Charlotte MELLOT-JOUBERT

Charlotte Mellot-Joubert en 1914 [photo D'Arsène]
Charlotte MELLOT dite Charlotte MELLOT-JOUBERT
soprano français
(Montereau-Fault-Yonne, Seine-et-Marne, 01 janvier 1877* – Hôpital Saint-Antoine, 184 rue du Faubourg-Saint-Antoine, Paris 12e, 16 décembre 1958*)
Fille d’Auguste François MELLOT (Montereau-Fault-Yonne, 03 octobre 1843* – ap. 1903), secrétaire de mairie puis huissier [fils de Pierre Vulturnien MELLOT (Montereau-Fault-Yonne, 24 mai 1809 – Montereau-Fault-Yonne, 25 mars 1868*), tailleur d’habits], et de Marie CHOTIER (Nuits, Côte-d’Or, 12 septembre 1849 – av. 1903), demoiselle de magasin, mariés à Montereau-Fault-Yonne le 25 mai 1871*.
Epouse 1. à Paris 6e le 07 mars 1903* (divorce le 26 septembre 1917) Étienne François Jules JOBARD devenu le 14 mars 1906 JOUBERT (Nantes, Loire-Inférieure [auj. Loire-Atlantique], 20 janvier 1863 – Fontainebleau, Seine-et-Marne, 22 août 1928), professeur d’agriculture ; parents de Stéphane Pierre JOUBERT (Paris 7e, 30 septembre 1909* – Viriat, Ain, 07 août 1995), chirurgien-dentiste.
Epouse 2. à Paris 16e le 06 janvier 1920* Maurice LE BOUCHER (1882–1964), compositeur.
Elève au Conservatoire de Paris, elle y obtint en 1899 un second prix de chant, et en 1900, les premiers prix de chant (classe de Victor Warot) et d’opéra-comique (classe de Léon Achard), ainsi qu’un second prix d’opéra (classe de Pierre Léon Melchissédec). Elle chanta à l’Opéra-Comique, aux Concerts Colonne, Lamoureux et du Conservatoire. Elle fut également professeur de chant. Son mari, le compositeur Maurice Le Boucher, lui a dédié plusieurs de ses mélodies, et Bourgault-Ducoudray lui a dédié sa mélodie Douloureuse séparation (1910).
En 1903, elle habitait 72 rue de Rennes à Paris 6e ; en 1914, 18 rue du Vieux-Colombier à Paris 6e ; en 1920, 17 rue La Fontaine [auj. rue Jean-de-La-Fontaine] à Paris 16e. Elle est décédée en 1958 à quatre-vingt-un ans, domiciliée 199bis boulevard Saint-Germain à Paris 6e. Elle a été inhumée au columbarium du Père-Lachaise, puis exhumée et remise à la famille le 21 avril 1986.
Elle n’a pas de lien de parenté avec l’actrice Marthe Paula Geneviève MELLOT dite Marthe MELLOT (Cosne-Cours-sur-Loire, Nièvre, 16 février 1870* – Paris 14e, 13 août 1947*), fille de Pierre Paul Fortuné MELLOT (Saint-Gemme-en-Sancerrois, Cher, 1841 – Paris 17e, 04 juillet 1914*), notaire, et de Marie Sophie PINON ; épouse à Paris 8e le 14 février 1901* Louis Alfred NATANSON dit Alfred ATHIS (Varsovie, Pologne, 15 août 1873 – Neuilly-sur-Seine, Seine [auj. Hauts-de-Seine], 12 août 1932*), journaliste.
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Sa carrière à l'Opéra-Comique
Elle y débuta le 22 décembre 1900 dans le Maître de Chapelle (Gertrude).
Elle y chanta Carmen (Frasquita) ; Lakmé (Ellen) ; Louise (Camille) ; Manon (Poussette) ; la Basoche (Marie d'Angleterre) ; la Marseillaise (Marie) ; Mireille (Clémence). |

de g. à dr., en haut : Jules Tordo, Raoul Plamondon, Maurice Le Boucher, en bas : Charlotte Mellot-Joubert, Charles Widor (1907)
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Est née à Montereau-Fault-Yonne. Après de brillantes études et l’obtention de ses brevets, elle entra au Conservatoire national de musique où, après un séjour de trois années, elle se voit décerner, en 1900, le premier prix de chant (classe Warot), celui d'opéra (classe Melchissédec), celui d’opéra-comique (classe Léon Achard). Aussitôt engagée à l'Opéra-Comique, elle y trouve de nouveaux succès.. Elle est immédiatement classée chanteuse de grand style, doublée d’une comédienne ingénieuse. La voix d'un timbre délicieux, belle jusque dans ses éclats les plus osés, exquisément nuancée, charme tous ceux qui ont pu l’applaudir et tous les musiciens dont elle est l’interprète. Excellente musicienne, elle est très recherchée dans les concerts et les salons et se prodigue d’ailleurs avec une bonne grâce charmante. Elle s’est fait entendre un peu partout à Paris et surtout lorsqu’il s’agit de venir en aide aux infortunés (salles Pleyel, Erard, du Journal, Lemoine, Agriculteurs, etc.) ; puis dans les cercles militaires, littéraires, etc. En 1902, prêtée par M. Albert Carré au théâtre des Bouffes-Parisiens pour y créer le rôle de Marcelle de Chateau-Bussières dans Ordre de l'Empereur, le charmant opéra-comique de MM. Paul Ferrier et Justin Clerice, elle y obtint un gros succès ratifié par la Presse qui fut unanime à reconnaître les précieuses qualités de cette excellente artiste. Cette création lui vaut un bel engagement au théâtre du Grand-Cercle d’Aix-les-Bains pour y chanter son rôle de Marcelle de Château-Bussière, Véronique, la Dot de Brigitte, etc., puis quelques mois plus tard au théâtre de Monte-Carlo où elle donne des représentations des P’tites Michu, des Brigands. Entre temps, elle donne à Paris de nombreuses leçons car elle est un professeur très recherché. Cette année, elle vient de faire encore une merveilleuse saison à Aix-les-Bains, où elle interpréta : Philémon et Baucis, les Noces de Jeannette, la Fille du Régiment, les Dragons de Villars, Mireille, le Pré-aux-Clercs, Paillasse qu’elle crée à Aix, Orphée, Zampa, etc. Elle y obtient auprès des habitués de notre belle ville d’eaux les plus légitimes succès et ravit les dilettantes qui la surnomment le « rossignol ». Vraiment artiste, Mlle Mellot est d’une modestie rare et c’est pourquoi nous sommes d’autant plus heureux de rendre justice à son beau talent. (E. Bru, l’Annuaire des Artistes, 1905)
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Silhouettes d’artistes Mme Mellot-Joubert (de l’Opéra-Comique)
« Voilà enfin une étoile ! » Tel fut le cri général, au lendemain des Concours de 1900, au Conservatoire de Paris. Mlle Charlotte Mellot venait d'y triompher trois fois : pour le chant aussi bien que pour l'opéra et pour l'opéra-comique ; elle sortait première d'une épreuve qu'on peut dire glorieuse, alors que la jeune cantatrice avait pour rivale Mlle Suzanne Cesbron suprême espoir en qui nos espérances sont défuntes... Engagée à l'Opéra-Comique, elle y passa ses deux années sans rien faire, n'obtenant ni création, ni même un début quelque peu sensationnel, dans un rôle qui permet à l'artiste de montrer ce qu'il vaut. Presse et Public, tout le inonde l'ignora. Après le temps réglementaire, elle partit. Il avait suffi de ces deux années de silence pour qu'elle fût oubliée de ceux qui l'avaient acclamée — on oublie vite à Paris — et le jour où Charlotte Mellot devint par son mariage, Mme Mellot-Joubert, ce fut le coup de grâce... Mellot-Joubert ?... Inconnue. Un an, deux ans passèrent dans l'oubli profond, complet, l'oubli père du découragement... Un heureux hasard la sauva. En mai 1904, Saint-Saëns lui fit chanter, chez Mme Payen — dans ce salon, si aimé des artistes — le rôle de Vénus, de la partition d'Hélène. Quel que fût le mérite des autres artistes — et il fut grand — Mme Mellot-Joubert les éclipsa et son triomphe fut littéralement foudroyant. Dès lors elle était sauvée, et au cours de ces dernières saisons, on l'entendit chanter aux Concerts du Conservatoire, chez Lamoureux, aux Soirées d'Art, etc., avec un succès qui ne se dément jamais, en même temps que les grandes pages classiques, les lieder de Gabriel Fauré, d'Arthur Coquard, de Stan Golestan, de Février, etc. Très gracieuse de sa personne, Mme Mellot-Joubert est douée d'une voix fraîche, pénétrante, dont le charme semble, tout d'abord, la qualité dominante, mais qui s'élève, quand il faut, à l'émotion profonde, au pathétique. Et maintenant, si l'on vient vous dire que nous manquons de belles voix et de grands talents, vous saurez que répondre.
(le Journal musical, 01 décembre 1906)
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Charlotte Mellot-Joubert [photo H. Manuel]
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Mme Mellot-Joubert est une admirable cantatrice, dont la voix au timbre émouvant, l'art profond, la plastique, concourent à donner une impression inoubliable. Elle vit les morceaux qu'elle chante... (Petite Gironde, 30 janvier 1909)
Mme Mellot-Joubert, en faveur de qui on a épuisé les expressions de louange, est vraiment l'interprète idéale... (Monde Musical, 28 février 1909)
Mme Mellot-Joubert chante adorablement... Sa voix émouvante avantage deux mélodies de A. Caplet. (Guide Musical, mars 1910)
Mme Mellot-Joubert est une des plus parfaites cantatrices de concert que nous ayons aujourd'hui. Elle a chanté délicieusement ces mélodies en artiste éprise des choses qu'elle chante, et résolue à les faire aimer. (Figaro, 23 mars 1910)
La divine Mme Mellot-Joubert ne ménage point ses trésors vocaux à détailler les Chansons de Bilitis. (Monde Musical, février 1909)
Mme Mellot-Joubert a chanté d'une voix magnifique, et avec un intense sentiment dramatique et une pénétrante émotion, l'air de Jules César... Après avoir fortement impressionné l'auditoire, elle l'a tenu sous le charme d'un art d'une extrême séduction avec les mélodies de Schubert, Schumann, Fauré et Strauss ; l'exquise chanteuse dut redire au milieu des bravos « Nuit de Printemps ». (Petite Gironde, janvier 1910)
J'admire la voix et l'interprétation de Mme Mellot-Joubert. C'est en grande et pure artiste qu'elle chanta « l'Amour » et la « Vie d'une femme ». (Courrier Musical, novembre 1910)
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Mme Charlotte Mellot-Joubert, née à Montereau, élève de Mme Montégu-Montibert, admise peu après au Conservatoire, classe Warot, elle obtint, en 1900, le 1er prix de chant, le 1er prix d'opéra-comique, le 2e prix d'opéra. Elle débuta, la même année, à l'Opéra-Comique dans le Maître de Chapelle, passa ensuite aux Bouffes-Parisiens pour chanter l'opérette (1902) et se fil entendre dans le répertoire à Aix-les-Bains, Monte-Carlo, etc., jusqu'en 1904. A partir de cette époque, Mme Mellot-Joubert se consacra exclusivement aux concerts classiques, chantant chez Lamoureux, Colonne, au Conservatoire, à l'Institut, aux Sociétés Bach et Haendel, dans toutes les grandes villes de France, de Belgique, de Suisse, etc., interprétant les œuvres de : Saint-Saëns, Bruneau, Fauré, Pierné, Coquard, Tournemire, Mlle Carissan (dont elle créa (1906) une scène de l'Anglore). Il faut citer, parmi les ouvrages les plus importants de son répertoire, la Missa Solemnis, l'Enfance du Christ, la Passion selon saint Jean, la Cantate pour tous les temps de Bach, la Messe en ré de Beethoven, etc. Mme Mellot-Joubert est professeur de chant.
(Henri Focké, Célébrités de l’art lyrique, 1914)
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Discographie
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