LES ARTISTES DE LA DANSE À L'OPÉRA-COMIQUE

 

 

 

 

Mme Mariquita, maîtresse de ballet à l'Opéra-Comique de 1898 à 1920 [photo Bert]

 

 

 

MAÎTRES DE BALLET
 

 

18791890 : Louise MARQUET (Tours, Indre-et-Loire, 12 mai 1830* – 29 rue Buffault, Paris 9e, 22 décembre 1890*)

 

18901898 : Berthe BERNAY (Joséphine Berthe BERNAY dite) (Paris ancien 7e, 09 février 1856 – Meudon, Seine-et-Oise [auj .Hauts-de-Seine], 30 septembre 1934)

 

18981920 : MARIQUITA (Marie-Thérèse GAMALERY dite) (Alger, Algérie française, 1838 – Paris 9e, 05 octobre 1922*)

 

19201923 : Jeanne CHASLES (Paris 17e, 04 septembre 1869 – Paris 17e, 20 mars 1939)

 

19231925 : Louise STICHEL => biographie

 

19251932 : Louise VIRARD (Paris 3e, 23 juillet 1882 – Paris 18e, 08 octobre 1953)

 

19321933 : Carina ARI (Carina JANSSEN dite) (Stockholm, Suède, 14 avril 1897 – Buenos Aires, Argentine, 24 décembre 1970)

 

19331946 : Constantin TCHERKAS (Saint-Pétersbourg, Russie, 1908 – 1965)

 

19461952 : Jean-Jacques ETCHEVERY (Marie Ernest Jean Jacques de PEYRET-CHAPPUIS dit) (Paris 7e, 17 janvier 1916 – Bordeaux, Gironde, 07 avril 1997)

 

1953 : Constantin TCHERKAS (Saint-Pétersbourg, Russie, 18 mai 1908 – Paris 13e, 07 janvier 1965*)

 

1962–1972 : Michel RAYNE (Vincennes, Seine [auj. Val-de-Marne], 05 novembre 1924 –)

 

 

 

Louise Marquet, maîtresse de ballet

 

 

RÉGISSEURS DE LA DANSE

 

La Régie de la Danse fut assurée par Mmes MERCIER (en poste de 1892 à 1898), Aline dite Georgette RICHAUME [Paris 3e, 19 novembre 1876* –] (19001913), Delphine ANDRÉ (19131934), Simone ROSNE (19341936), Irène COLLIN (à partir de 1936).

 

 

 

CHORÉGRAPHES

 

Les chorégraphies réalisées à l'Opéra-Comique de 1900 à 1950 ont été signées des artistes suivants :

 

Mme ARGENTINA (Antonia MERCÉ Y LUQUE dite la) (Buenos Aires, Argentine, 04 septembre 1890 – Bayonne, 18 juillet 1936)

Mme Carina ARI (Carina JANSSEN dite) (Stockholm, Suède, 14 avril 1897 – Buenos Aires, Argentine, 24 décembre 1970)

M. Marcel BERGÉ (Paris 17e, 26 juillet 1891 – Argenteuil, Val-d'Oise, 13 décembre 1971)

Mme Janine CHARRAT (Grenoble, Isère, 24 juillet 1924 – Rueil-Malmaison, Hauts-de-Seine, 29 août 2017)

Mme Jeanne CHASLES (Paris 17e, 04 septembre 1869 – Paris, 20 mars 1939)

Mme Espanita CORTEZ (Ville-d’Avray, Seine-et-Oise [auj. Hauts-de-Seine], 07 août 1921 – Vernon, Eure, 14 mars 2014)

Mme Lycette DARSONVAL (Alice Andrée Marie PERRON dite) (Coutances, Manche, 12 février 1912 – Saint-Lô, Manche, 01 novembre 1996)

M. Jean-Jacques ETCHEVERY (Marie Ernest Jean Jacques de PEYRET-CHAPPUIS dit) (Paris 7e, 17 janvier 1916 – Bordeaux, Gironde, 07 avril 1997)

M. Nicola GUERRA (Naples, 02 mai 1865 – Cernobbio, Lombardie, Italie, 05 février 1942)

M. Boris KNIASEFF (Saint-Pétersbourg, Russie, 01 juillet 1900 – Paris 13e, 06 octobre 1975)

M. Louis LEBERCHER

M. Serge LIFAR => biographie

Mme MARIEMMA (Guillermina Teodosia MARTINEZ CABREJAS dite) (Iscar, prov. de Valladolid, Espagne, 10 janvier 1917 – Madrid, Espagne, 10 juin 2008)

Mme MARIQUITA (Marie-Thérèse GAMALERY dite) (Alger, Algérie française, 1838 – Paris 9e, 05 octobre 1922*)

M. Léonide MASSINE (Leonid Fedorovitch MYASSIN dit) (Moscou, Russie, 09 août 1896 – Weseke bei Borken, Westphalie, Allemagne, 15 mars 1979)

M. Marius PETIPA (Michel Victor Marius Alphonse PETIPA dit) (Marseille, Bouches-du-Rhône, 11 mars 1818 – Gourzouf, Crimée, 14 juillet 1910)

M. Robert QUINAULT => biographie

Mme Louise STICHEL => biographie

M. Constantin TCHERKAS (Saint-Pétersbourg, Russie, 18 mai 1908 – Paris 13e, 07 janvier 1965*)

M. Vaclav VELTCHEK (Prague, 1897 – Rio de Janeiro, Brésil, 1968)

Mme Louise VIRARD (Paris 3e, 23 juillet 1882 – Paris 18e, 08 octobre 1953)

 

 

 

DANSEUSES (affichées entre 1900 et 1950, sauf précision) (seuls les principaux rôles sont précisés)

 

AEROS Morita (Lucette LOUIS dite) (1923 – Paris 16e, 02 avril 2014). — En représentation, danse l'Amour Sorcier (Lucia).

 

ALEXANDROWICZ Olga. — Crée le 20 février 1948 l'Ame heureuse (Fortunata). Participe à la première le 04 mars 1949 des Heures (le Soir).

 

AMIEL Josette (Vanves, Seine [auj. Hauts-de-Seine], 19 novembre 1930 –). — Crée le 12 janvier 1951 la Chanson du mal-aimé (la Marchande de fleurs). Participe à la première le 04 mars 1949 des Heures (l'Aurore) ; le 07 juillet 1949 du Doux Caboulot (la Marchande de fleurs) ; le 09 octobre 1952 de la Clef des Songes. Voir Opéra.

 

 

 

Josette Amiel en 1956

 

 

ANDRÉ Delphine. — 1re Danseuse travesti, a été également affichée sous le nom de LEFRESNE. A été régisseur de la danse (1913-1934).

 

ANDRÉ Henriette. — Crée la Danseuse de Pompéi (un Papillon) ; le 15 décembre 1927 Evolution (Cake-walk) ; les Indes Galantes ; la Plus Forte ; la Boîte à Joujoux (le Soldat anglais) ; le Festin de l'Araignée (le Papillon) ; la Guivre (Bernerette) ; Sonatina (une fille d'honneur) ; Graziella. Danse également Orphée (l'Ombre heureuse) ; Ariane et Barbe-Bleue (Alladine) ; Gismonda.

 

 

 

Henriette André en 1923 [photo Christidès]

 

 

ANNIE Christine. — Débute le 04 janvier 1940 dans Carmen (la Flamenca). Crée Bal Vénitien (Isabelle) ; Fête de Jadis (la Danseuse) ; Kermesse (la Femme poisson) ; Ma Mère l'Oye (la Belle) ; Malvina (la Taglioni).

 

 

 

Christine Annie en 1943 [photo Lido]

 

 

ANTONIA. — Crée le 22 mai 1872 Djamileh (Danse de l'Almée).

 

ARC Henriette d'. — Participe à la première le 20 janvier 1950 du Beau Danube (la Mère).

 

ARGENTINA (Antonia MERCÉ Y LUQUE dite la) (Buenos Aires, Argentine, 04 septembre 1890 – Bayonne, Basses-Pyrénées [auj. Pyrénées-Atlantiques], 18 juillet 1936). — En représentation danse l'Amour Sorcier (Candela) ; Carmen (la Flamenca) ; Sonatina (la Bergère) ; Triana (Soléa). Donne un grand gala le 26 avril 1935 avec le pianiste Luis Galve. Voir Opéra. => vidéo

 

 

 

la Argentina en 1928 [photo D'Ora]

 

 

ARI Carina (Carina JANSSEN dite) (Stockholm, Suède, 14 avril 1897 – Buenos Aires, Argentine, 24 décembre 1970). — Débute le 10 novembre 1932 dans Carmen (la Flamenca). Crée Scènes Dansées ; Valses de Brahms. Elle fut maître de ballet de 1932 à 1933. Voir Opéra.

 

 

 

Carina Ari en 1932 [photo G.-L. Manuel Frères]

 

 

ASTAR Nina del. — Débute le 12 juillet 1931 dans Carmen (la Flamenca). Crée la Danse pendant le Festin (la Hermosa).

 

BADET Anne Régina dite Régina (Bordeaux, Gironde, 09 octobre 1876 – Bordeaux, 26 octobre 1949). — Débute le 23 décembre 1904 dans Carmen (la Flamenca). Crée Aphrodite (Théano) ; Ariane et Barbe-Bleue (Alladine) ; Athanaïs (Djali) ; Endymion et Phoèbe (Endymion) ; Télémaque ; Miarka ; Myrtil ; Premier Rendez-vous (Lucile) ; la Reine Fiammette ; Snégourotchka. Voir Opéra.

 

 

 

Régina Badet

 

 

BAUDE Michèle. — Danse Isoline en 1958.

 

 

 

Michèle Baude en 1966 [photo From]

 

 

BERGGREN Lucienne Léonie Fernande dite Lucienne (Paris 19e, 10 décembre 1919* – Nice, Alpes-Maritimes, 26 juillet 2002). Epouse à Villefranche-sur-Mer, Alpes-Maritimes, le 06 décembre 1971 Antoine Raymond Joseph BERNARD. — Participe à la première le 20 janvier 1950 du Beau Danube (la jeune fille). Crée Guignol ; Bourrée Fantasque (la Folie) ; Casse-Noisette (Fée des neiges) ; la Belle au Bois Dormant ; la Boutique Fantasque (un Caniche) ; le Cerf (la Source) ; Concerto de Prokofieff (l'Ange de la nuit) ; le Doux Caboulot (Jeanne) ; Impromptu ; Marion ; la Rose Rouge (la Rose). Voir Opéra.

 

 

 

Lucienne Berggren en 1949 [photo de Rosen]

 

 

BESSIS Sonia Rosine dite Sonia (Alger, Algérie française, 19 février 1920 – Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine, 30 juin 2013) Epouse à Paris 16e le 09 novembre 1939* (divorce le 06 novembre 1952) Robert Joseph Jean BALLOFFET. — Débute le 07 juin 1936 dans Carmen (la Flamenca). Crée Banquet (un Vin).

 

BESSY Claude (Claude Jeanne Andrée DURAND dite) (Paris 4e, 21 octobre 1932 –). — Danse le Bel indifférent en 1958. Voir Opéra.

 

 

 

Claude Bessy dans l'Atlantide (Antinéa) à l'Opéra en 1958

 

 

BONI Aïda (Aïda Clémentine SOLBIATI dite) (Milan, Italie, 18 novembre 1880 – 1974). De sa liaison avec Paul FINET (Bruxelles, Belgique, 17 janvier 1870 –), ingénieur, est née Georgette Josèphe Antoinette FINET (Paris 17e, 02 décembre 1900* – Neuilly-sur-Seine, Hauts-de-Seine, 22 janvier 1993). — Crée le 20 avril 1899 le Cygne (la Dryade). Participe à la première le 29 juin 1915 de Deux Pigeons s'aimaient (Fifine). Voir Opéra.

 

 

 

Aïda Boni en 1909

 

 

BRIANZA Carolina Alice dite Carlotta (Milan, Italie, 01 avril 1865 – Clichy, Seine [auj. Hauts-de-Seine], 25 juin 1938). — Débute le 23 septembre 1903 dans Lakmé.

 

BUGNY Olga. — Participe à la première le 12 novembre 1925 de la Boîte à Joujoux (le Capitaine). Crée la Danseuse de Pompéi (un Papillon) ; la Plus forte ; Polyphème (un Faune) ; le Festin de l'Araignée (une Fourmi) ; les Petits Riens.

 

BYZANTI Lydia (en Roumanie, 1917–). — Débute le 10 février 1935 dans Mignon. Crée Bal Vénitien (Colombine) ; Banquet (la Gourmandise) ; Kermesse (un Acrobate) ; Deuxième Rhapsodie ; la Libellule (la Libellule) ; Ma Mère l'Oye (Florine) ; Pavane pour une Infante Défunte ; Suite Provençale ; Rosière du Village (une Mauvaise fille). Voir Opéra.

 

 

 

Lydia Byzanti en 1938 [photo Teddy Piaz]

 

 

CALANCA. — Crée le 25 janvier 1918 Au Beau Jardin de France (Euphrosina).

 

CARRO. — Crée le 04 mai 1910 le Mariage de Télémaque (Minerve).

 

CHARRAT Janine (Grenoble, Isère, 24 juillet 1924 – Rueil-Malmaison, Hauts-de-Seine, 29 août 2017). — Crée le 26 février 1947 Concerto de Prokofiev (l'Ange de la Lumière). Participe à la première le 23 janvier 1947 de la Belle au Bois Dormant. Voir Opéra. => vidéo

 

 

 

Janine Charrat en 1958 [photo Serge Lido]

 

 

CHASLES Jeanne Marguerite dite Jeanne (Paris 17e, 04 septembre 1869 – Paris 17e, 20 mars 1939). — Participe à la première le 06 novembre 1900 d'Une Aventure de la Guimard (la Guimard). Crée Cendrillon ; Cigale (Cigale) ; Caroles de Noël ; le Cygne (un Faune) ; Javotte (Jean) ; les Lucioles (la Libellule) ; Titania (Philido) ; Orphée (l'Ombre heureuse). Elle fut maître de ballet de 1920 à 1923. Voir Opéra.

 

CHAVITA Luz (Luisa LACALLE dite) (Jerez de la Frontera, Espagne, 1880 –). — En représentation, débute le 22 novembre 1901 dans Carmen (la Flamenca).

 

COLLIN Irène. — Participe à la première le 09 juin 1914 du Ballet des Nations. Crée la Boîte à joujoux ; Masques et Bergamasques ; la Danseuse de Pompéi (un Papillon) ; Évolutions (l'Etoile) ; le Festin de l'Araignée (un vers de fruit) ; le Petit Elfe ferme l'œil (le Maire) ; la Plus Forte (la petite Vieille) ; Graziella. Danse Frasquita (Mercédès). Cesse de paraître en scène pour devenir Régisseur de la Danse. Elle fut régisseur de la danse à partir de 1936.

 

COMTE Andrée. — Débute le 01 octobre 1926 dans la Boîte à Joujoux (le Petit Soldat). Crée Évolution (la jeune fille, le demi-caractère) ; la Femme et le Pantin (la Calléga) ; le Sicilien. A dansé la Flamenca.

 

 

 

Andrée Comte en 1927 [photo Provost]

 

 

CONSOLI Josyane. — Danse Isoline en 1958.

 

 

 

Josyane Consoli en 1966 [photo R. Faligant]

 

 

CORTEZ Espanita (Marguerite Anne FLEXER dite) (Ville-d’Avray, Seine-et-Oise [auj. Hauts-de-Seine], 07 août 1921* – Vernon, Eure, 14 mars 2014). Epouse 1. à Paris 16e le 21 novembre 1953 (divorce le 07 janvier 1970) Michel Henry Jacques Maurice OUZILLEAU. Epouse 2. à Civry-la-Forêt le 14 février 1975 François René TOMASINI, homme politique. — En représentation danse l'Amour Sorcier (Candela) ; Carmen (la Flamenca) ; la Vie brève (la Danseuse) et crée le 13 mars 1947 Danses d'Espagne ; le Tricorne (la Meunière) ; Dolorès (Séguedille). Voir Opéra.

 

 

 

Espanita Cortez dans la scène de danse de Carmen en 1958 [photo Lipnitzki]

 

 

DARLING Dithy. — Débute le 10 octobre 1912 dans Orphée (Ombre heureuse). Reprend Kassya et les Petits Riens.

 

DARSONVAL Lycette (Alice Andrée Marie PERRON dite) (Coutances, Manche, 12 février 1912 – Saint-Lô, Manche, 01 novembre 1996). — Participe à la première le 23 janvier 1947 de la Belle au Bois Dormant. Crée Casse-Noisette (Fée Dragée) ; la Précaution inutile (Rosine) ; Roméo et Juliette (Juliette) ; les Sylphides. Voir Opéra.

 

 

 

Lycette Darsonval en 1958

 

 

DAYDÉ Liane Monique dite Liane (Paris 10e, 27 février 1932 – La Garenne-Colombes, Hauts-de-Seine, 21 mars 2022). — Débute le 28 décembre 1948 dans le Ballet du Roy de Manon. Voir Opéra.

 

 

 

Liane Daydé dans le Chevalier et la Damoiselle en 1956 [photo Musica]

 

 

DEHELLY. — Crée le 20 avril 1899 le Cygne (Léda).

 

DELMARÈS Georgette (Georgette Marguerite Léonie DEPLÉBINS dite) (Paris 18e, 15 juillet 1884 – Paris 17e, 09 avril 1956). — Crée le 23 janvier 1917 Elvya (le petit Abbé).

 

DERNY Magda (– ap. 1924). — Crée le 25 janvier 1918 Au Beau Jardin de France (Zéphyus Gloria) ; Lumières et Papillon (le Papillon noir). Voir Opéra.

 

DOURGA-DERNY. — Danseuse hindoue, débute le 13 juillet 1916 dans Lakmé. Danse Mârouf.

 

DUGUÉ Germaine. — Participe à la première le 06 novembre 1900 d'Une Aventure de la Guimard (l'Amoureux). Crée la Danseuse de Pompéi (un Esprit infernal) ; le Devin du Village (le Villageois) ; Télémaque ; Myrtil ; Mârouf ; Polyphème (une Nymphe) ; Cigale (la Pauvresse) ; Lumières et Papillons (la Lumière) ; le Festin de l'Araignée (une Fourmi) ; les Petits Riens. Voir Opéra.

 

DUPONT Madeleine. — Danse Jeux en 1948.

 

 

 

Richard Blareau et Madeleine Dupont au foyer de l'Opéra-Comique en 1955

 

 

DUPRÉ. — Débute le 09 juillet 1916 dans Lakmé.

 

GALLET. — Participe à la première le 12 novembre 1925 de la Boîte à joujoux (Arlequin). Crée les Indes Galantes.

 

GARDEN Lyna. — Entre en 1947.

 

 

 

Lyna Garden en 1956 [photo Musica]

 

 

GARNIER Simone. — Crée le 27 mai 1941 Bal Vénitien (Marietta) ; la Belle au Bois Dormant ; Banquet (un Vin) ; Fête de Jadis (Flore) ; Kermesse (Madame Antinéa) ; Ma Mère l'Oye (Princesse des Pagodes).

 

GOETZ. — Débute dans Manon le 15 août 1917. Crée la Boîte à joujoux (le Marin).

 

GRANADOS Carmen. — En représentation, danse la Vie brève et la Flamenca.

 

 

 

Carmen Granados en 1928 [photo Sobol]

 

 

GUGGIARI. — Crée le 15 décembre 1927 Evolution (le Monsieur) ; la Peau de Chagrin (l'Amour) ; Sonatina (une fille d'honneur).

 

GUIDEZ. — Crée le 27 mai 1941 Bal Vénitien (Silvio).

 

HADRIELLY Rolande. — Crée le 27 mai 1941 Bal Vénitien (Lelio) ; le Cerf (le Lierre) ; Ma Mère l'Oye (la Fée).

 

IBANEZ Iréné. — Participe à la première le 12 mars 1928 de l'Amour Sorcier (Lucia). Crée Triana (Nati).

 

INVERNIZZI Giuseppina dite Joséphine ou Peppa. — Crée le 20 avril 1899 le Cygne (Pierrot). Voir Opéra.

 

INYOKA Nyota (Aïda Etiennette GUIGNARD dite) (Paris 13e, 14 septembre 1896 – Paris 16e, 24 août 1971). — En représentation, danse Lakmé et participe à la première le 25 avril 1932 de la Femme Nue (la Danseuse Leïla).

 

JALADIS Édith. — Crée le 24 avril 1929 la Peau de Chagrin (le Faune) ; le Tricorne (la Femme du Gouverneur).

 

JOSELITO (Carmen Asencio GUERRERO dite la) (Barcelone, Espagne, 06 janvier 1906 – Toulouse, Haute-Garonne, 18 juin 1998). — Participe à la première le 12 mars 1928 de l'Amour Sorcier (une Danseuse). Crée Frasquita (Mercédès). Voir Opéra.

 

JUANINA (Juanina Christiane SCHWARZ dite) (Paris, 29 avril 1914 – Vauxbuin, Aisne, 30 juin 1977). — Fille du danseur et chorégraphe Jean A. SCHWARZ. Soeur de Solange SCHWARZ. Est également affichée sous le nom de Juanina SCHWARZ. Crée le 13 février 1943 Kermesse (une Acrobate) ; Malvina (la Cantinière) ; Tout Ank Amon ; la Libellule (Louisette) ; Deuxième Rhapsodie ; Suite Provençale ; Rosière du Village (une Mauvaise fille). Reprend Djamileh (Danse de l'Almée).

 

 

 

Juanina en 1937 [photo David]

 

 

KERF Christine (Krefeld, Allemagne, 05 juillet 1875 – Royan, Charente-Maritime, 04 mars 1963) Epouse à Paris 9e le 17 juin 1903 Félix VIEUILLE, basse. — Crée le 05 juin 1913 Djali (la Sultane) ; les Petits Riens. Voir Opéra.

 

KERGRIST Geneviève (1916 –). — Crée le 12 décembre 1947 Ballade de la Geôle de Reading (Elle) ; le Beau Danube (la Danseuse) ; le Cerf (la Biche) ; la Chanson du Mal Aimé (le Voyou, la Folie, la Voie lactée, la Passante) ; Jeux (1re jeune fille) ; Khamma (Khamma) ; Paris-Magie (Eve). A dansé les Sylphides, les Heures (le Soleil), Impromptu, Marion. Voir Opéra.

 

 

 

Geneviève Kergrist en 1949 [photo Erlanger]

 

 

KOUSNETZOVA Maria Nikolaïevna dite Maria [Kousnetzoff, Kousnezoff] (Odessa, Russie, 22 juillet 1885 – Clichy, Hauts-de-Seine, 25 avril 1966). — En représentation, crée le 16 septembre 1916 Danses Espagnoles.

 

LAFON Paulette. — Participe à la première le 26 février 1947 de Casse-Noisette (la Fée des fleurs). Crée Guignol ; la Rose Rouge (une jeune fille) ; les Sylphides.

 

LANDIER Suzanne. — Participe à la première le 12 novembre 1925 de la Boîte à joujoux (une Poupée).

 

LARTAUD Madeleine. — Interprète Manon (Rosalinde, 1936).

 

LEBERTRE Ninon. — Participe à la première le 18 mai 1951 du Bal du Pont du Nord (Marion). Crée le Beau Danube (la première main) ; la Boutique Fantasque (la fille cosaque) ; les Heures (la Nuit). Voir Opéra.

 

 

 

Ninon Lebertre en 1961

 

 

LEFRESNE. — Voir ANDRÉ Delphine.

 

LENCLUD Marthe. — Crée le 12 juin 1909 Blanc et Noir (Gilles).

 

LORRAIN Christiane. — Crée le 25 janvier 1918 Au Beau Jardin de France (Thalia). Danse Elvya (le Petit Abbé).

 

LUPARIA Gina (Thérèse Louise BERTICI dite) (Turin, Italie, 07 avril 1885 –). — Epouse à Beausoleil, Alpes-Maritimes, le 23 avril 1908 Maurice Henri Antoine CASTARÈDE dit Maurice LAMY (Lyon, Rhône, 09 septembre 1863 –), acteur. Participe à la première le 05 décembre 1922 du Festin de l'Araignée (une Mante religieuse). Crée la Danseuse de Pompéi (une Furie) ; les Indes Galantes ; Nausicaa ; Miarka ; Mârouf ; la Plus Forte ; Polyphème (Diane Chasseresse) ; Graziella ; Cigale (une Cigale).

 

MAGLIANI Emma (Emanuela MAGLIANO dite) (Turin, Italie, vers 1875 – ap. 1930). — Débute le 17 janvier 1918 dans Mârouf.

 

MALAGUENITAS Mlles. — En représentation, participent à la première le 06 janvier 1914 de la Vie brève.

 

MARIEMMA (Guillermina Teodosia MARTINEZ CABREJAS dite) (Iscar, prov. de Valladolid, Espagne, 10 janvier 1917 – Madrid, Espagne, 10 juin 2008). — En représentation, débute le 22 janvier 1947 dans Carmen (la Flamenca). Danse l'Amour sorcier (Candela).

 

MARY. — Crée le 04 février 1904 Cigale (le petit Ami). Participe à la première le 10 mai 1904 du Jongleur de Notre-Dame (la Vierge).

 

MAUGENDRE Martine Marie Françoise Dominique dite Martine (Orée-d'Anjou, Maine-et-Loire, 24 novembre 1940 – Paris 8e, 14 juillet 1984). — Danse Casse-noisette en 1966.

 

 

 

Martine Maugendre en 1967

 

 

MÉRODE Cléo de (Cléopâtre Diane de MERODE dite) (Paris 5e, 27 septembre 1875 – Paris 8e, 17 octobre 1966). — Crée le 25 janvier 1918 Au Beau Jardin de France (Primavera) ; la Danseuse de Pompéi (Flore) ; Blanc et Noir (Pierrette) ; Endymion et Phoebé (Phoebé). Voir Opéra.

 

 

 

Cléo de Mérode

 

 

MÉROUZE Germaine. — Joue Lorenzaccio (la Sœur de Maffio). Appartenait en 1951 au corps de ballet.

 

MEUNIER Christiane. — Interprète Tarass Boulba (Dolorès) (entre 1933 et 1950).

 

MINTY Mado (Madeleine BARBE-MINTIÈRE dite) (Paris 17e, 29 décembre 1884 – Paris 16e, 03 mars 1987). — En représentation, participe à la première le 05 décembre 1922 du Festin de l'Araignée (l'Araignée).

 

 

 

Mado Minty dans le Festin de l'araignée (l'Araignée) à l'Opéra-Comique en 1922

 

 

MISTINGUETT. — => biographie

 

MORIN Paule. Epouse de Serge REYNALD, danseur. — Crée le 20 novembre 1952 Aubade. Voir Opéra.

 

 

 

Paule Morin en 1956 [photo Musica]

 

 

MOTTE Renée Claire Éliane dite Claire (Belfort, Territoire de Belfort, 21 décembre 1937 – Paris 18e, 16 juillet 1986*) (enterrée au cimetière des Batignolles) Epouse de Pierre Marie BOIS. — Danse la Valse en 1970. Voir Opéra.

 

 

 

Claire Motte en 1970 [photo Satar]

 

 

NAPIERKOWSKA Stacia (Renée Claire Angèle Elisabeth NAPIERKOWSKI dite) (Paris, 16 septembre 1891 – Paris, 11 mai 1945). — Crée le 12 juin 1909 Blanc et Noir (la Chatte) ; Télémaque ; Myrtil ; la Reine Fiammette ; Snégourotchka ; les Lucioles (Pierrot Noir).

 

 

 

Stacia Napierkowska

 

 

NEGRI Teresina. — => biographie

 

OHANN Régine. — Crée le 12 janvier 1951 la Chanson du Mal Aimé (la Chanteuse) ; le Doux Caboulot (la Servante) ; les Heures (le Jour) ; Aubade.

 

PAÏVA Mona (1892 – 1969). — Crée le 28 juin 1921 Au Bois sacré (un Lutin) ; le Hulla ; les Indes Galantes ; les Noces Corinthiennes ; la Boîte à joujoux (la Poupée) ; Dame Libellule (le Papillon) ; Évolution ; le Festin de l'Araignée (l'Ephémère) ; la Guivre (la Guivre) ; le Petit Elfe ferme l'œil (le petit Elfe). A dansé Aphrodite (Théano) ; Orphée (l'Ombre heureuse) ; Ariane et Barbe-Bleue (Alladine) ; Carmen (Flamenca).

 

 

 

Mona Païva en 1927 [photo Sobol]

 

 

PARMAIN Martine. — Danse Danses brèves en 1966. Voir Opéra.

 

 

 

Martine Parmain en 1966 [photo Salet]

 

 

PAVLOFF Sonia (Sophie PAVLOV dite) (Szadow, Russie, 02 avril 1885 – Paris 17e, 03 juillet 1938*). — Crée le 28 juin 1921 Au Bois sacré (une Nymphe) ; Céleste ; Gismonda ; Mârouf ; Sauteriot ; Ballet des Nations ; Dame Libellule (la Libellule) ; Djali (une Esclave) ; Lumières et Papillons (Papillon bleu) ; Petit Elfe ferme l'œil (la Cigale, la Poupée, la Princesse) ; Pirouettes (Colombine) ; Scènes Alsaciennes (Lisbeth). A dansé Aphrodite (Théano) ; Cigale (Cigale).

 

 

 

Sonia Pavloff en 1924 [photo Numa Blanc]

 

 

PEPITA DE CADIX. — En représentation, danse Carmen (la Flamenca) en 1949.

 

PERNOT. — Participe à la première le 05 décembre 1922 du Festin de l'Araignée (une Mante religieuse). Crée la Guivre (Robelin).

 

PETIPA Marie (Saint-Pétersbourg, Russie, 29 octobre 1857 – Paris 11e, 16 janvier 1930). — En représentation danse les 06, 08 et 10 novembre 1902 Pas Hongrois et Mazurka Caucasienne.

 

PIOLLET Wilfride Germaine dite Wilfride (Saint-Rambert-d'Albon, Drôme, 28 avril 1943 – Rueil-Malmaison, Hauts-de-Seine, 20 janvier 2015). — Danse Pas de quatre en 1966. Voir Opéra.

 

 

 

Wilfride Piollet en 1966 [photo Salet]

 

 

PIRON Achillée Marie Constance dite Léa (Schaerbeck, Belgique, 02 janvier 1879 – Créteil, Seine [auj. Val-de-Marne], 13 avril 1953). — Débute le 29 février 1914 dans Djali. Crée le 18 mars 1915 Scènes Alsaciennes (le Sergent Frank). Voir Opéra.

 

 

 

Léa Piron en 1910 [photo Bert]

 

 

RAINAL Andrée. — Participe à la première le 12 novembre 1925 de la Boîte à joujoux (le Policeman). Joue le Jongleur de Notre-Dame (la Vierge).

 

RAINAL Fernande. — A repris Lumière et Papillons (la Lumière) en 1925.

 

RAUWERA Mariette de. — Crée le 15 décembre 1927 Évolution (la Dame) ; Éros Vainqueur ; la Fiancée Vendue ; le Fou de la Dame (Joli-Mai) ; les Indes Galantes ; le Poirier de Misère (l'Amante) ; le Sicilien ; la Boîte à Joujoux (le Petit Soldat) ; Reflets ; Angélo (une Espagnole).

 

 

 

Mariette de Rauwera en 1927 [photo Henri Manuel]

 

 

RENIER Janine (1925 ). — Entre à l'Opéra-Comique après trois années de Conservatoire. Voir Opéra.

 

 

 

Janine Renier en 1956 [photo Musica]

 

 

RIANZA Yetta. — Participe à la première le 20 avril 1912 des Petits riens. Crée la Danseuse de Pompéi (Proserpine). A repris Danses Slaves de Kassya ; le Devin du Village (la Villageoise).

 

 

 

Yetta Rianza dans Carmen en 1912 [photo Bert]

 

 

RICHAUME Aline dite Georgette (Paris 3e, 19 novembre 1876* –). Epouse 1. à Paris 3e le 02 mars 1895 (divorce le 30 décembre 1907) Adrien Joseph Féréol AZÉMA. Epouse 2. à Paris 9e le 11 mars 1909* Charles André MOUSSEAU, employé d'administration. — Danse d'abord à l'Opéra. Crée le 04 février 1904 Cigale (une Cigale) ; la Danseuse de Pompéi (un Esprit) ; Miarka ; Myrtil ; Snégourotchka ; Féminissima (Féminissima). A repris Xavière. A été régisseur de la danse (1900-1913). Voir Opéra.

 

RITZ Marthe Alexandrine dite Marthe (Paris 3e, 24 février 1915* –). Soeur de Roger RITZ, danseur de l'Opéra. Epouse à Paris 18e le 06 juillet 1948* Pierre DARRIEUX, violoniste de l'Opéra-Comique. — Crée le 27 mai 1941 Bal Vénitien (Caroline).

 

ROSNE Simone Marie Alice dite Simone (Bourges, Cher, 21 juin 1896 – Saint-Vrain, Essonne, 06 novembre 1971). — Crée le 28 juin 1921 Au Bois Sacré (un jeune Berger) ; la Danseuse de Pompéi (un Esprit) ; Gismonda ; le Joueur de Viole ; Nausicaa ; la Plus Forte ; Polyphème (1er Sylphe) ; Tarass Boulba ; la Boîte à joujoux (Pierrot) ; Dame Libellule (le Lézard) ; Évolution (le Travesti, le Collégien) ; le Festin de l'Araignée (le Bourdon) ; Masques et Bergamasques ; Graziella. A joué le Jongleur de Notre-Dame (la Vierge). A été régisseur de la danse de 1934 à 1936.

 

RUDEL Guina. — Crée le 25 janvier 1918 Au Beau Jardin de France (Silvia).

 

SAHARY-DJELI Henriette (1889–). — En représentation, crée le 23 janvier 1917 Elvya (la Statue) et danse Aphrodite (Théano).

 

SALOMON Colette. — Danse dans le ballet de Manon en 1931. Crée le 20 mai 1932 Reflets. Voir Opéra.

 

SANTELMO Laura de (Laura NAVARRO ALVAREZ dite) (1897–1977). — En représentation, débute le 07 décembre 1936 dans Carmen (la Flamenca). Voir Opéra.

 

SANTORI Édéa. — Participe à la première le 06 novembre 1900 d'Une Aventure de la Guimard (l'Amoureuse). Crée Javotte (Javotte) ; Phoebé (Phoebé) ; le 02 février 1900 Louise (la Danseuse ; 100e le 22 février 1901) de Gustave Charpentier.

 

SAUVEGARDE Hélène. — Participe à la première le 12 novembre 1925 de la Boîte à Joujoux (le Nègre). Crée les Indes Galantes. Joue le Jongleur de Notre-Dame (la Vierge).

 

SCHWARZ Juanina. — Voir JUANINA.

 

SCHWARZ Solange Stella Rosita Jeanne Nelly dite Solange (Paris 18e, 12 novembre 1910 – Ramatuelle, Var, 24 avril 2000). Epouse à Paris 8e le 16 décembre 1935 (divorce le 12 février 1946) Adrien Pierre Raymond GHEUSI, secrétaire général de l'Opéra-Comique. — Participe à la première le 10 octobre 1935 du Cygne de Saint-Saëns. Crée l'École des Maris ; Tarass Boulba ; Tout-Ank-Amon ; la Boutique Fantasque (Cancan) ; les Heures (le Soleil) ; Jeux de Couleurs ; la Pantoufle de Vair (Cendrillon) ; Printemps Fleuri ; la Rosière du Village (la Rosière) ; Un Jour d'Été. Voir Opéra.

 

 

 

Solange Schwarz en 1934 [photo Studio Lorelle]

 

 

SCOUARNEC Claudette (La Rochelle, Charente-Maritime, 1940 –). Epouse Jean-Pierre TOMA, danseur. — Danse Isoline en 1958. Voir Opéra.

 

 

 

Claudette Scouarnec en 1966 [photo Harcourt]

 

 

SIGNORELLI Colette. — Crée le 12 décembre 1947 Ballade de la Geôle de Reading (une Vision) ; Boutique Fantasque (Tarentelle) ; Khamma (la Captive) ; Précaution inutile (Marceline) ; les Sylphides ; le Tricorne (la Fille à la cruche). Danse l'Amour Sorcier (Lucia).

 

 

 

Colette Signorelli en 1950 [photo de Rosen]

 

 

SMITH Greta. — Crée le 05 janvier 1933 Valses de Brahms.

 

 

 

Greta Smith en 1933 [photo Waléry-Paris]

 

 

SOUARD Francine. — Danse Pas de quatre en 1966. Voir Opéra.

 

 

 

Francine Souard en 1966 [photo Studio Harcourt]

 

 

SOULÉ Frédérique. — Crée le 29 décembre 1922 Polyphème (1re Naïade). Danse le Festin de l'Araignée (le Papillon). Voir Opéra.

 

 

 

Frédérique Soulé en 1923 [photo G.-L. Manuel frères]

 

 

TÉRÉSINA la (Sant Andreu de Palomar, Catalogne, Espagne, 1904 – Sant Antoni de Calonge, Catalogne, 11 mars 1983) — En représentation, danse Carmen (la Flamenca) en 1938. Voir Opéra.

 

TESSEYRE. — Crée le 01 décembre 1913 Céleste ; la Danseuse de Pompéi (un Faune) ; Télémaque ; les Petits riens.

 

THOMAS Georgette. — Participe à la première le 07 juillet 1949 du Doux Caboulot (la jeune Fille à marier).

 

TROUHANOVA Natacha (Natalia Vladimirovna TROUKHANOVA dite) (Kiev, Russie, 1885 – Moscou, U.R.S.S., 25 août 1956). — Participe à la première le 29 mai 1914 de la Péri (la Péri) ; le 09 juin 1914 du Ballet des Nations. Voir Opéra.

 

 

 

Natacha Trouhanova

 

 

USTARITZ Hélène dite Hélène BRIEUX-USTARITZ (Libourne, Gironde, 28 juin 1893 –). — Crée le 20 février 1948 l'Ame Heureuse (Modeste) ; le Doux Caboulot (la Nourrice). [Elle est enterrée au cimetière des Batignolles avec son frère Yves BRIEUX-USTARITZ, danseur de l'Opéra].

 

VAUSSARD Christiane Marie Joséphine dite Christiane (Neuilly-sur-Seine, Seine [auj. Hauts-de-Seine], 17 novembre 1923* – Louveciennes, Yvelines, 04 août 2011). Sa mère est la petite-fille d'Eugène TROY, basse, et a été adoptée par Léon DUPREZ, ténor. Epouse au Vésinet, Seine-et-Oise [auj. Yvelines], le 12 août 1946 William Henry Yves HAWKINS, officier américain. — Participe à la première le 18 mai 1951 du Bal du Pont du Nord (Adèle) ; le 23 février 1951 des Femmes de Bonne Humeur (Mariuccia). Danse les Sylphides. Voir Opéra.

 

 

 

Christiane Vaussard en 1960 [photo Studio Berthès]

 

 

VRONSKA Alice (Saint-Pétersbourg, Russie, 08 février 1897 – Lausanne, Suisse, 29 février 1992). — Débute le 06 février 1918 dans Aphrodite (Théano). Reprend Elvya. Crée Romance.

 

WALKY Nina. — Débute le 25 mai 1917 dans Carmen (la Flamenca). Crée Au Beau Jardin de France (Aglaé).

 

WISIAKOWA Lydia. — Danse Evolution et la Femme Nue (Danseuse Léila). Participe à la première le 26 octobre 1928 de la Fiancée vendue.

 

WUILLAUME. — Participe à la première le 23 octobre 1899 de Javotte (Petit-Pierre) de Camille Saint-Saëns.

 

 

 

DANSEURS (affichés entre 1900 et 1950, sauf précision) (seuls les principaux rôles sont précisés)

 

ANCELIN. — Crée le 27 mai 1941 Bal Vénitien (Pantalone).

 

AVELINE Albert Louis dit Albert (Paris 11e, 23 décembre 1883* – Asnières-sur-Seine, Hauts-de-Seine, 03 février 1968). Epouse à Paris 18e le 02 février 1907* Marie Eugénie EVEN (Paris 18e, 18 avril 1885 – 01 juillet 1975), danseuse. — En représentation, crée le 16 avril 1920 Idylle Carnavalesque. Voir Opéra.

 

 

 

Albert Aveline en 1913 [photo Bert]

 

 

BIAGI Vittorio (Viareggio, Italie, 24 mai 1941 –). — Danse Danses brèves en 1966.

 

 

 

Vittorio Biagi en 1966 [photo R. Faligant]

 

 

BON René (Montpellier, Hérault, 30 août 1924 – Montpellier, 31 août 2015). — Crée le 13 février 1943 Kermesse (le Suiveur). Participe à la première le 30 avril 1943 de Fête de Jadis (Arlequin).

 

CHAURAND Jaque (02 juin 1928 – 22 septembre 2017). — Participe à la première le 18 mai 1951 du Bal du Pont du Nord (Baude).

 

CHAZOT Jacques (Locmiquélic, Morbihan, 25 septembre 1928 – Monthyon, Seine-et-Marne, 12 juillet 1993). — Participe à la première le 17 décembre 1946 de la Précaution inutile (un Valet).

 

 

 

Jacques Chazot en 1970

 

 

DOTTI Jean-Claude. — Participe à la première le 21 avril 1950 de la Boutique Fantasque (le Caniche). Voir Opéra.

 

ETCHEVERY Jean-Jacques (Marie Ernest Jean Jacques de PEYRET-CHAPPUIS dit) (Paris 7e, 17 janvier 1916 – Bordeaux, Gironde, 07 avril 1997). — Participe à la première le 17 décembre 1946 de la Précaution inutile (Don Basile). Il a été maître de ballet de 1946 à 1952.

 

 

 

Jean-Jacques Etchevery en 1950 [photo Erlanger]

 

 

FEREMBACH. — Participe à la première le 23 octobre 1899 de Javotte (le Garde champêtre). Crée le 05 juin 1913 Djali (le Grand-Prêtre).

 

FILEMON. — En représentation, danse la Flamenca dans Carmen.

 

FOYE Christian. — Crée le 27 mai 1941 Bal Vénitien (Léandre) ; Fête de Jadis (le Secrétaire) ; Kermesse (le Dompteur) ; Ma Mère l'Oye (la Bête).

 

GERLYS Gaston (Gaston SECNASI dit) (Tunis, 07 avril 1901 Auschwitz-Birkenau, octobre 1944 [acte transcrit à Paris 10e le 10 novembre 1947]). — Crée le 25 janvier 1918 Au Beau Jardin de France (Vertumnus) ; Polyphème (Dieu Pan) ; Au Bois sacré (le Satyre).

 

GEVEL Michel. Fils de Gustave dit Claude WEILL devenu en 1955 GEVEL (Paris 10e, 26 septembre 1886* – Paris 16e, 09 juin 1968*), écrivain. — Crée le 12 décembre 1947 Ballade de la Geôle de Reading (le Bourreau) ; Boutique Fantasque (le Patron) ; la Belle au Bois Dormant ; le Beau Danube (l'Acrobate) ; Casse-Noisette (Prince des Neiges) ; le Cerf (le Chasseur) ; les Femmes de Bonne Humeur (Luca) ; les Heures (la Nuit) ; Impromptu ; Khamma (l'Esprit du Dieu Amin-Râ) ; Marion ; Ma Mère l'Oye (le Serpent vert) ; la Précaution Inutile (Almaviva) ; la Rose Rouge (l'Etudiant) ; le Tricorne (le Gouverneur) ; Fantaisie Nocturne (Polichinelle) ; la Clef des Songes.

 

 

 

Michel Gevel en 1948 [photo Studio Damrémont]

 

 

GIULIANO Juan (Jose Antonio BARRIO dit) (Córdoba, Argentine, 26 décembre 1935 –). — Entre en 1963. Danse Casse-noisette (le Prince) en 1966. En collaboration avec Milenko Banovitch, il règle Quartet en 1966.

 

 

 

Juan Giuliano en 1966 [photo Studio S. Eukelmann]

 

 

GOUBÉ Paul (Paris 6e, 19 octobre 1912 – Paris 7e, 31 mars 1979). — Participe à la première le 21 avril 1950 de la Boutique Fantasque (Chef des Cosaques). Crée Casse-Noisette (le Casse-Noisette) ; la Chanson du Mal Aimé (le Poète) ; les Heures (le Jour). A dansé le Beau Danube (le Hussard), Marion, les Sylphides. Voir Opéra.

 

 

 

Paul Goubé en 1949

 

 

GUÉLIS Jean (Paris 9e, 10 décembre 1923 – Paris 18e, 29 avril 1991). — Participe à la première le 23 janvier 1947 de la Belle au Bois Dormant. Crée Casse-Noisette (le Prince) ; la Danse du Marin. Voir Opéra.

 

HOLTZER. — Débute le 09 novembre 1916 dans Mârouf.

 

KALIOUJNY Alexandre (Prague, 15 avril 1923 – Menucourt, Val-d'Oise, 06 octobre 1986). — Crée le 23 mai 1947 Roméo et Juliette (Roméo) de Tchaïkovski. Voir Opéra.

 

 

 

Alexandre Kalioujny en 1953 [photo Jean Veillon]

 

 

KNIASEFF Boris (Saint-Pétersbourg, Russie, 01 juillet 1900 – Paris 13e, 06 octobre 1975). — Crée le 05 janvier 1933 Valses de Brahms ; Tarass Boulba (un Danseur) ; Jeux de Couleurs.

 

LEBERCHER Louis. — Crée le 22 février 1933 Jeux de Couleurs ; le 22 mai 1936 la Rosière du Village (le Garde-champêtre) ; le 19 janvier 1946 Danse de Debussy. Voir Opéra.

 

LEGAT Serge (Saint-Pétersbourg, Russie, 27 septembre 1875 – Saint-Pétersbourg, 01 novembre 1905). — En représentation danse les 06, 08 et 10 novembre 1902 Pas Hongrois et Mazurka Caucasienne.

 

LÉONARD Guy. — Danse le Combat en 1960.

 

 

 

Guy Léonard en 1967 [photo R. Faligant]

 

 

LIFAR Serge. — => biographie

 

MAGNICO Raphaël. — Danse l'Amour Sorcier (la Vieille) en 1947.

 

MALATZOFF Senka. — Crée le 29 octobre 1912 la Danseuse de Pompéi (une harpie). A repris Danses Slaves de Kassya.

 

MARCO. — Participe à la première le 12 mars 1928 de l’Amour Sorcier (Carmelo). Crée Évolution ; la Femme et le Pantin (Morenito) ; le Poirier de Misère (l'Amant). Danse la Flamenca dans Carmen.

 

MARKEL Dany. — Crée le 12 décembre 1947 Ballade de la Geôle de Reading (le Geôlier) ; la Belle au Bois Dormant ; Khamma (le Grand-Prêtre) ; la Précaution Inutile (Bartholo).

 

MARIANNO. — Participe à la première le 12 novembre 1925 de la Boîte à Joujoux (Polichinelle). Crée le Joueur de Viole. Danse Mârouf.

 

MARS Lucien (1925 – Lyon, Rhône, 08 juillet 2000). — Participe à la première le 20 janvier 1950 du Beau Danube (le Dandy). Crée la Boutique Fantasque (le Dandy) ; Casse-Noisette (le Soldat) ; le Doux Caboulot (le Patron) ; la Clef des Songes.

 

MASSINE Léonide (Leonid Fedorovitch MYASSIN dit) (Moscou, Russie, 09 août 1896 – Weseke bei Borken, Westphalie, Allemagne, 15 mars 1979). — Participe à la première le 20 janvier 1950 du Beau Danube (le Hussard). Crée la Boutique Fantasque (Cancan). A repris la Valse de Ravel.

 

 

 

Léonide Massine (Spalanzani) et Moïra Shearer (Olympia) dans un film réalisé d'après les Contes d'Hoffmann [photo London Films]

 

 

MORENO. — Crée le 29 mai 1929 Sonatina (le Dragon) et Triana (el Tronco).

 

PAGAN Rafael. — Participe à la première le 06 janvier 1914 de la Vie brève.

 

PRICE. — Participe à la première le 06 novembre 1900 d'Une Aventure de la Guimard (le Patron de la guinguette). Crée Javotte (le Père) ; le 18 mars 1915 Scènes Alsaciennes (le Marchand d'images) ; Miarka.

 

QUINAULT Robert. — => biographie

 

RAYNALD Raymond. — Danse Isoline en 1958.

 

 

 

Raymond Raynald en 1966 [photo Studio Harcourt]

 

 

RAYNE Michel (Vincennes, Seine [auj. Val-de-Marne], 05 novembre 1924 –). — Crée le 12 décembre 1947 Ballade de la Geôle de Reading (Lui) ; le Cerf (le Cerf) ; Concerto de Prokofiev (le Démon) ; Jeux (le jeune homme) ; les Heures (le Soir) ; Impromptu ; Paris-Magie (le Diable) ; la Précaution Inutile (Figaro) ; la Rose Rouge (le Rossignol) ; les Sylphides ; le Tricorne (le Meunier) ; la Clef des Songes. Il a été maître de ballet de 1962 à 1972. Voir Opéra.

 

 

 

Michel Rayne en 1948 [photo E. de Rosen]

 

 

REYNALD Serge (1927–). — Epoux de Paule MORIN, danseuse. Participe à la première le 21 avril 1950 de la Boutique Fantasque (l'Assistant). Crée le 12 janvier 1951 la Chanson du Mal-Aimé (le Pianiste).

 

 

 

Serge Reynald en 1956 [photo Musica]

 

 

RICHE Maurice. — Participe à la première le 12 mars 1928 de l’Amour Sorcier (un Gitan). Crée Ballade de la Geôle de Reading (une Vision) ; le Beau Danube (le Manager) ; la Belle au Bois Dormant ; la Boutique Fantasque (le Marchand de Melons) ; la Chanson du Mal Aimé (le Serveur) ; Casse-Noisette (le Président).

 

SABLINE Oleg. — Crée le 20 février 1948 l'Ame Heureuse (le jeune Homme) ; Casse-Noisette (Maître de cérémonies) ; le Doux Caboulot (Pierre).

 

SCHKRABSKY. — Crée le 18 mars 1915 Scènes Alsaciennes (le Maître d'école).

 

TCHERKAS Constantin (Saint-Pétersbourg, Russie, 18 mai 1908 – Paris 13e, 07 janvier 1965*). — Crée le 20 février 1948 l'Ame heureuse (le Prétendant) ; le Bal du Pont du Nord (le Frère) ; Bal Vénitien (Arlequin) ; Ballade de la Geôle de Reading (une Vision, un Prisonnier) ; Banquet (Banquet) ; Boutique Fantasque (Tarentelle) ; la Belle au Bois Dormant ; Casse-Noisette (le Conseiller) ; Doux Caboulot (le Militaire) ; Fête de Jadis (Maître de Danse) ; les Heures (l'Aurore) ; Kermesse (un Acrobate) ; Khamma (l'Affranchi) ; la Libellule (Cornélius) ; Ma mère l'Oye (le Fils du Roy) ; Pantoufle de Vair (le Prince charmant) ; Printemps Fleuri ; la Rosière du village (Chasseur de papillons) ; le Tricorne (le Voisin) ; le Lac des Cygnes ; Suite provençale ; Un jour d'été ; Cyrano (Montfleury) ; l’École des Maris ; Guignol ; Marion ; Tout-Ank-Amon. Il fut maître de ballet de 1933 à 1946 et à partir de 1953. Voir Opéra.

 

 

 

Constantin Tcherkas en 1941 [photo Iris]

 

 

THORIAS. — Crée le 07 décembre 1921 Dame Libellule (le Crapaud).

 

TOMA Jean-Pierre (1936 – 21 mai 2021). — Epoux de la danseuse Claudette SCOUARNEC. Danse Isoline en 1958.

 

 

 

Jean-Pierre Toma en 1967 [photo R. Faligant]

 

 

TORRES Albert. — En représentation, a créé Danses d'Espagne.

 

VARGAS Salvador (1921 – 2006). — Danse l’Amour Sorcier (Carmelo) en 1947.

 

VELTCHEK Vaclav (Prague, 1897 – Rio de Janeiro, Brésil, 1968). — Participe à la première le 26 octobre 1928 de la Fiancée vendue ; le 02 juin 1930 du Fou de la Dame (Fou blanc). Danse la Flamenca dans Carmen.

 

 

 

Vaclav Veltchek en 1930 [photo Inakayama]

 

 

WAGUE Georges (Georges Marie Valentin WAAG dit) (Paris, 14 janvier 1874 – Menton, Alpes-Maritimes, 17 avril 1965). — Crée le 05 juin 1913 Djali (le Sultan) ; le 29 mai 1929 Triana (Zurito). Participe à la première le 12 mars 1928 de l’Amour Sorcier (le Spectre).Voir Opéra.

 

 

 

Georges Wague en 1928 [photo Daniel Masclet]

 

 

 

 

 

le Corps de Ballet de l’Opéra-Comique (1907)

 

La création d'un véritable corps de ballet fut une des plus heureuses innovations de M. Albert Carré. Il se compose de 24 sujets, — de 24 talents, — et la plus érudite des chorégraphes : Mme Mariquita, l'instruit et le dirige. Sans doute, sous les directions précédentes, les représentations s'agrémentaient parfois de danses ; mais ce n'était là qu'un attrait secondaire. Grâce à Mme Mariquita, grâce à M. Albert Carré, notre second théâtre musical s'est conquis une réputation chorégraphique.

 

 

 

Mme Mariquita, maîtresse de ballet de l'Opéra-Comique

(de g. à dr. : M. Georges Ricou, chef du personnel artistique, Mme Mariquita, M. Léon Jancey, secrétaire général du théâtre)

 

 

Divertissements de l'ancien Opéra-Comique, il m'est touchant de vous évoquer ! Vous précédiez de vos ébats Alphonse soupirant vers Camille (Zampa), et vous attribuiez alors aux pêcheurs siciliens des atours qui les eussent profondément étonnés. Ou bien votre guirlande de « tutus » et de sourires se déroulait devant Escamillo enlaçant Carmen : et l'imagination populaire rêvait d'une Espagne où, dans les rues, des dames peu vêtues préludent par leurs danses aux courses de taureaux. Vous aviez d'abord, au cours de la même soirée, rempli d'une chorégraphie bien française la « posada » sévillane de Lillas Pastia ; et les ‘chands de vins nationaux enviaient la possession d'une « bouchon » pouvant contenir tant de monde et d'agitation. On discernait difficilement l'art qui vous réglait ; mais vous aviez le mérite de la surprise. Si vous manquiez à telle œuvre où vous auriez été harmonieux, vous allongiez, en revanche, telle autre œuvre qui se fût utilement passé de vous. Trop modestes pour éblouir le spectateur, vous étiez au moins son repos. La volonté de M. Albert Carré, l'érudition de Mme Mariquita, vous ont révolus, divertissements du vieil Opéra-Comique, qui vous en teniez si imperturbablement, quant à l'art et la vérité, aux charmes physiques de vos danseuses.

 

 

 

une répétition d'ensemble du corps de ballet de l'Opéra-Comique

 

 

Mme Mariquita, qui fut une ballerine célèbre, mérite incomparablement le titre de chorégraphe. Sa science est aimable et nombreuse ; son idéal participe de l'éternelle beauté : elle emprunte sa conception des attitudes à la statuaire antique, — qui est le geste immuable des Dieux, — aux fantaisies eurythmiques ciselées sur les vases, ou à la fatidique douleur sculptée sur les tombeaux. On le voit bien dans la discipline qu'elle a donnée aux ballets d'Orphée et d'Alceste : voilà vraiment la Danse, telle que le peuple grec, harmonieux entre tous les peuples, la voulut et l'aima.

 

Les équilibres invraisemblables, et qui font suer également les danseurs et le public : ceux-là de fatigue, et celui-ci d'angoisse ; les exploits musculaires dont on fait encore tant de cas à l'Opéra sont surtout de la compétence du cirque. Il faut les lui laisser. La Danse eut, sous le ciel grec, l'éclosion naturelle et balancée d'une fleur. Où l'effort apparaît, l'art s'efface.

 

A l'Opéra-Comique, le soin de la chorégraphe ne s'est pas borné à régler des pas, à incliner des bustes et faire s'ouvrir, sur la blancheur des dents et pour un sourire affecté, la pourpre des lèvres ; il a formé les plis de cette robe, réalisé la danseuse tout entière en une statue de vie. Et souple, robuste, la face sereine, — le sourire mélancolique des lèvres et des yeux semblant s'étendre à tout le corps, — Mlle Chambon, par exemple, vous apparaîtra, grâce à ce soin, telle qu'une fille de Cléomène ou de Praxitèle sculptée, vivante, dans de la beauté. L'Académie nationale de musique, qui est aussi celle de la danse, ignore encore des « académismes » aussi exacts, aussi simplement émouvants, que celui des ballets d'Alceste et d'Orphée.

 

 

 

Mlle Régina Badet, première danseuse-étoile de l'Opéra-Comique, dans Aphrodite (Théano)

 

 

Mme Mariquita ne fait que continuer à l'Opéra-Comique la maîtrise qui nous valut, durant sa carrière déjà longue au Châtelet, à la Gaîté, puis aux Folies-Bergère, quelques-uns des plus merveilleux ballets ou pantomimes modernes. Elle répugne à l'acrobatie, qui constitue toujours, pour tant de maîtres, le dernier mot de la danse. Statuaire dont la matière ouvrable est la chair féminine, elle s'applique surtout à susciter, dans l'attitude d'un moment, une forme d'éternité. Elle est bien ainsi la digne collaboratrice de M. Albert Carré, si obstinément soucieux de beauté vivante.

 

A cette volonté, qui est la meilleure, on doit la presque absolue suppression du « tutu » ; — il devrait suffire, étant commode, aux répétitions. On lui doit une adaptation minutieuse de la danse aux époques évoquées, des reconstitutions d'où le faste inutile, le « clinquant », est banni.

 

Aujourd'hui, une gitana, seule, s'ébat dans la posada du IIe acte de Carmen, et cela nous trouble plus impérieusement que l'agitation fantaisiste à laquelle on nous condamnait autrefois. Sa danse est bien espagnole, et Mlle Régina Badet, dont je vais reparler, y excelle. Aujourd'hui, Escamillo n'est plus précédé, au dernier acte du chef-d’œuvre de Bizet, que de ses complices dans l'assassinat du taureau.

 

 

 

une répétition du ballet de Manon (de g. à dr. : Mlles Dugué, X, A. Vuillaume, X, X, Régina Badet, Yvonne, X, X)

 

 

Grâce à la précision délicieuse des costumes, le ballet de Manon (l'Opéra se transportant, toutes grâces dehors, au Cours-la-Reine) nous apparaît maintenant vraisemblable. Je pourrais multiplier les exemples de cette rénovation ou, plutôt, de cette création de la danse à l'Opéra-Comique.

 

Dans les œuvres où elle n'avait à lutter contre aucune tradition établie, Mme Mariquita a multiplié les imaginations les plus charmantes. Le talent personnel de vingt-quatre danseuses, au nombre desquelles Mlles Richaume, 1re danseuse, Dugué, Luparia, Chambon, déjà citée, Ridd, A. Vuillaume, M. Vuillaume, Reininger, etc., lui est une fidèle et intelligente collaboration.

 

Plusieurs ballets ont été représentés à l'Opéra-Comique depuis que Mme Mariquita y créa la danse. Ce sont le Cygne, de Mendès et Lecocq, où demeure attaché le souvenir de Mlle Jeanne Chasles ; Javotte, de Saint-Saëns ; Une aventure de la Guimard, de Messager ; Cigale, de Massenet ; Endymion et Phœbé, de Thomé. Puisque l'Opéra ne se souvient plus d'avoir représenté la Namouna, de Lalo, M. Albert Carré, Mme Mariquita nous doivent une reprise de ce chef-d’œuvre. Je souhaite que le répertoire de ballets soit augmenté. Ils empiéteraient heureusement sur certains levers de rideau — tel l'inachevé et fastidieux Maître de chapelle, de Paer auxquels M. Carré témoigne trop de charité.

 

 

 

une répétition du ballet d'Orphée (de g. à dr. : X, Mlles Ridd, Chambon [agenouillée], Luparia, Reininger, M. Vuillaume)

 

 

Le corps de ballet de l'Opéra-Comique a pour étoile Mlle Régina Badet. Son resplendissement est neuf. Elle apparut pour la première fois à l'Opéra-Comique lors de la millième représentation de Carmen. Sa figuration de la gitana qui mime et danse la Flamenca chez Lillas Pastia révéla spontanément les dons physiques les plus rares, un art naturel et passionné. Gitana, elle l'était de tout son être vigoureux et rythmique, elle l'était par sa chair brune et solaire, par ses yeux tels que des ténèbres éclatantes. Un sourire ardent, ivre, ouvrait sa bouche en blessure savoureuse. C'était vraiment l'Espagne ardente, aux passions tenaces, aux voluptés torrides, qu'elle tendait par ses bras délicieux et musclés, par la joie de son corps jeune et la vague sculptée des seins. C'était l'Espagne, c'était surtout l'élément bohémien errant dans ce pays de lumière et de monts où Dieu fut si tyrannique. La danse espagnole est pour beaucoup l'œuvre de ces bohémiens ; l'invasion more s'y survit. Elle raconte plastiquement l'Andalousie râlant sous l'Inquisition, et, cependant, poussant dans le corps de ses femmes, comme en des bourgeons merveilleux, la sève de sa terre miraculeuse. Tour à tour provocante et séduite, se livrant et se rétractant, tour à tour servile et impérieuse, elle est la revendication sinueuse du sol et des sens ; elle est la révolte du paganisme proscrit et invincible ; elle est l'inéluctable et nécessaire Désir. Et longtemps, en Espagne, la volonté de vivre toute la pauvre vie humaine, la liberté, se réfugieront dans la sorcière qui sait les plantes et croit aux astres ; dans ces danses aux lenteurs opulentes de rose, et dans leur héroïne : la gitana. Des siècles d'amour opprimé brûlent en elle ; ils ont sculpté ses seins, creusé ses reins nerveux. Ils habitent sa chair heureuse. Ils ondoient dans sa marche irritante ; et c'est de leurs feux que crépite la flamme noire de ses cheveux.

 

 

 

une répétition du ballet d'Endymion et Phœbé (de g. à dr. : Mlles Dugué, Chambon, X, Luparia, Régina Badet, X, X)

 

 

Cet être impulsif et chaleureux, où la nature éclate et se donne, Régina Badet le réalise pleinement. On eut tout de suite l'impression qu'une telle perfection dépassait la convention théâtrale, et que c'était la vie elle-même qui dansait.

 

La vie, voilà la qualité, — et c'est en art comme ailleurs la valeur suprême — par quoi Mlle Régina Badet nous séduit inégalablement. Chacun de ses regards, de ses gestes, en est expressif. Quand elle s'ébat, il s'élargit d'elle au public, s'il m'est permis d'ainsi dire, comme une tiédeur persuasive qui trouble et qui séduit, tel un effluve d'été. Elle est apte spontanément à la vérité dans les attitudes ; et de tout son art rayonne cette force rare : la santé.

 

Chaque nouvelle incarnation a confirmé ce génie de faire vivant qui caractérise Mlle Régina Badet. Elle en a fourni une preuve prestigieuse dans le rôle de Théano d'Aphrodite, où elle symbolise exactement le crépuscule de volupté d'une civilisation à son déclin. Mme Mariquita peut être fière d'une telle élève ; les artistes et le public lui en ont une vive gratitude.

 

(Georges Pioch, Musica n°55, avril 1907)

 

 

 

une répétition du ballet de Lakmé (de g. à dr. : X, X, X, Mlles Luparia, X, Richaume (1re danseuse), Ridd, X)

 

 

 

 

 

 

la Danse à l’Opéra-Comique

 

Bien que les occasions de paraître en des ouvrages spécialement écrits pour la danse aient été, jusqu'en ces toutes dernières années, rarement données au corps de ballet de l'Opéra-Comique, c'est sur la scène de la rue Favart qu'ont été créées quelques œuvres chorégraphiques fort importantes. Ce fut l'Opéra-Comique, en effet, qui, le 5 décembre 1922, reprit le Festin de l'Araignée d'Albert Roussel, avec Mado-Minty dans le rôle de l'Araignée, Mona Païva dans l'Éphémère, F. Catherine étant au pupitre. On le joua vingt-deux fois. Pareil succès accueillit le Petit Elfe ferme l'œil de Florent Schmitt, le 9 février 1924. André Hellé avait dessiné les maquettes des décors et des costumes, et Albert Wolff conduisait l'orchestre ; Sonia Pavloff, F. Soulé, Mona Païva et une jeune danseuse, Mlle Golfram en furent les protagonistes : l'ouvrage, en quelques mois, dépassa la cinquantième ; l'année suivante, le 27 juin, le nom de Florent Schmitt reparaissait à l'affiche, entre ceux d'Arthur Honegger et de D.-E. Inghelbrecht. Il s'agissait d'un spectacle de danses donné par Mme Carina Ari sur des partitions inédites. Florent Schmitt avait choisi, pour sa part, l'épisode de la Sunamite dans le Livre des Rois, et l'avait intitulé Danse d'Abisag ; Honegger apportait Sous-Marine, et Inghelbrecht, Danse pour les Oiseaux. Spectacle qui aurait mérité de reparaître.

Vinrent des années difficiles. En 1925, Louis Masson qui, durant plusieurs saisons, avait fait ses preuves au Trianon-Lyrique, recueillit à l'Opéra-Comique la succession de Carré et Isola. Associé à Georges Ricou, il tenta de rendre son lustre à la salle Favart en reprenant les chefs-d'œuvre qui, jadis, lui avaient valu son renom.

L'Enfant et les Sortilèges, dont Monte-Carlo avait eu la primeur en mars 1925, furent donnés sous leur direction à l'Opéra-Comique le 1er février 1926. On sait la part faite à la mimique et à la danse par Mme Colette et par Maurice Ravel dans leur ouvrage. Accueilli chaleureusement à la générale, des « mouvements divers », comme on dit en style parlementaire, se produisirent à la première.

L'Enfant et les Sortilèges devaient triompher juste un quart de siècle plus tard sur la même scène, où ils reparaissaient après avoir été repris peu avant la guerre à l'Opéra. Georges Ricou se retira en 1931 et Louis Masson, à la fin de 1932, céda le fauteuil directorial à P.-B. Gheusi. Le théâtre fut bientôt en pleine crise et Gheusi démissionna en 1936.

Quelques ouvrages excellents, montés durant cette sombre période, apportèrent cependant à l'Opéra-Comique des succès dont on ne sut point profiter : le 20 mai 1932 avait eu lieu la première de Reflets, ballet en un acte sur l'orchestration d'une suite de huit valses de Florent Schmitt, Reflets d'Allemagne. Partition remarquable, chorégraphie ingénieuse de Robert Quinault, qui eut pour partenaire dans un pas de deux bien réglé Mariette de Rauwera : six rappels au baisser du rideau. Le 5 janvier 1933, des Valses de Brahms, orchestrées par Reynaldo Hahn, étaient accueillies avec non moins d'empressement, et quelques semaines plus tard, le 22 février, Mme Carina Ari interprétait Jeux de couleurs, fantaisie chorégraphique qu'elle avait réglée sur la musique de D.-E. Inghelbrecht, et qui fut jugée ravissante.

P.-B. Gheusi appela Constantin Tcherkas, formé par Diaghilev, aux fonctions de maître de ballet. Il monta Printemps fleuri sur la musique de Tchaïkowski (22 mars 1934), Nefertiti, ballet égyptien en un acte de Maurice Perez (29 juin), et Trois Pantins animés, légende de Pierre Chantel, musique de Michel-Maurice Lévy (12 décembre).

Constantin Tcherkas, trouvant enfin un ouvrage qui lui permit de donner sa mesure, obtint le 14 mai 1935 avec la Pantoufle de Vair le triomphe attendu. La partition de Marcel Delannoy, les décors de Chastel, la présence sur le plateau de Mlles Lartaud et Byzanti, qui dansèrent à ravir une rumba, et, surtout, de Mlle Solange Schwarz, exquise Cendrillon et technicienne qui allait bientôt conquérir sur une scène plus vaste le rang d'étoile, la chorégraphie de Tcherkas et son interprétation du Prince Charmant, laissèrent un souvenir inoubliable. La Pantoufle de Vair est demeurée au répertoire ; et la reprise de 1950 en a confirmé la qualité.

Autre succès : la Rosière du Village (dont Henri Tomasi qui, avec le même librettiste Guy de Téramond, venait de donner la Grisi à l'Opéra, avait écrit la partition) passa salle Favart le 26 mai 1936. André Hellé en avait dessiné — et colorié — décor et costumes exquis ; Tcherkas signé la chorégraphie. Solange Schwarz avec lui, entourés de Mlles Juanina, Byzanti et Raynal, recueillirent, à chaque scène de l'amusant ballet, des applaudissements mérités.

De très vifs incidents s'étaient produits à l'Opéra-Comique : le théâtre fut « occupé » par le personnel, et, à la clôture de la saison, le 30 juin 1936, P.-B. Gheusi démissionna. En août, Jacques Rouché était « chargé à titre de mission temporaire de la direction générale des deux théâtres lyriques nationaux et de l'étude de toutes les mesures en vue d'en assurer la réorganisation ».

Antoine Mariotte fut nommé administrateur de la salle Favart ; un comité consultatif de douze compositeurs lui fut adjoint. C'était le prélude à la loi de 1939, créant la Réunion des Théâtres lyriques nationaux, dont Jacques Rouché allait être, jusqu'en 1945, l'Administrateur général.

Constantin Tcherkas demeura maître de ballet de l'Opéra-Comique. Il y monta le 16 mai 1937 la Deuxième Rhapsodie de Liszt ; le 3 février 1938, Suite Provençale de Darius Milhaud (qui parut encadrée du Pauvre Matelot et d'Esther de Carpentras), dans un décor d'André Marchand, — un des ballets les plus réussis de cette période qui précéda la guerre. Mlles Byzanti et Juanina y tenaient les principaux rôles auprès de Constantin Tcherkas. Le 3 juillet paraissait Banquet, ballet mêlé de chant, scénario de Marcel Belvianes, musique de Jacques Larmanjat — d'après la Condamnation de Banquet, de Nicolas de La Chesnaye, qui parut en 1507. Œuvre d'une stylisation curieuse, dont Roger Désormière mit en valeur l'habile partition.

Dix-huit mois passent. La guerre est venue — et cependant la vie musicale a repris, au ralenti certes, mais assez pour que l'on ose donner quelques ouvrages nouveaux. Le 4 mai 1940, l'Opéra-Comique crée Un Jour d'Eté, ballet en un acte, argument de Simon Gantillon, sur les quatre tableaux symphoniques de Jeanne Leleu, que la Radiodiffusion avait fait goûter peu de mois auparavant. Scénario très simple, partition délicatement orchestrée ; chorégraphie de Tcherkas qui mettait en valeur — dans un frais décor de Marie Laurencin — Juanina Schwarz, Simone Garnier et Henriette d'Arc, protagonistes d'une œuvre demeurée au répertoire.

Puis ce fut l'exode, la fermeture du théâtre. Il ne rouvrit qu'au milieu de l'hiver. Le 27 mai 1941, Tcherkas donnait deux ballets nouveaux : la Libellule, de Paul Pierné sur un scénario de Guy de Téramond, et le Bal Vénitien de Claude Delvincourt, qui allait tenir l'affiche nombre de soirs. La partition offrait au chorégraphe une riche matière, en lui proposant des danses anciennes de caractères très divers : forlane, passamezzo (qui est une sorte de pavane, mais de forme joyeuse), burlesca, moresca, tarentelle. Tcherkas sut l'animer d'une manière pittoresque et traduire plastiquement sans les trahir ces deux petits chefs-d'œuvre que sont la burlesca et la tarentelle.

Une seule création en 1942, Ma Mère l'Oye, de Ravel ; création à l'Opéra-Comique, s'entend, puisque l'ouvrage avait paru en 1912 au Théâtre des Arts de Jacques Rouché, puis à l'Opéra en 1915, au cours des concerts de musique et de danse. L'année 1943 est un peu plus active. Deux ballets : le 13 février, Kermesse, musique d'André Lavagne, décor et costumes de Roger Wild, qui, avec la chorégraphie de Tcherkas, formaient un tout harmonieux, grâce auquel cet ouvrage obtint un vif succès ; les deux tableaux des Fêtes de Jadis, le 30 avril, devaient à la musique de Couperin orchestrée par Richard Strauss un intérêt qui ferait également souhaiter leur reprise.

Une seule création en 1944 : Fantaisie nocturne, pantomime avec chant et ballet, en deux tableaux, sur un scénario composé par Mme Alfred Bachelet sur la partition de son mari, disparu exactement un mois plus tôt. La partie vocale était importante, et, dans le charmant décor d'André Hellé, les chanteurs se muaient en mimes et en danseurs avec une grâce qu'ils devaient pour une bonne part à Tcherkas. Mais ce n'est point médire du ballet que d'attribuer à l'élément symphonique la part la plus grande du succès.

L'été de 1944, la Libération, les événements qui suivirent, eurent pour conséquence une nouvelle période d'inaction chorégraphique.

Ce fut seulement le 19 janvier 1946 qu'une soirée Ravel-Debussy y mit fin avec la Pavane pour une Infante défunte et la Valse, réglées par Tcherkas, encadrant Danse de Debussy, orchestrée par Ravel, et réglée par Mlle Lebercher. En 1945, Maurice Lehmann avait succédé à Jacques Rouché — et lui-même fut remplacé en mai 1946 par Georges Hirsch. Henry Malherbe avait été nommé directeur de l'Opéra-Comique et demeura en fonctions jusqu'en 1948, où il démissionna. Le poste demeura vacant jusqu'à ce qu'il échût en 1949 à M. Emmanuel Bondeville. Durant cette période, le ballet prit à l'Opéra-Comique une place de plus en plus grande. G. Hirsch et H. Malherbe eurent pour premier soin d'augmenter les effectifs de la troupe dansante, en vue d'organiser salle Favart des soirées de ballets semblables à celles qui obtenaient un si grand succès à l'Opéra. Mais il fallait en même temps enrichir le répertoire, et l'on fit appel à de nouveaux chorégraphes. Le 20 mars 1946, Lebercher remettait en scène les Petits Riens de Mozart ; et le 27 octobre, Jean-Jacques Etchevery, qui avait animé la compagnie de « l'Oiseau bleu » où il avait engagé deux transfuges de l'Opéra, Mlles Kergrist et Berggren, débutait avec la Bourrée fantasque de Chabrier, pour laquelle on avait commandé un décor à Raymond Peynet. Dès lors, les créations se succèdent à un rythme accéléré. Le 17 décembre, les soirées de ballets commencent, et le premier programme est composé des Sylphides, de Chopin-Fokine, d'une Variation de Tchaïkovski-Petipa, réglée par Constantin Tcherkas, d'une fantaisie de style américain, Danse de Marin, qu'exécute Jean Guélis dont l'élévation fait merveille, et de la Précaution inutile, que Maurice Thiriet a orchestrée sur les thèmes du Barbier de Séville. Un amusant décor de René Gruau sert de cadre à la chorégraphie de J.-J. Etchevery. Geneviève Kergrist danse le rôle de Rosine avec un brio qui, d'emblée, lui vaut un éclatant succès.

Sept ballets paraissent en 1947 : le 23 janvier, l'Oiseau bleu de Tchaïkovski-Petipa, réglé par Tcherkas ; le 26 février, Concerto (Prokofiev-Janine Charrat), dans un décor de Léon Zack et l'acte final de Casse-Noisette (Tchaïkovski). J.-J. Etchevery régla les danses, où parut la troupe entière.

Khamma, le 26 mars, marque une date plus importante encore : le ballet de Claude Debussy n'avait jamais été joué, et le compositeur avait laissé à Charles Kœchlin le soin de l'orchestrer. C'était donc, en même temps qu'une création chorégraphique — confiée à J.-J. Etchevery — une quasi-première musicale, puisque la partition n'avait guère été entendue qu'aux Concerts Colonne en 1924. Le beau décor de Luc-Albert Moreau, la souplesse de Mlle Kergrist dans le rôle de Khamma, les mérites de ses partenaires, C. Tcherkas, Michel Rayne et Michel Gevel, en assurèrent le succès. Du poème d'Oscar Wilde, le Rossignol et la Rose, Pierre Auclert tira l'argument de son ballet la Rose rouge qui fut donné le 23 mai avec Mlles Berggren et Paulette Lafon, Michel Rayne et Michel Gevel. La tâche du chorégraphe était difficile, la partition ne se prêtant guère à la danse. Le même soir, Mlle Lycette Darsonval régla la chorégraphie du Roméo et Juliette de Tchaïkovski, et la fit applaudir.

Il n'était point aisé de porter à la scène, sous la forme d'un ballet — même en faisant large part à la mimique — la Ballade de la Geôle de Reading de Jacques Ibert. L'ouvrage passa le 12 décembre 1947 dans des décors de J.-C. May et mérita de rester au répertoire. On sait la valeur de cette partition ; J.-J. Etchevery eut le mérite de l'illustrer en lui conservant sa violence et son douloureux symbolisme. Il fut puissamment aidé par Mlle Geneviève Kergrist et Michel Rayne qui donnèrent du premier tableau — le crime — une interprétation saisissante. La scène de la prison fut non moins réussie.

La Suite fantasque, sur une partition réunissant des Pièces pittoresques de Chabrier à sa Bourrée fantasque, formait un album plein de grâce et d'humour. Aimablement présentées dans les décors de R. Peynet, ces images gracieusement animées par Mlles Kergrist, Berggren, Signorelli, Simone Garnier et Paulette Lafon, les danseurs Tcherkas, Riche, Gevel et Rayne, furent une des meilleures réussites de J.-J. Etchevery.

L'Ame heureuse, de Charles Kœchlin, malgré la haute qualité d'une musique cependant assez rythmée pour être dansée, inspira à Mlle Janine Charrat une chorégraphie que Mlles Olga Alexandrovicz, Hélène Ustaritz et M. Oleg Sabline ne purent imposer. Le 16 avril, Debussy revenait à l'affiche, cette fois avec Jeux qui avait soulevé de si vives discussions en 1913, lorsque Nijinsky l'avait créé. J.-J. Etchevery — sans doute à cause de ces souvenirs irritants — modifia complètement le scénario, en le débarrassant de ce que l'on avait qualifié naguère d'érotisme, et en le réduisant à peu près à un match de tennis entremêlé d'un peu de flirt. Le décor d'Yves Bonnat affectait le même parti pris de dépouillement. Néanmoins, Mlles Kergrist et Dupont y montrèrent autant de grâce que de souplesse athlétique.

Le 25 juin, c'était le tour de Darius Milhaud de faire applaudir les mêmes partenaires, avec Jeux de Printemps, divertissement en six parties.

Casse-Noisette parut en entier (événement fort attendu) le 3 décembre 1948. Louis Aubert avait réorchestré les fragments de partition de Tchaïkovski dont l'instrumentation avait disparu. Des décors de Paul Colin, une chorégraphie nouvelle de J.-J. Etchevery, ajoutaient un attrait particulier à cette représentation — le maître de ballet n'avait conservé que le grand pas de deux de Marius Petipa. La soirée fut excellente ; Mlles Kergrist, Berggren, Garnier, MM. Paul Goubé (transfuge de l'Opéra), Rayne et Gevel eurent leur part méritée du succès. Auprès de Casse-Noisette, les Heures, divertissement de la Gioconda de Ponchielli, devaient sembler assez pâles, le 4 mars 1949 ; et le 1er avril, la chorégraphie nouvelle de Mlle Españita Cortez pour le Tricorne de Falla ne parvint point à faire oublier celle de Léonide Massine.

Bien confus parut, le 13 mai, Paris-Magie (argument de Lise Deharme, musique de Germaine Tailleferre, chorégraphie de J.-J. Etchevery, décor et costumes de Félix Labisse). Le symbolisme surréaliste de l'ouvrage se dégageait péniblement d'une multiplicité de détails qui, parfois, apparaissaient comme des rébus proposés au public. Plus clair, certes, était le Doux Caboulot : sur le poème bien connu de Francis Carco, Jacques Larmanjat avait écrit une partition dont le sentimentalisme se nuançait heureusement d'humour. De jeunes ballerines (Régine Ohan, Josette Amiel), évoluant dans un frais décor de Raymond Peynet, partagèrent le succès de Mlles Lucienne Berggren, Ustaritz, de C. Tcherkas, Oleg Sabine et du chorégraphe J.-J. Etchevery. Ce fut lui aussi qui régla Etude de Frédéric Chopin, orchestrée par Henri Büsser à l'occasion du centenaire du musicien (7 juillet). Après la rentrée, l'hommage à Chopin fut complété le 4 novembre par Fantaisie-Impromptu, et par Boléro, orchestrés par Mlle Jeanine Rueff ; ces deux ballets parurent dans des décors de Mlle Suzanne Reymond. Étude fut pour Mlle Solange Schwarz l'occasion de remporter un triomphe dans son éblouissante variation.

Des grèves prolongées durant plusieurs semaines retardèrent l'exécution des projets de M. Emmanuel Bondeville qui venait d'être nommé à la direction de l'Opéra-Comique : il avait engagé Léonide Massine pour lui confier le soin de régler, rue Favart, quatre ouvrages par lui créés au temps de Diaghilev. Mais il fallut attendre le 20 janvier 1950 pour applaudir le Beau Danube (Johann Strauss, orchestration de Roger Désormière, argument et chorégraphie de Léonide Massine, décor d'après Constantin Guys). Entouré de Lucienne Berggren, de Geneviève Kergrist, de Michel Gevel et de Lucien Mars, Massine parut lui-même dans le rôle du hussard, et ce fut un triomphe, renouvelé chaque fois qu'il dansa. Ainsi s'affirmait la volonté de M. Emmanuel Bondeville, soucieux de ramener à l'Opéra-Comique un public que le snobisme attirait davantage à des spectacles d'avant-garde. Il est juste de reconnaître qu'il n'y aurait point si bien réussi s'il n'avait trouvé dans ce théâtre une troupe de ballet bien préparée à seconder ses efforts : elle fut galvanisée par la présence de Léonide Massine.

Celle-ci n'empêcha point J.-J. Etchevery de poursuivre sa tâche et, le 10 février 1950, l'Opéra-Comique donnait la première représentation de Concerto (Concerto de piano en si bémol mineur, de Tchaïkovski — il importe de préciser, pour éviter toute confusion avec le ballet du même titre, réglé par Janine Charrat en février 1947 sur le Concerto de Prokofiev). Le décor avait été commandé à Ruben Arutunian : rideau de fond tourmenté, bien d'accord avec les troubles angoisses du compositeur ; ballet qui permit au moins à une pianiste — Mme Pallas-Lenom — de partager les applaudissements avec les artistes de la danse, Solange Schwarz et Paul Goubé, pour leur variation et leur pas de deux, Lucienne Berggren, Simone Garnier, Michel Rayne, C. Tcherkas et Michel Gevel. A noter encore un excellent pas de trois de Lucien Mars, Maurice Riche et Serge Reynald.

La Boutique fantasque, que Léonide Massine avait créée à Londres en juin 1919 pendant la saison des Ballets Russes, fut le second ouvrage réglé par lui à l'Opéra-Comique, le 21 avril 1950. Son génie bouffon y atteint le point de perfection ; il tient à son art de savoir faire exécuter avec tout le sérieux et toute la grâce de la danse classique des mouvements essentiellement triviaux. La famille russe de la Boutique fantasque, les jouets qui s'animent pour défendre le marchand, lui suggèrent des trouvailles dont la drôlerie et la verve sont traduites par la danse comme s'il était tout simple de danser, au lieu de le dire, ce que l'on veut exprimer. La chorégraphie se calque sur la musique de Rossini qui lui sert de soutien. Auprès de Massine lui-même, Solange Schwarz, Paul Goubé, Michel Gevel, C. Tcherkas animèrent ce joyeux ballet dans le décor de Derain où il avait été créé.

Enfin, le 17 mai 1950, au cours du « Festival Ravel », la Valse paraissait dans la version que Diaghilev avait choisie, et qu'un différend survenu, au sujet du décor de Derain que nous avons vu à l'Opéra-Comique, entre le directeur des Ballets Russes et le compositeur, avait empêché de donner en 1920. Version dramatique, acceptée par Ravel, mais qui a peut-être le tort d'interpréter d'une manière anecdotique une partition de caractère très général, et même, pourrait-on dire, abstrait. Massine y avait pour partenaires Solange Schwarz, Geneviève Kergrist et Paul Goubé. Ballet plein de vie et de mouvement, et qui eut le même succès que les deux autres. Le quatrième, les Femmes de bonne humeur, que l'on avait revu avec Massine lors du passage des Ballets de Cuevas au Palais de Chaillot la saison précédente, parut sur l'affiche de l'Opéra-Comique le 23 février 1951. Entre les thèmes de Scarlatti si joliment « arrangés » par Tommasini, et la chorégraphie de Massine, l'accord est complet. Le décor d'André Masson évoquait une Venise telle que la vit Ziem. Mlle Christiane Vaussard tint avec une grâce mutine le rôle de la soubrette Mariuccia, et partagea avec Michel Gevel, Michel Rayne et Lucien Mars le succès de la soirée.

Ces triomphes répétés de Massine décidèrent l'Opéra-Comique à lui demander de régler d'autres ballets : le Bal du Pont du Nord, dont le livret dû à Hubert Devillez s'inspirait de la ronde enfantine ainsi que la partition délicate et pleine de verve qu'avait écrite Jacques Dupont, eut aussi pour principale interprète Christiane Vaussard, non moins exquise en jeune Flamande qu'en Vénitienne. Elle était entourée de Colette Signorelli, Marthe Ritz, Michel Gevel, Olga Alexandrovitch ; Ninon Lebertre fit valoir dans ce ballet ses qualités techniques très brillantes. Le décor d'André Masson, ses costumes de la kermesse, furent admirés, ce 20 mai 1951, date à laquelle le Bal du Pont du Nord commença une carrière fructueuse.

Ce fut Massine encore qui régla un ballet sur la musique du Capriccio Espagnol, de Rimski-Korsakov (22 février 1952), créé avec Españita Cortez et Michel Rayne dans les rôles principaux ; et au moment où j'écris ces lignes, on apprend que l'Opéra-Comique montera au cours de la même saison, Mam'zelle Angot, dont Massine donna la primeur aux Sadlers en 1947.

L'année 1951 avait vu la création de trois autres ballets de J.-J. Etchevery : la Chanson du Mal Aimé, le 15 janvier, avait fourni à Elsa Barraine un émouvant commentaire symphonique du poème de Guillaume Apollinaire (décors très réussis de Francine Galliard-Risler.) Interprétation remarquable avec Geneviève Kergrist et Paul Goubé dans les deux principaux rôles, entourés de Régine Ohann, Josette Amiel et de Michel Raynal et Lucien Mars.

Le 13 octobre, c'était Impromptu, dont Roland-Manuel avait emprunté les thèmes à Schubert et qui, dans un décor de Francine Galliard-Risler, évoquait la Vienne romantique sous les traits de Geneviève Kergrist, Lucienne Berggren, N. Lebertre, Michel Rayne, M. Gevel, Lucien Mars. Enfin, le 23 novembre, Pierre Sancan débutait à l'Opéra-Comique avec sa remarquable partition de Commedia dell'Arte, composée sur l'argument ingénieux de Mlle Suzanne Reymond. Ninon Lebertre, Josette Amiel, Régine Ohann, Michel Rayne, Michel Gevel furent les principaux interprètes d'un ballet qu'ils menèrent au succès.

 

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Ce rapide historique de la danse à l'Opéra-Comique permet de conclure que le second théâtre lyrique national est appelé à tenir une place de plus en plus grande dans la chorégraphie française. Les dimensions de la scène ne conviennent évidemment point à ces déploiements d'ensembles tels que l'Opéra peut en montrer dans Giselle ou le Lac des Cygnes ; mais l'exiguïté même du cadre crée une manière d'intimité propice à des ballets ne nécessitant point de fastueuses mises en scène — encore qu'on ait pu monter Casse-Noisette rue Favart sans en être gêné. Il est sûr également que l'Opéra-Comique peut accueillir plus aisément que l'Opéra, et parce que les frais y sont moindres (ce qui est appréciable au prix actuel des décors), des ouvrages de jeunes, varier son affiche et contribuer grandement à l'enrichissement du répertoire. La troupe, en quelques années, a fait les preuves de sa qualité ; elle a conquis la faveur du public et justifié largement les espoirs qu'on avait fondés sur elle.

 

(René Dumesnil, l’Art du Ballet des origines à nos jours, 1952)

 

 

 

 

 

 

 

Espanita Cortez, première danseuse étoile de l'Opéra-Comique, et Michel Rayne, danseur étoile, dans le Tricorne

 

 

Peut-on sauver les ballets de l’Opéra-Comique ?

 

Sous prétexte que les imbéciles sont les seuls, en notre temps, à ne pas changer d'avis, les ballets de l'Opéra-Comique — qui furent supprimés, puis rétablis — risquent aujourd'hui de disparaître une fois de plus ; au nom des beaux principes d'économie, bien entendu.

M. Nicolas Koudriatzseff, l'impresario qui a organisé au Canada la tournée de la Comédie-Française et celle de la Compagnie Barrault-Renaud, a dû renoncer, d'accord avec son collègue des U.S.A., M. Uroch, à faire venir sur le Nouveau Continent la troupe chorégraphique de l'Opéra. Il y avait trop de frais ; trop de difficultés administratives, peut-être aussi. Certaine de ces demoiselles n'aurait-elle pas exigé qu'on fit atterrir son avion au beau milieu de New York, tout près du trafic ! Mais il m'a confié qu'un certificat d'origine tel que celui de l'Opéra-Comique jouissait, là-bas, d'un grand prestige. La danse, cet article d'exportation, n'a pas besoin des 20 % de prime pour plaire à l'étranger. De la Salle Favart pourraient donc partir, chez nos amis d'Europe ou d'outre-Atlantique, les artistes des ensembles avec les trois ou quatre étoiles qui ne sont pas encore devenues aussi autoritaires que des généraux, et qui ne veulent pas ruiner immanquablement leurs impresarii !

D'abord, un ballet coûte moins cher à monter Salle Favart qu'au Palais Garnier. Citons des faits : Annabel Lee, d'après un conte d'Edgar Poe, a triomphé, cette année, à l'Opéra-Comique. Les dimensions de la scène et de la salle rendent obsédant le cauchemar de ce couple qui, au-delà de l'étreinte, est voué à la mort. Des voilures, des cordages apparaissent en filigrane, en ombres chinoises, sur un fond, rouge comme un brasier représentant un port dont on devine à peine les embarcadères... Cent projecteurs aux mouvements invisibles transfigurent le drame : Marjorie Tallchief et George Skibine, par leurs attitudes, par leurs expressions pathétiques, font évoquer le jugement dernier de Michel-Ange. Magie de l'électricité ! Le luminaire, dirigé par un virtuose, S. Apruzzese, diffuse des vapeurs — des ténèbres aussi — sans oublier des flammes. Concordance parfaite : les deux grands danseurs semblent, dans cet incendie, faire craquer le cadre de la scène.

Jamais, bien entendu, les fastes de l'Opéra ne pourront s'accommoder d'un plateau qui demeure trop exigu pour les défilés quasi militaires de l'Opéra, pour des effectifs incluant la territoriale aussi bien que les enfants de troupe. D'où nécessité de veiller d'autant plus à la qualité des réalisations, Salle Favart ; de près, les illusions — que favorise la rampe — se dissipent et deviennent, pour le public, autant de trahisons, de réalités pesantes !

Curieuse époque ! A peine avons-nous renié Marius Petipa, et son héritière, Carlotta Zambelli — la sylphe — qu'il nous faut être à jamais asservis par ce doux géant : Serge de Diaghilev ! Nous ne nous sommes plus jamais repris. Par amour, il fit exprimer, à la danse de son pays, les messages de poésie et de musique que signèrent, notamment, Cocteau, Milhaud, Auric, Poulenc. Tel fut le zèle des disciples que rien ne fut plus tenté pour innover. Cinquante ans de pouvoir, après une révolution bienfaisante, engendrent la routine, provoquent les redites... Où sont les jeunes ?

Pourquoi ne pas essayer, à l'Opéra-Comique, des choréauteurs — disons, plus simplement, des maîtres de ballet — que l'on mettrait à l'abri des embarras financiers dévolus aux compagnies dites d'avant-garde ? Une génération montante doit être projetée en avant, au premier plan, grâce à nos deniers de contribuables. Place Boieldieu, on le fera bien, je le sais ; et aux moindres frais. A qui faire appel ? Maurice Béjart a franchi le stade des mises au point imparfaites ; Marigny fut récemment une plate-forme pour lui : le modernisme de ses conceptions demeure encore agressif. Roland Petit, lui, a perdu la pureté de son inspiration en rêvant de descentes d'escalier, de danses classiques devenant canailles : le music-hall ne l'a pourtant pas encore adopté. Babilée, ayant associé l'audace de ses bonds, l'insolence triomphante de ses attitudes au renom de Jean Cocteau, semble devoir interpréter, à perpétuité, l'émouvant Jeune homme et la mort. Ces trois danseurs, qui font danser, ne détiennent pas le monopole des audaces.

Monsieur le ministre, donnez encore une chance aux ballets de l'Opéra-Comique, à condition qu'ils aient de nouveaux maîtres. Cette générosité bien placée, bien contrôlée, s'avérera rentable. Le répertoire n'en vivra que mieux. Des inconnus enlèveront sa poussière ; quant aux créations, elles seront épaulées par le rayonnement de compositeurs et de peintres qui marquent trop souvent le pas. Les premières représentations provoqueront des surprises, voire de l'indignation. Rassurons-nous, ce n'est pas à chaque coup que le scandale ayant accueilli le Sacre du printemps pourra éclater... Enfin, la vanité des snobs étant piquée, le succès populaire sera assuré. Non, il ne faut pas réduire au chômage tout le corps de ballet, mais une partie seulement. Déjà, paraît-il, une bonne moitié a reçu son congé. Gardons les cadres : le passé comporte un enseignement.

Il y avait, une fois, une bonne petite compagnie de ballets, une sorte de coopérative, d'association où, parmi d'excellents artisans, se trouvaient des tempéraments exceptionnels. Vous avez reconnu les ballets de l'Opéra-Comique tels qu'ils furent il y a dix ans. Solange Schwarz, transfuge de l'Opéra, défendait la cause d'une virtuosité acquise par une rigoureuse formation classique. Paul Goubé, bien qu'étant le frère d'Edmonde Guy, dédaignait le music-hall pour la danse. Il y a trois ans, on décida de tout supprimer ; Goubé a donc fait carrière, depuis, en promenant des spectacles qu'il interprète et règle lui-même. Tous les artistes se dispersèrent alors. Il fallut repartir de zéro ; quand les autorités changèrent d'avis...

 

 

 

Mona du Château, de l'Opéra-Comique, dans le Beau Danube

 

 

Quel est le bilan de l'Opéra-Comique ? Les divertissements qui sont la parure des œuvres lyriques suffiraient à prouver que la troupe ne démérite pas. Certes, Mariquita, maîtresse de ballet aimant la tradition, trouva jadis moyen de passionner les foules avec les danses d'Orphée. Régina Badet, sous la direction d'Albert Carré, séduisit tout le Boulevard — par sa beauté. On parle encore des poses suggestives qu'elle prenait dans le Mariage de Télémaque. Aujourd'hui, les exigences sont d'un ordre différent. Mlles Mona du Château, Lebertre ou Krempff font applaudir, par les connaisseurs, le couronnement de la muse de Louise, le marché hindou de Lakmé ou la pavane de Manon. Le train-train est donc excellent. Passons aux soirées uniquement consacrées à la danse.

L'idée de consacrer, Salle Favart, le vendredi aux ballets est excellente. L'Opéra, lui, a ses mercredis. Déjà, la Pavane pour une infante défunte avait, grâce au talent expressif de Mlle Espanita Cortez, apporté à la gloire de Maurice Ravel l'hommage de cette artiste sincère. En même temps que ce mimodrame mélancolique, passionné, on put afficher Heure espagnole, qui demeure marquée par le souvenir de Fanny Heldy, sa créatrice. On fit mieux ensuite. Pour remettre tout en activité, pour libérer des forces trop longtemps refoulées, Léonide Massine fut requis. C'est ainsi que réapparurent, sous le contrôle de leur créateur, les meilleures œuvres du disciple de Diaghilev. D'abord, le Tricorne. Il ne se jouait plus comme à la création, devant la porte écrasante et ensoleillée qu'avait dessinée Picasso ; Manuel de Falla, avec ses arpèges en cascades, ses rythmes fiévreux, demeurait. Il fournit à la fougue d'Espanita Cortez, à l'expérience et au don tragique de M. Rayne, un prodigieux fond sonore. Dans le Capriccio espagnol de Rimski-Korsakov, Mariano Andreu, lui, nous transportait, par son décor, en une Andalousie sans concessions à la facilité. Parmi les gitans, Jean-Bernard Lemoine exécuta une prodigieuse jota. Ces festivals Massine comportèrent également les Femmes de bonne humeur. Sur une place publique où l'on croyait reconnaître les maisons de Villefranche, avec la façade rose praline et crème fouettée de la chapelle Jean Cocteau, Christiane Vaussard, de l'Opéra, incarna la soubrette napolitaine. Sous le nez du public, l'esprit, la précision de ses pointes, la légèreté de ses cabrioles démontrèrent que Scarlatti et Goldoni avaient enfin trouvé leur cadre idéal. La présence de cette étoile de la danse galvanisa ses camarades de la Salle Favart ; citons MM. Lemoyne et Jacques Chazot, qui est, comme on le sait, l'auteur des meilleures anecdotes autour de Marie-Chantal, l'aristocrate, snob jusqu'à la férocité.

L'Opéra est là pour épauler la seconde scène lyrique pour lui donner du brio. Kalioujny, qui saute peut-être plus haut que ne le fit jamais Nijinski, vint, un soir, pour le pas de deux du Cygne Noir : Maryelle Krempff, nullement indignée d'un tel partenaire, exécuta fort bien les variations célèbres.

Ensuite et surtout, le Beau Danube a provoqué des incidents. Les valses, les flonflons, les rédowas de Johann Strauss n'en sont nullement responsables. Nervosité du public ? Sans doute les licenciements avaient provoqué, en coulisse, des rancœurs — que certains spectateurs partageaient. N'allons pas jusqu'à conclure que la représentation du 28 juin 1957 ait eu un retentissement susceptible d'impressionner les bureaux qui veulent, de toute urgence, réduire les budgets ! Retenons surtout que les réactions, même véhémentes, témoignent de la vitalité d'un auditoire et de l'intérêt passionné qu'il prend au spectacle. Qui, je le demande, aurait jamais pensé interdire les corridas en Espagne, sous prétexte qu'un toréro a été hué ou sifflé ?

Périsse, s'il le faut, le vieux corps de ballet ! L'Opéra-Comique doit se débarrasser de quelques poids lourds pour mieux dépister des talents nouveaux et faire œuvre utile de prospection : M. Agostini saura provoquer une telle curiosité que ce valeureux théâtre possédera, même grâce aux spectacles de danse, un attrait magnétique sur les foules.

(André Rivollet, Musica disques, novembre 1957).

 

 

 

 

 

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