Henri DANGÈS

Henri Dangès dans Hamlet (Hamlet) en 1911 [photo Bert]
Benoît Joseph GUILLERMIN dit Henri DANGÈS
baryton français
(3 cours Vitton, Lyon 6e, Rhône, 25 novembre 1872* – 170 boulevard Ney, Paris 18e, 08 novembre 1958*)
Fils de Joseph GUILLERMIN (Vézeronce [auj. Vézeronce-Curtin], Isère, 16 février 1844* – Lyon 6e, 30 mai 1880*), menuisier puis épicier [fils de Joseph GUILLERMIN (1821 – ap. 1868), menuisier], et d'Anaïs MARTIN (Lapalisse, Allier, 01 février 1844* – Lyon 6e, 08 mars 1892*), couturière, mariés à Lyon 6e le 02 mai 1868*.
Epouse à Lyon 1er le 19 avril 1898* Camille Laure GOUMAND (Lyon 2e, 05 octobre 1870* – Paris 10e, 30 juillet 1956*), fille de Laurent GOUMAND (Lyon, 21 mai 1835 – Lyon 1er, 23 mai 1894*), directeur central de la Compagnie des assurances et des familles, et de Claire Adélaïde Isaure BONNEFOND (Lyon 3e, 25 avril 1847 – Paris 9e, 25 février 1913*).
Il débuta en 1897 au Grand-Théâtre de Lyon sous le pseudonyme de STILERMANS. Puis, sous celui d'Henri (ou Henry) DANGÈS, il chanta à l’Opéra-Comique (débuts en 1898), au Théâtre du Château-d’Eau (Opéra Populaire) [où il créa Charlotte Corday (Marat) d’Alexandre Georges le 06 mars 1901], à la Gaîté-Lyrique, à l’Opéra (débuts en 1908), au Théâtre des Champs-Elysées [où il chanta Benvenuto Cellini (Balducci) le 03 avril 1913 et Pénélope (Eurymaque) le 10 mai 1913] et surtout en province, où il fit des brillantes tournées jusqu’en 1922, interprétant un vaste répertoire, participant à de nombreuses créations, incarnant en tout cent cinq rôles différents. Il fut invité à la Monnaie de Bruxelles [où il a créé la Fiancée de la mer (Frée Kerdée) de Jean Blockx le 18 octobre 1902 et Jean Michel (Hubert) d’Albert Dupuis le 04 janvier 1903], à Monte-Carlo [où il a créé l’opéra Déjanire (Philoctète) de Saint-Saëns le 14 mars 1911], au Caire, à Amsterdam, et fit partie de la troupe de l’Opéra de Boston. Il avait également créé les Girondins (Varlet) de Fernand Le Borne au Grand-Théâtre de Lyon le 25 mars 1905. Il fut nommé officier d'académie le 01 janvier 1905, et officier de l’instruction publique le 19 mars 1910.
En 1905, il habitait 4 rue Victor-Massé à Paris 9e où il a donné des cours de chant et où il était domicilié lors de son décès en 1958, à quatre-vingt-cinq ans.
Il semble n’avoir aucun lien avec Jeanne Marguerite NEAU (1876-1909), mezzo-soprano qui débuta à l’Opéra-Comique en 1905 sous le nom de Mme DANGÈS.

Bottin mondain de 1942
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Sa carrière à l'Opéra-Comique
Il y débuta le 11 novembre 1898 dans le Maître de chapelle (Barnabé).
Il y créa le 24 mars 1899 Beaucoup de bruit pour rien (un Officier) de Paul Puget ; le 02 février 1900 Louise (Premier Philosophe ; 100e le 22 février 1901) de Gustave Charpentier.
Il y chanta le Farfadet (Marcelin, 05 février 1899) ; Joseph (Dan, 15 juin 1899) ; le Dîner de Pierrot (Pierrot, 11 juillet 1899) ; Daphnis et Chloé (Daphnis, 11 octobre 1899) ; Manon (Brétigny) ; Proserpine (Ercole, 29 novembre 1899) ; Cendrillon (le Roi) ; Carmen (Escamillo, 02 juillet 1899 ; Zuniga, 19 octobre 1899) ; Philémon et Baucis (Jupiter) ; la Bohème (Saint-Phar). |
Sa carrière à l'Opéra de Paris
Il y débuta le 27 janvier 1908 dans Faust (Valentin, répétition générale le 25 janvier).
Il y créa le 30 décembre 1910 le Miracle (Gaucher d'Arcourt) de Georges Hüe.
Il y participa à la première le 09 juin 1911 de Siberia (Gléby) d’Umberto Giordano [version française de Paul Milliet] ; le 22 novembre 1911 de Déjanire (Philoctète) de Camille Saint-Saëns (qu'il a créé à l'Opéra de Monte-Carlo le 14 mars 1911).
Il y chanta les Huguenots (Comte de Nevers, 07 février 1908) ; Tristan et Isolde (Kurwenal, 13 avril 1908) ; Lohengrin (Frédéric de Telramund, 07 septembre 1908) ; Tannhäuser (Wolfram, 11 septembre 1908) ; Thaïs (Athanaël, 31 octobre 1908) ; le Crépuscule des dieux (Gunther, 27 octobre 1908 ; 1re Tétralogie à l’Opéra, 15 juin 1911) ; Roméo et Juliette (Mercutio, 20 décembre 1908) ; Armide (Hidraot, 17 février 1909) ; Sigurd (Gunther, 19 février 1909 ; reprise le 04 septembre 1912) ; Rigoletto (Rigoletto, 28 novembre 1909) ; Samson et Dalila (le Grand Prêtre, 17 décembre 1909) ; l’Or du Rhin (Alberich, 04 avril 1910) ; la Damnation de Faust (Méphistophélès, 23 décembre 1910) ; Hamlet (Hamlet, 30 octobre 1911) ; Salomé de Strauss (Iokanaan, 27 novembre 1911) ; Monna Vanna (Guido Colonna, 25 janvier 1912). |

Henri Dangès dans Faust (Valentin) à l’Opéra en 1909 [photo Paul Berger]
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Jeudi, 21 avril, en l'église Saint-Pierre, a été bénie l'union de Mlle Laure Goumand-Bonnefond, petite-fille de M. Bonnefond, ancien directeur de l'Ecole des Beaux-Arts, avec M. Henry Guillermin. M. Henry Guillermin, qui appartient à une excellente famille lyonnaise, a obtenu un premier prix de chant au Conservatoire de Lyon et, la saison dernière, sa belle voix de baryton a été si appréciée par les habitués de notre Grand-Théâtre, où il chantait sous le pseudonyme de Stilermans, qu'en quittant Lyon, M. Vizentini lui a fait signer un engagement de trois ans à l'Opéra-Comique.
(le Tout Lyon, 24 avril 1898)
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Ce qui séduit, avant tout, quand on entend le triomphant baryton Henri Dangès, c'est la netteté remarquable de sa diction, on ne perd pas un mot de ce qu'il dit, et le charme de sa belle voix chaude et vibrante qu'il conduit et manie avec la plus savante méthode. Henri Dangès, qui n'a pas encore 30 ans, est né à Lyon ; il fit toutes ses études musicales sous la direction de MM. Jourdan-Savigny et Alexandre Luigini au Conservatoire de sa ville natale où il remporta le premier prix de chant et le premier prix d'opéra ; il continua et paracheva ses études à Paris avec le célèbre baryton Bouhy ; il eut également l'occasion de recevoir des conseils précieux de Faure et ces deux maîtres lui inculquèrent les grandes traditions de l'art du chant et du tragédien lyrique. Les débuts de Dangès eurent lieu au Grand-Théâtre de Lyon où il chanta les Huguenots, Samson et Dalila et Faust avec le succès le plus flatteur. Engagé immédiatement après, pour trois ans, à l'Opéra-Comique, il y interpréta notamment Manon, Carmen, Proserpine et créa un rôle dans Louise ; au cours de son engagement, un Opéra populaire fut créé à Paris, en quelque sorte sous les auspices du directeur de l'Opéra-Comique, et c'est Dangès qui fut choisi, entre tous, comme premier baryton de cette nouvelle entreprise lyrique, le succès du jeune artiste fut énorme, il interpréta vingt‑cinq fois consécutives Shakespeare du Songe d’une Nuit d'été, puis Zampa, Paul et Virginie, la Traviata, et créa Marat dans Charlotte Corday d’Alexandre Georges. Engagé ensuite à l'Opéra de Nice, il y débuta dans Hamlet et la Favorite avec un succès colossal ; il y créa le marquis de Grisélidis et le terrible rôle d'Alberich de l’Or du Rhin (première audition de l’œuvre de Wagner en France). Il remporta à Nice, dans Alberich, un triomphe tel que les directeurs du théâtre royal de la Monnaie l'engagèrent à de brillantes conditions et il débuta à Bruxelles dans Lohengrin, chanta Faust, et créa les Fiancés de la mer de Jean Blockx, et Jean Michel de Dupuis ; de plus, dans une manifestation superbe organisée avec la Tétralogie de Wagner, Dangès chanta, avec un sentiment adéquat à l'esprit du maître, Alberich de l'Or du Rhin et Gunther du Crépuscule des Dieux. Un engagement signé antérieurement le força à refuser le superbe contrat que lui proposaient après sa brillante réussite, les très artistes directeurs de la Monnaie et il partit pour l’Egypte ou il a été le triomphateur de la saison 1903 du théâtre khédivial du Caire ; il y a successivement interprété : Lohengrin, Hamlet, Aïda, Samson et Dalila, Figaro du Barbier, Wolfram du Tannhäuser, le marquis de Grisélidis, et dans toutes ces œuvres, il s'est montré tragédien consommé ou comédien plein de brio mais toujours chanteur impeccable. Entre temps, il chanta superbement, à l'Opéra municipal de la Gaîté, Hérodiade aux côtes d'Emma Calvé et de Litvinne, puis il fut engagé spécialement à Lyon pour la Tétralogie de Wagner et remporta un gros succès dans l'Or du Rhin. Henri Dangès s'est encore fait fréquemment applaudir aux Concerts Colonne, à Monte-Carlo, aux grands Casinos de Royan, Biarritz, Royat, Aix-les‑Bains où il va depuis quatre ans et où il est l'artiste le plus aimé de cette belle station ; il y créa Sigurd et la Damnation de Faust ; c'est encore lui qui, au centenaire de Berlioz, cette année à Grenoble, chanta l'œuvre du regretté grand maître. Henri Dangès est engagé, du 1er juin au 30 septembre 1904, au théâtre du Grand-Cercle d'Aix-les-Bains ; puis, du 15 octobre 1904 au 15 avril 1905, au Grand‑Théâtre de l'Opéra de Lyon. Telle est la brillante carrière du jeune artiste qui, en très peu d'années, a chanté et joué merveilleusement quatre-vingt-cinq ouvrages tant d'opéra que d'opéra-comique.
(l’Annuaire des Artistes, 1905)
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Henri Dangès dans le Miracle (Gaucher d'Arcourt) lors de la création
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M. Henry Dangès, premier baryton d'opéra, est né à Lyon, où il commença ses études musicales au conservatoire avec Jourdan-Savigny et Alexandre Luigini, qui devint le réputé chef d'orchestre de l'Opéra-Comique. Il compléta ses études de chant à Paris avec le baryton Jacques Bouhy. Après un court séjour à l'Opéra-Comique, où il chanta Carmen, Manon, Philémon et Baucis, Louise, etc., il passa à la Gaîté-Lyrique, où il fit la reprise de Zampa et du Songe d'une nuit d'été, qui se jouèrent une trentaine de fois ; il créa, à ce théâtre, le rôle de Marat dans Charlotte Corday, d'Alexandre Georges. Il fit ensuite maintes créations à l'Opéra de Nice, à la Monnaie de Bruxelles, au Caire, à Lyon, Marseille, etc. M. Henry Dangès est à l'Opéra depuis six ans et y chante tous les grands rôles du répertoire français et wagnérien : Thaïs, Tannhäuser, Tristan et Isolde, Lohengrin, Rigoletto, Hamlet, la Damnation de Faust, Sigurd, etc. ; y créa le Miracle, Sibéria, Déjanire qu'il avait créée à Monte-Carlo où il interpréta la Tosca en italien, les Contes d'Hoffmann, les Noces de Figaro, Salammbô, etc. Depuis plusieurs années, M. Dangès donne régulièrement une série de représentations au Grand-Cercle d'Aix-les-Bains. A créé tout dernièrement le rôle d'Eurymaque dans Pénélope, au Théâtre des Champs-Elysées.
(Henri Focké, Célébrités de l’art lyrique, 1914)
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Henri Dangès dans l’Or du Rhin (Alberich), à g. à l’Opéra municipal de Nice en 1902 [photo Echtler, Nice], à dr. à l’Opéra de Paris en 1910 [photo Bert]
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Choral des Epées extrait de l'acte II de Faust de Gounod David Devriès, Louis Nansen, Henri Dangès, Hippolyte Belhomme et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 765, réédité sur 80 tours n° 2528, enr. en 1910
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Trio du Duel extrait de l'acte IV de Faust de Gounod Lucien Muratore (Faust), Hippolyte Belhomme (Méphistophélès), Henri Dangès (Valentin) et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 4459, réédité sur 80 tours n° 2542, enr. en juin 1909
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Mort de Valentin extrait de l'acte IV de Faust de Gounod Henri Dangès (Valentin) et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 4936, réédité sur 80 tours n° 137, enr. en 1908
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"Voici des roses" extrait de la 2e partie de la Damnation de Faust de Berlioz Henri Dangès (Méphistophélès) et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 4948, enr. en 1908
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"Allons, il est trop tard" extrait de la 3e partie de la Damnation de Faust de Berlioz Berthe Auguez de Montalant (Marguerite), Léon Beyle (Faust), Henri Dangès (Méphistophélès) et Orchestre Disque Pour Gramophone 34234, mat. 15551u, réédité sur P 349, enr. à Paris le 19 mars 1910
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"Epouse quelque brave fille" extrait de l'acte III de Manon de Massenet Henri Dangès (le Comte) et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 4947, réédité sur 80 tours n° 163, enr. en 1908
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Cantabile "Voilà donc la terrible cité!" extrait de l'acte I de Thaïs de Massenet Henri Dangès (Athanaël) et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 4937, enr. en 1908
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"Te souvient-il?" extrait de l'acte III de Thaïs de Massenet Jane Marignan (Thaïs), Henri Dangès (Athanaël) et Orchestre Pathé saphir 90t n° 4956 réédité sur 80 tours n° 2506, enr. en 1908
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Légende de la Sauge extrait de l'acte II du Jongleur de Notre-Dame de Massenet Henri Dangès (Boniface) et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 4939, enr. en 1908
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Chœur de la Forge "Que notre enclume" extrait de l'acte I de la Jolie fille de Perth de Bizet De Poumayrac, Nansen, Henri Dangès, Hippolyte Belhomme et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 855, réédité sur 80 tours n° 2526, enr. vers 1910
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Marche des Rois extrait de l'Arlésienne de Bizet Hippolyte Belhomme, Henri Dangès, David Devriès, Louis Nansen et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 777, réédité sur 80 tours n° 2508, enr. en 1910
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"Pour tant d'amour" extrait de l'acte II de la Favorite de Donizetti Henri Dangès (Alphonse XI) et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 4940 réédité sur 80 tours n° 137, enr. en 1908 |
"Courtisans, race vile et damnée" extrait de l'acte II de Rigoletto de Verdi [v. fr. de Duprez] Henri Dangès (Rigoletto) et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 4946 réédité sur 80 tours n° 163, enr. en 1908 |
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Air "Fille des rois" extrait de l'acte II de l'Africaine de Meyerbeer Henri Dangès (Nélusko) et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 4938, réédité sur 80 tours n° 179, enr. en 1908
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Ballade "Adamastor, roi des vagues profondes" extrait de l'acte III de l'Africaine de Meyerbeer Henri Dangès (Nélusko) et Orchestre Pathé saphir 90 tours n° 4945, réédité sur 80 tours n° 179, enr. en 1908
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le Vin de France mélodie (par. S. & F. Borel / mus. Léon Paliard) Henri Dangès et Orchestre Pathé saphir 90t n° 570 réédité sur 80 tours n° 3106, enr. en 1908 |
les Larmes romance (par. Camille Du Locle / mus. Ernest Reyer) Henri Dangès et Orchestre Pathé saphir 90t n° 572 réédité sur 80 tours n° 3106, enr. en 1908
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Henri Dangès en 1922
