Léon DAVID

Léon David dans Ivan le Terrible (Vladimir) lors de la première à la Gaîté-Lyrique en 1911 [photo Bert]
Léon Baptiste Joseph DAVID dit Léon DAVID
ténor français
(rue Nationale, Les Sables-d’Olonne, Vendée, 18 décembre 1867* – Les Sables-d’Olonne, 27 octobre 1962)
Fils de Léon Jules DAVID (Les Sables-d’Olonne, 12 mars 1844 – Les Sables-d’Olonne, 28 juin 1902), marchand [fils de Michel Joseph Eléazard DAVID (Les Sables-d’Olonne, 07 décembre 1799 – ap. 1867), tailleur d’habits], et de Solitude Maria Alma BRUNETEAU (Les Sables-d’Olonne, 26 avril 1843 – Les Sables-d’Olonne, 06 janvier 1934), lingère, mariés aux Sables-d’Olonne le 25 septembre 1865.
Epouse 1. à Paris 18e le 22 juin 1899* Alice Marie Louise GABORIT (Les Sables-d’Olonne, 28 septembre 1861 – Saint-Sauveur-de-Nuaillé [auj. Saint-Sauveur-d'Aunis], Charente-Maritime, 15 août 1909*).
Epouse 2. aux Sables-d’Olonne le 28 octobre 1909 Juliette Eugénie PELTIER (Les Sables-d’Olonne, 02 octobre 1886* –).
Parents de Léo Jean Auguste DAVID (Les Sables-d’Olonne, Vendée, 16 juin 1911 – Les Sables-d’Olonne, 22 octobre 2002), acteur [qui a créé l’opérette Normandie de Paul Misraki aux Bouffes-Parisiens le 03 octobre 1936] ; et de José Léon DAVID (Les Sables-d’Olonne, 06 janvier 1913 – Antibes, Alpes-Maritimes, 21 août 1993), compositeur.
Il fit d’abord ses études au Conservatoire de Nantes où il obtint un prix en 1887. Au Conservatoire de Paris, il obtint en 1890 une 3e médaille de solfège, en 1891 un 2e accessit de chant (élève de Victor Warot) et un second prix d’opéra-comique (élève de Léon Achard). Il fit ses débuts à l’Opéra de Monte-Carlo le 09 février 1892 en créant Gyptis de Noël Desjoyeaux, et y chanta Rigoletto (le Duc de Mantoue, 1892) ; il y chantera Paillasse (Cassio, 1894) et y créera Aréthuse de la Comtesse de Montgomery (10 février 1894). Il débuta à la Salle Favart le 09 juin 1892 et y chanta avec des interruptions jusqu’en 1924, notamment dans la Dame blanche (Georges Brown), Carmen (Don José), Werther (Werther), les Pêcheurs de perles (Nadir), le Barbier de Séville (Almaviva). Il se produisit également à Nice ; à Marseille ; à Gand ; à la Monnaie de Bruxelles [premières de la Bohème (Rodolphe) de Puccini le 25 octobre 1900 ; de l’Enlèvement au sérail (Belmont) de Mozart le 15 février 1902 ; de Grisélidis (Alain) de Massenet le 18 mars 1902 ; de Pepita Jiménez (Don Louis) d’Albéniz le 03 janvier 1905 ; de Résurrection (Prince Dimitri) d’Alfano le 18 avril 1906 ; de Madame Chrysanthème (Pierre) de Messager le 09 novembre 1906] ; à l’Opéra du Caire [création de Radomir de Galetti en 1903 ; de la Dogaresse de Sinadino en 1904] ; à la Gaîté-Lyrique [première d’Ivan le Terrible (Vladimir) de Gunsbourg le 30 novembre 1911] ; au Théâtre Graslin de Nantes [création de Mélusine (Lusignan) de Maingueneau le 04 mars 1913]. Il donna sa représentation d’adieux le 11 novembre 1925 au Théâtre du Trocadéro dans le Barbier de Séville. Il fut nommé professeur de chant au Conservatoire de Paris le 01 mars 1925 ; admis à la retraite le 01 avril 1937, il fut maintenu en fonctions jusqu’au 30 septembre 1937. On lui doit la Vie d’un ténor (P. & O. Lussaud Frères, 1950).
En 1899, il habitait 130 bis boulevard de Clichy à Paris 18e ; en 1914, villa « Ma Muse » aux Sables-d’Olonne ; en 1936, 20 avenue Junot à Paris 18e. Il est décédé en 1962 à quatre-vingt-quatorze ans.
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Sa carrière à l'Opéra-Comique
Il y débuta le 09 juin 1892 en participant à la première des Troyens à Carthage (Iopas) d'Hector Berlioz.
Il y créa le 01 mai 1900 le Follet (René) d'Ernest Lefèvre-Dérodé.
Il y participa le 10 juin 1916 à la première de Madame Sans-Gêne (Neipperg) d'Umberto Giordano.
Il y chanta le Barbier de Séville (Almaviva, 30 janvier 1900) ; la Bohème (Rodolphe) ; Carmen (Don José, 02 juillet 1899) ; la Dame Blanche (Georges Brown, 02 février 1900) ; les Deux avares (Gripon, 23 juin 1893) ; la Flûte enchantée (Psammis, 16 décembre 1892) ; Lakmé (Gérald) ; Lalla-Roukh (Nourreddin, 29 mai 1898) ; Manon (Des Grieux) ; Mignon (Wilhelm Meister, 19 janvier 1900) ; les Pêcheurs de perles (Nadir, 23 février 1900) ; Mireille (Vincent) ; Sapho (Jean) ; la Tosca (Mario) ; la Traviata (Rodolphe, 27 décembre 1917) ; la Vivandière (Georges) ; les Visitandines (Belfort fils, 15 mai 1900) ; Werther (Werther, 1908). |

Léon David dans les Troyens à Carthage (Iopas) lors de ses débuts à l'Opéra-Comique en 1892
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Fait pour la seconde fois partie de l'Opéra-Comique. Chante les premiers ténors du répertoire : Almaviva, Des Grieux, Georges Brown, etc. Jolie voix. Vocalise facilement. (Adrien Laroque, Acteurs et actrices de Paris, juillet 1899)
Doué de très bonne heure d'une jolie voix de ténor, il fit ses premières études au Conservatoire de Nantes, où il obtint le premier prix de chant et le prix d'honneur en 1887. Remarqué par M. Lenepveu (de l'Institut), dans une de ses tournées d'inspection, il vint à Paris, sur les conseils de ce maître, et entra comme élève au Conservatoire national de musique. Il suivit, pendant trois années, les cours de MM. Warot et Achard et reçut diverses récompenses : une médaille de solfège, un accessit de chant et un deuxième prix d'opéra-comique en 1891 (il n'y eut pas cette année-là de 1er prix). Engagé aussitôt à l'Opera-Comique, le jeune artiste débuta dans les Troyens avec Mme Delna et se fit ensuite entendre avec succès dans la Flûte enchantée, Lalla-Roukh, Lackmé, la Vivandière, Mireille, Mignon, la Dame Blanche, le Barbier de Séville, Carmen et tous les opéras de Massenet. Engagé, en 1893, au théâtre de Monte-Carlo, où il avait précédemment créé la Gyptis de Desjoyeaux et chanté Rigoletto, M. David se produisit sur cette scène dans de nombreux ouvrages italiens, comme Otello et fit une très belle création de l'Aréthuse de Mme de Montgomery. Successivement appelé en représentation à Alger, Lyon, Dieppe, Lille, Royan, Nice, Bordeaux, Marseille, Nantes, l'excellent artiste a chanté avec éclat dans ces différentes villes les répertoires français ; il a aussi créé Werther, l'Attaque du Moulin, la Navarraise, Guernica, Mazeppa, la Vie de Bohème, etc. Il entra, en 1897, comme premier ténor à l'Opéra‑Comique et, depuis cette époque, jouit d'une grande vogue, que justifie son brillant talent, à ce théâtre comme dans la plupart des salons mondains et des grands concerts parisiens où il se fait parfois entendre. En novembre 1899, il fut choisi pour interpréter, à la séance solennelle de l'Institut, la cantate : Callirhoé de M. Charles Levadé qui remporta le premier grand prix de Rome. Il a aussi chanté au centenaire de Rossini chez l'Alboni et fit partie de l’élite des artistes entendus, lors de la fête organisée par Mme Marchesi à l'occasion du cinquantenaire de son professorat (décembre 1899). (C.-E. Curinier, Dictionnaire national des Contemporains, vers 1900)
Léon David est, de prime abord, un sympathique. Doué d'une voix délicieuse, jeune, élégant cavalier, d'une taille... juste ce qu'il faut pour personnifier les rôles irrésistibles que son emploi l'appelle à interpréter, très travailleur et très épris de son art : il a chez lui des souvenirs qu’il conserve précieusement. D'abord une photographie d'une noble et grande cantatrice, admirable femme, veuve d’un célèbre et fidèle médecin de Napoléon III, elle occupa une des situations les plus enviées sous le second Empire… Elle donne actuellement des leçons de chant ! au-dessous de son portrait, je lis : « A Monsieur L. David. Souvenir de bonne et déjà vieille amitié. » Juliette Conneau. C'est ensuite un portrait, à la sanguine, de l'illustre Alboni, avec au-dessous : « Offert à M. L. David en souvenir de son gracieux concours du Centenaire de Rossini. » 29 février 1892. Marie Ziegler Alboni. Enfin une partition de Sapho ; sur la première page le compositeur a écrit : « A David de l'Opéra-Comique. A Des Grieux (Manon), à Werther, à Araquil (la Navarraise), à Jean (Sapho). A lui de toute mon amitié. Toutes mes bien chères félicitations. » Massenet (29 décembre 1897). Léon David est né aux Sables-d'Olonne (Vendée). Il commença ses études musicales au Conservatoire de Nantes où il remporta le premier prix de chant. Ch. Lenepveu, en tournée d’inspection, l'ayant entendu, insista pour qu'il vint à Paris au Conservatoire, où il fut reçu un des premiers. Il en sortait deux ans après, lauréat dans la classe de chant de Warot, et d'opéra-comique, classe d'Achard. Engagé à l'Opéra-Comique, il débuta dans les Troyens en même temps que Delna, puis, a chanté, toujours avec le plus grand succès, Lakmé, Mireille, Mignon, la Dame blanche, le Barbier, Carmen et tous les opéras de Massenet. Très recherché dans les salons mondains, on l’entend souvent chez la comtesse de Montgomery, la marquise de Saint-Paul, la vicomtesse de Tredern, le comte de Gessler, le duc de Massa. En représentation, au Grand Théâtre de Bordeaux, il y créa avec un talent très personnel la Vie de bohème et fut acclamé. Entre temps, Léon David a chanté à Alger, Lille, Lyon, Nice, Nantes, Marseille, et partout il a soulevé l'enthousiasme, à Monte-Carlo où il chanta dans la perfection le répertoire italien que l'excellent ténor connaît à fond. En ce moment au théâtre royal de la Monnaie de Bruxelles où, après avoir débuté brillamment dans Lakmé et Faust, il vient de créer la Bohème de Puccini, qui lui a valu un véritable triomphe. (Annuaire des Artistes, 1902)
Léon David, de l'Opéra-Comique, a commencé ses études au Conservatoire de Nantes d'où il sortit avec un premier prix de chant à dix-huit ans. Ensuite il passa au Conservatoire de Paris où il obtint le premier prix d'opéra-comique, ce qui lui valut son engagement au Théâtre National de l'Opéra-Comique ; il y débuta brillamment dans les Troyens, de Berlioz. Après deux années de séjour il abandonne ce théâtre pour aller chanter à Monte-Carlo, Alger, Lille, Marseille et dans chaque ville il fit plusieurs créations. Le brillant ténor rentre à l'Opéra-Comique ; il y resta pendant trois ans et il ne cessa de s'y faire applaudir. Puis il signe un magnifique engagement avec le Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles qui, en raison de ses nombreux succès, vient de se l'attacher pour une quatrième saison. De plus, l'excellent artiste vient de chanter à Lyon, Nice, Nantes, Bordeaux, etc., puis a fait une triomphale saison en Egypte, au Caire et à Alexandrie. M. David, qui chante également en Italien, est engagé pour l'hiver prochain au théâtre San Carlo de Lisbonne pour y interpréter Faust, Roméo et Juliette et Mignon. (catalogue des disques Odéon, 1907)
M. Léon David, né aux Sables-d'Olonne, obtint à dix-neuf ans, au Conservatoire de Nantes, le premier prix de chant et le prix d'honneur. Il dirigeait à cette époque une société musicale. Il vint ensuite au Conservatoire de Paris, où il obtint une première médaille de solfège, un premier accessit de chant et le premier prix d'opéra-comique. Quoique engagé par M. Carvalho, directeur de l'Opéra-Comique, il débuta à Monte-Carlo par la création de Gyptis de Desjoyeaux et chanta Rigoletto avec M. Melchissédec. M. Léon David débuta à Paris, en 1892, dans les Troyens, en même temps que Mme Delna, chanta Lalla Roukh, puis retourna à Monte-Carlo et créa Aréthuse de Mme la comtesse de Montgomery ; fit une tournée, passant par Lille, Marseille, Alger, etc. Rentra à l'Opéra-Comique pour trois années et joua le soir de l'inauguration du nouvel Opéra-Comique, puis il chanta deux années à la Monnaie, créa la Bohème, l'Enlèvement au sérail, la Résurrection d'Alfano (en français), Pepita, d'Albéniz, Grisélidis ; passa à Marseille, revint trois années à la Monnaie, chanta à Lisbonne en italien, à Nice, à l'Opéra-Comique, etc. Se fit entendre en Roumanie, en Turquie, à Lyon, Bordeaux, Anvers, Gand, Genève, où il créa la Navarraise, la Vie de bohème, la Bohème, Mazeppa, Guernica, la Dogaresse, Radomir, Madame Chrysanthème. M. Léon David est le créateur d'Ivan le Terrible à la Gaîté ; il vient de faire la saison 1912-1913 au théâtre de Tunis et créer Mélusine, de Maingueneau, au Théâtre de Nantes. (Henri Focké, Célébrités de l’art lyrique, 1914)
Les 90 ans du Maître Léon David. Si extraordinaire que cela paraisse, le fait est là. Dimanche dernier, à l'occasion de la fête intime qui réunissait la famille du maître Léon David, nous avons entendu celui-ci nous chanter avec un souffle remarquable et une intensité de voix peu commune, la célèbre et nuancée Aubade du Roi d'Ys. Personne n'aurait pu supposer que M. Léon David fêtait ainsi, par cette performance, son quatre-vingt dixième anniversaire, déjà passé, d'ailleurs, depuis le 18 décembre. Dans la coquette villa « Almaviva », celui qui fut l’un des plus prestigieux ténors de l’Opéra-Comique était entouré de sa dévouée compagne, Mme Léon David ; de ses enfants : Mme et M. Léo David, le directeur du Grand Casino et animateur du « Nouch » ; M. José David, le compositeur parisien déjà renommé ; ses deux petites-filles Francine et Christine ; et de Mme Meng, alliée de la famille. Sur la table voisine de la salle à manger avait pris place le fameux gâteau aux 90 bougies traditionnelles. Près de son piano, dans le cadre de cette pièce de musée où pas un coin de mur ne retrace l'un des épisodes de sa vie brillante et glorieuse, aussi bien que l'épopée du Théâtre, le maître voulut bien nous confier avec cette affabilité souriante qui lui est coutumière, quelques-uns de ses souvenirs. Et parmi ceux qui lui sont les plus chers figurent au premier chef, son attachement à son pays natal et ses débuts au Conservatoire. M. Léon David est, en effet, issu d'une vieille famille sablaise qui compte dans ses ancêtres nombre de capitaines de navires, bien que son père — qui voulait être également marin — fut négociant. Aussi ne sommes-nous pas étonné d'apprendre que rien ne l'enchante comme notre ciel, notre mer, notre plage, et que son désir le plus cher, celui de se retirer aux Sables, est aujourd'hui comblé. A Nantes, quand il commença sa carrière, on lui trouvait, dit-il, un « timbre plutôt voilé ». On voyait en lui un agréable chanteur de charme. Eh bien, les prophètes se sont trompés. La carrière du maître du « bel canto » a été au contraire, extraordinaire. Miracle de volonté et de travail, sens admirable de la comédie et de la musique. Werther, Manon, Figaro, Roméo et Juliette, Carmen et Mignon n'ont pas trouvé de meilleur interprète. Et les théâtres les plus renommés, de France, de Belgique, de Suisse, d'Italie, de Roumanie, du Portugal, de Turquie, de Grèce et d’Egypte ont accueilli d'enthousiasme ses succès. Arrivé à l'automne de sa vie, M. Léon David ne cesse de rendre grâce au don exceptionnel dont la nature l'a comblé. Pour chanter encore de telle façon, il avoue, avec modestie, être un « phénomène vocal ». Sans doute, mais combien ont été, comme lui, aussi richement dotés, qui n'ont su conserver leur trésor et qui ont gaspillé leur talent. Ce savoir, cette méthode et cet art, le maître les a, au reste, dispensés au Conservatoire de Paris où il dirigea la classe de chant. Musy, Vieuille, Luccioni, Forest, Fouchy, Lagarde, André Baugé, Reda Caire, Sabatier, Geneviève Rex, France Nell, Mireille Gitton, Léo David — son fils —, et combien d'autres ont été ses élèves et, chacun le reconnaîtra, non des moins remarquables. Aussi M. Léon David peut-il être maintenant satisfait d'une vie utile qu'il a honorée grandement. Nous ne laisserons donc pas passer son anniversaire sans lui présenter ici nos compliments et nos hommages, auxquels nous associons son aimable compagne, Mme Léon David. (extrait d’un journal de 1957)
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Discographie
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Cavatine "Ah! lève-toi, soleil" extrait de l'acte II de Roméo et Juliette de Gounod Léon David (Roméo) et Piano Fonotipia 39095, mat. XPh 549, enr. en 1904/1905
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Cavatine "Du pauvre seul ami fidèle" extrait de l'acte IV de la Muette de Portici d'Auber Léon David (Masaniello) et Piano Fonotipia 39220, mat. XPh 550, enr. en 1904/1905
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"Ah ! Fuyez, douce image" extrait de l'acte III de Manon de Massenet Léon David (Des Grieux) et Orchestre Odéon 97178, mat. XP 4292, enr. à Paris en 1908
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