fut sergent-fourrier pendant le siège et chanta Amour sacré de la patrie avec une énergie inépuisable.

(le Théâtre de l’Opéra-Comique, Jules Prével, le Figaro, 17 janvier 1875)

 

 

 

 

 

Né à Clermont-Ferrand, où son père était magistrat, Melchissédec entra au Conservatoire dans la classe de MM. Laget, Mocker et Levasseur, et obtint, en 1865, deux seconds prix et un second accessit. Il créa, le 16 juillet 1866, à l'Opéra-Comique, José-Maria, de Cohen, joua ensuite Lalla-Roukh et Mignon, et pendant les neuf années qu'il passa à la salle Favart, tint successivement les ténors, les barytons et les basses dans nombre de pièces du répertoire.

Il entra, après la guerre, au Théâtre-Lyrique, où il reprit Dimitri et créa le Timbre d'argent, de Saint-Saëns et Paul et Virginie, de Massé ; puis alla jouer à Naples, au théâtre de San-Carlo, et fut enfin engagé à l'Opéra, où il débuta heureusement, le 16 novembre 1879, dans Nevers des Huguenots. Il chanta, sur cette scène, la Favorite et Aïda, créa le Tribut de Zamora et reprit Guillaume Tell et le Comte Ory. Il doit prochainement chanter le rôle de Figaro du Barbier de Séville.

(Journal spécial du Théâtre de l’Opéra, 28 décembre 1881)

 

 

 

 

Léon Melchissédec [photo Bingham]

 

 

 

Né à Clermont-Ferrand ; il fit ses études au lycée de Nîmes où son père était magistrat. Entré au Conservatoire en 1863, il a remporté toutes les récompenses et, en 1865, il débutait brillamment à l'Opéra-Comique ; il a chanté, à ce théâtre, successivement les ténors et les barytons et, pendant dix ans, il n'a compté que des succès dans les rôles du répertoire aussi bien que dans diverses créations. Au Théâtre Lyrique d'A. Vizentini, il a créé Paul et Virginie et le Timbre d'argent. En 1879, il a débuté, à l'Opéra, dans Nevers, et dès le premier soir il conquit une situation qu'il a su maintenir des plus honorables ; Guillaume Tell, l'Africaine, la Favorite, le Comte Ory, le Tribut de Zamora, Aïda, sa création de Tabarin, de Pessard, Roméo et Juliette ont montré les ressources de son talent de comédien expérimenté et chanteur éprouvé. M. Melchissédec enseigne aux jeunes artistes un art où il est passé maître, et sa méthode fait d'excellents élèves. Cet artiste a reçu les palmes d'officier d'Académie et l'ordre du Christ du Portugal.

(Annuaire des Artistes, 1893)

 

Professeur de déclamation lyrique au Conservatoire.

Est une des plus sympathiques physionomies artistiques de Paris. Depuis près de quarante ans sur la brèche, il n’a, pendant toute sa vie, poursuivi qu’un idéal : l’art du chant, du théâtre et de la musique. Sa carrière théâtrale est admirable : partout, soit à l’Opéra-Comique, au Théâtre national lyrique, à l’Opéra, il marqua d’une griffe bien personnelle et les rôles du répertoire et ceux de ses créations.

Professeur au Conservatoire, il enseigne ce qu’il a si merveilleusement pratiqué et ce qu’il sait si bien. Sa classe est renommée autant pour les qualités des sujets qui en sortent que pour la façon d’enseigner du sympathique maître.

Il est né à Clermont-Ferrand en 1843. Léon Melchissédec fit toutes ses études au Conservatoire de Paris. Ses débuts eurent lieu à l’Opéra-Comique où, de 1866 à 1877, il joua tout le répertoire, tenant l’emploi des ténors dans Zampa et Richard ; celui des barytons dans les Dragons et Mireille ; celui des basses dans le Chalet, la Fille du régiment, Roméo, le Pré-aux-Clercs, etc.

Il créait au même théâtre : le Premier jour de bonheur, Robinson Crusoé, l’Amour africain, etc.

Engagé en 1877 au Théâtre Lyrique Vizentini, il créa d’une façon inoubliable Sainte-Croix, de Paul et Virginie. En 1878, il crée au Théâtre-Italien, exploité en théâtre lyrique, Sigognac, du Capitaine Fracasse.

En 1879, il chante au Concert Lamoureux la Damnation de Faust, et après le grand succès qu’il obtint, il est engagé à l’Opéra, où il débute dans Nevers, des Huguenots, puis chante successivement la Favorite, l’Africaine, Guillaume Tell, le Comte Ory, Aïda, Rigoletto, Patrie !, Faust, crée le Tribut de Zamora.

Léon Melchissédec est le doyen des artistes lyriques en exercice (35 années de service).

(Annuaire des Artistes, 1902)

 

 

 

 

 

Léon Melchissédec [photo Emile Tourtin]

 

 

 

Second violon au théâtre de Saint-Étienne. Etudes au Conservatoire (prof. Alkan, Puget, Mocker, Levasseur). — Débuts à l'Opéra-Comique, crée José-Maria (16 juillet 1866) ; reste à ce théâtre jusqu'en 1877 : y chante Zampa, Richard Cœur de lion, le Caïd, les Noces de Figaro, le Pré-aux-Clercs, Mignon, etc., y crée Mireille, Roméo et Juliette, le Premier jour de Bonheur, Fantasio, etc. Passe au Théâtre-Lyrique 1877-1878 (Vizentini), 1878-1879 (Escudier) ; chante Dimitri, crée le Timbre d’argent, le Capitaine Fracasse. Engagé à l'Opéra ; débuts dans les Huguenots (Nevers) le 17 novembre 1879 ; chante Guillaume Tell, l'Africaine, la Favorite, Rigoletto, Faust, etc. ; crée le Tribut de Zamora, Tabarin, etc. Quitte l'Opéra en 1891. Nommé professeur de déclamation lyrique, au Conservatoire (1894).

Officier de l’Instruction publique. Chevalier du Christ de Portugal. Chevalier du Venezuela.

(Jules Martin, Nos Artistes, 1895)

 

 

 

 

Léon Melchissédec en 1909 par Georges Villa

 

 

 

Lorsque je me présente chez lui, en dépit de l'heure matinale, le Maître, déjà debout, écrit devant son bureau sur lequel s'amoncellent d'innombrables feuillets.

Ne va-t-il pas faire paraître prochainement son livre, si impatiemment attendu, sur « La Voix, Le Chant et la Déclamation » ? n'a-t-il pas à préparer la conférence qu'il fera dans peu de jours à l'Exposition de Liège sur « L’art du chant » dont il est un des plus éminents représentants ?...

Aussi, ne voulant pas abuser de ses instants précieux, écourtant le plus possible mes réponses à ses aimables questions sur les miens et sur moi-même, j'arrive vite au but de ma visite :

— Maître, je suis, aujourd'hui, envoyé vers vous par Phono-Gazette, dont vous avez certainement entendu parler (Qui ne connaît pas Phono-Gazette !... )

La direction de notre Revue m'a chargé de faire une série de biographies et je serais heureux que l'une des premières fut la vôtre. N'êtes-vous pas un des artistes ayant le plus enregistré pour le phonographe ?

Il n'est aucun de nos lecteurs, j'en suis persuadé, qui ne possède quelques-uns des nombreux cylindres reproduisant votre puissante et belle voix ; et j'ai pensé, en conséquence, que tous seront heureux de pénétrer un peu plus avant, dans la vie de celui dont ils ont pu, déjà, apprécier le talent et la grande science...

...Alors, m'invitant à m'asseoir en face de lui, et consentant à interrompre, pour quelques temps, ses travaux, M. Melchissédec me conta sa carrière d'artiste, et je vais essayer de retracer, ici, trop brièvement à mon gré, son intéressant récit :

Il est né à Clermont-Ferrand, en pleine Auvergne, le 7 mai 1843 et, jusqu'à l'âge de sept ans, ne manifesta d'autres goûts artistiques qu'un amour immodéré du tambour, instrument sur lequel il excellait... au grand désespoir des voisins de ses parents !...

De 1850 à 1861, il habite Nîmes où son père est magistrat. Il fait, dans cette ville, son éducation littéraire au lycée, et commence des études de violon.

En 1862, il joue, en amateur, les seconds-violons au Théâtre de Saint-Etienne, et, encouragé par la belle carrière artistique de ses oncles, applaudis sur les scènes de Bordeaux, Nîmes, Lyon, Montpellier, etc., il se prépare au Conservatoire où il est reçu en 1853 dans la classe de chant de Luguet.

Un an plus tard il est admis dans les classes d'opéra et d'opéra-comique où il suit les cours de Levasseur et de Mocker, les célèbres créateurs des Huguenots, de la Juive, du Toréador, etc.

En 1865, le jury lui décerne deux seconds prix et un accessit. Il est engagé, peu après à l'Opéra-Comique où commencent ses innombrables succès.

Il chante successivement José-Maria, Lalla-Roukh et reprend avec éclat le rôle de Lothario dans Mignon.

Survient la guerre ; fervent patriote, il chante à l'Opéra-Comique le Rhin Allemand, Serrons nos rangs, de Léo Delibes, « avec une fougue, une chaleur, disent les journaux de l'époque, qui eussent fait partir les spectateurs pour le Rhin, s'il se fut trouvé un train sous-pression, à la porte de l'Opéra-Comique » (sic).

Il est incorporé, pendant le siège à la 1re Compagnie du 7e dragon ; il chante sans se lasser dans toutes les œuvres charitables pour lesquelles son précieux concours est sollicité et n'en continue pas moins sa vie militaire aux remparts...

Pendant la Commune, il demeure à Paris et chante à l'Opéra pour les blessés de la guerre civile... Ne sont-ils pas français ?... Mais pour cette collaboration humanitaire et fraternelle, il faillit être poursuivi !...

A la réouverture de l'Opéra-Comique, il y reprend un des premiers sa place, y jouant successivement les ténors, les barytons, les basses !...

Il crée le Dernier Jour de Bonheur, d'Auber et reprend quantité de rôles de ses différents répertoires...

En 1878, il chante au Théâtre Lyrique de « la Gaîté », crée Paul et Virginie, la Timbale d'Argent, etc...

Il prend enfin sa place, un an plus tard, à l’Opéra où il demeure jusqu'en 1892.

Pendant cette longue période, il interprète toutes les œuvres du répertoire : les Huguenots, Guillaume Tell, la Favorite, Faust, Rigoletto, etc., crée Tabarin, le Tribut de Zamora, le Cid, etc...

Il chante, en province dans de nombreux concerts à Nîmes, Montpellier, Saint-Etienne, Valenciennes, Caen, Béziers, Troyes, etc...

Crée à Monte-Carlo, Amy Robsart, Moïna et Messaline, les trois œuvres magistrales d’Isidore de Lara et reprend, dans cette ville, les plus importants ouvrages du répertoire...

Il est, depuis vingt ans, membre du Comité des artistes dramatiques, a créé plusieurs Sociétés philanthropiques à Saint-Etienne, au Mont-Dore, etc., fut fait en 1891, Officier de l'Instruction publique et est Commandeur de plusieurs ordres étrangers...

J'ajoute, enfin, qu'il est professeur d'Opéra au Conservatoire depuis 1895 et que tous les élèves sortis de sa classe lui font le plus grand honneur par leur brillante réussite...

Sa philanthropie bien connue et son incontestable autorité, lui ont fait une des premières places dans le monde artistique où il est unanimement aimé et apprécié.

...Je m'en voudrais, de ne point ajouter à tous ses titres celui de professeur à l’œuvre de La Chanson Française dont le louable but est de faire aimer le chant par les ouvrières parisiennes et de les distraire, le soir, de leurs longues heures de labeur, en leur apprenant des chansons !...

.   .   .   .   .   .   .   .   .   .

Le temps avait passé vite, et, déjà, des élèves attendaient leur Maître, avides de son précieux enseignement...

Je pris congé, après avoir remercié M. Melchissédec de sa grande amabilité, et, lorsque, dans l’escalier, j'entendis, tout à coup, arriver jusqu'à moi sa voix sonore et puissante, je ne pus m'empêcher d'éprouver un regret, en songeant que, depuis plus de douze ans, cet éminent artiste avait quitté notre première scène Française, où il eût pu conserver brillamment sa place pendant bien longtemps encore !...

(René de Bigorre, Phono-Gazette, 15 juillet 1905)

 

 

 

 

Léon Melchissédec en 1910 [photo H. Manuel]

 

 

 

Son enthousiasme est communicatif ; animé d'une ardeur inlassable, il se prodigue de l'organe et du geste, tonne et barytonne, indique les douceurs et les finesses d'interprétation d'une voix terrible.

Ses élèves, devenus philosophes, font la part du feu ... sacré et demeurent impavides sous l'orage. Quant à l'Erard sur lequel tombent, au petit bonheur, des coups de canne violents, en guise de temps, très frappé de tels arguments, il en garde les traces et reste convaincu que le maître dépasse un peu la mesure.

Quand vient l'hiver, Melchi se vêt d'une pelisse confortable et se toque de loutre, ce qui lui donne un petit genre « saison russe » non dénué d'agrément.

Mais les éléments ne calment pas sa fougue juvénile ; il va droit son chemin, dit tout haut ce qu'il pense, pense ce qu'il veut, brave les autorités, traite le répertoire en pays conquis, émerveille ses disciples qui lui donnèrent naguère encore un témoignage écrit de leur admiration et de leur dévouement.

(les Concours au Conservatoire, Comœdia illustré, 01 juillet 1909)

 

 

 

 

 

Léon Melchissédec en 1914 [photo Biofix]

 

 

 

2e violon amateur au Théâtre de Saint-Étienne. En décembre 1862, chante pour la première fois en public à Rive-de-Gier (Loire). Entre au Conserva/aire de Paris le 8 octobre 1863, classe de solfège : Alkan ; chant : Laget ; opéra : Levasseur ; opéra-comique : Mocker. En 1865, obtient deux seconds prix et un accessit.

Engagé à l'Opéra-Comique, crée : José-Maria de Jules Cohen, joue Lalla-Roukh, Mignon... Tour à tour ténor dans Zampa, Richard Cœur de Lion, - baryton : les Dragons, le Maître de Chapelle, basse : Haydée, le Caïd, le Chalet ; création : le Premier jour de bonheur et 1.000e du Pré-aux-Clercs. En 1877, au Théâtre Lyrique, débuts : Dimitri ; créations : Paul et Virginie, le Timbre d'argent. 1879, Opéra, début ; les Huguenots, la Traviata, Aïda, Faust, 500e reprise de Guillaume Tell, Rigoletto, etc. ; créations : Tabarin, le Tribut de Zamora ; 1878, Théâtre Italien (Ventadour), création : le Capitaine Fracasse.

Quitte l'Opéra, en 1892, pour faire des tournées de concerts dans les principales villes de France et des représentations à Monte-Carlo, où il crée Méphisto de la Dam­nation de Faust et Messaline.

En 1894, il est nommé professeur au Conservatoire ; 1902, crée au Bouffes-Pari­siens Ordre de l'Empereur. Fait des conférences à Paris, en province et en Belgique. Le 24 avril 1913, on fêta son cinquantenaire artistique au Trocadéro.

A fait paraître, le 1er juin dernier, un livre qui a pour titre : « Pour chanter, ce qu'il faut savoir. »

(Henri Focké, Célébrités de l’art lyrique, 1914)

 

 

 

 

 

Melchissédec est mort. Léon Melchissédec, contemporain et émule de Capoul, est mort ces jours derniers, à l'âge de 82 ans. Né à Clermont-Ferrand en 1843, il avait commencé à chanter en 1862. Elève du Conservatoire, 1er prix d'opéra et 2e prix d'opéra-comique, il débuta à l'Opéra-Comique en juillet 1866 et y fit de mémorables créations. Il passa à l'Opéra en 1878 et fut nommé professeur de déclamation lyrique au Conservatoire en 1894. Il était chevalier de la Légion d'honneur. C'est un grand chanteur et un généreux artiste qui disparaît. A 77 ans, en 1919, il avait encore payé de sa personne au Trocadéro, au profit des médaillés militaires.

(Paris qui chante, 01 avril 1925)

 

 

 

 

 

Léon Melchissédec en 1919 [photo Baldomar]

 

 

 

discographie

 

Berliner, Paris

3069 – cat. 32639 - le Caïd (Thomas) Air du Tambour-Major (7") – enr. en juillet 1899

 

Zonophone, Paris

X-2060 la Marseillaise (Rouget de Lisle) – enr. v. 1902

X-2109 Leçon de chant sur l’air « Sois immobile » de Guillaume Tell (Rossini) avec piano – enr. en septembre 1902

 

Pathé cylindres, Paris

3680 Faust (Gounod) Sérénade – enr. v. 1903

3681 Faust (Gounod) la mort de Valentin – enr. v. 1903

3694 le Caïd (Thomas) Air du Tambour-Major – enr. v. 1903

3698 les Dragons de Villars (Maillart) « Quand le dragon a bien trotté » – enr. v. 1903

3699 les Dragons de Villars (Maillart) Chanson à boire – enr. v. 1903

3705 la Marseillaise (Rouget de Lisle) – enr. v. 1903

 

A.P.G.A., Paris

1624 l’Africaine (Meyerbeer) « Fille des rois » – enr. v. 1907

1625 l’Africaine (Meyerbeer) Ballade – enr. v. 1907

1626 Un Bal masqué (Verdi) « Et c’est toi » (Andante) – enr. v. 1907

1627 Rigoletto (Verdi) « O mes maîtres » – enr. v. 1907

1990 Don Giovanni (Mozart) Sérénade – enr. v. 1908

1991 Roméo et Juliette (Gounod) Air de la Reine Mab – enr. v. 1908

 

 

 

 

 

 

Mort de Valentin

extrait de l'acte IV de Faust de Gounod

Léon Melchissédec (Valentin) et Piano

Pathé cylindre 3681, enr. en 1903

 

 

 

 

buste de Léon Melchissédec par Georges Fayard

 

 

 

 

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